Évaluation de la situation épidémiologique de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo en France - La Semaine Vétérinaire n° 1802 du 15/03/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1802 du 15/03/2019

MALADIE PARASITAIRE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : CLOTHILDE BARDE 

Dans un contexte d’émergence de la CCHF dans le bassin méditerranéen, la recherche se met au service des autorités françaises pour évaluer la situation sur notre territoire.

Face à l’émergence, ces dernières années, de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF), maladie hémorragique zoonotique, dans le bassin méditerranéen et après la découverte, dans le sud de la France, de populations abondantes de tiques Hyalomma marginatum, des enquêtes entomologiques et sérologiques ont été menées en Corse pour évaluer le statut épidémiologique des vecteurs et des réservoirs potentiels de CCHF1.

Une maladie zoonotique

En effet, la maladie, caractérisée par des symptômes sévères chez l’homme, et causée par un virus de la famille des Bunyaviridae, est, entre autre mode de contamination, transmise aux humains par des tiques du genre Hyalomma. Ces tiques parasitent au stade adulte divers ongulés comme les bovins, les petits ruminants, les chevaux ou la faune sauvage, dont certains pourraient être réservoirs de virus, sans présenter de signes cliniques.

Une évaluation du risque en France

C’est pourquoi le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a été mandaté par la Direction générale de l’alimentation (DgAL) pour réaliser un travail d’investigation avec l’aide de nombreux partenaires de recherche et opérateurs de santé animale sur place2. L’étude vise à décrire la dynamique spatio-temporelle de la tique invasive H. marginatum dans le sud de la France et à évaluer le risque encouru par sa présence via la détection et l’isolement de virus CCHF au sein des populations de tiques, ainsi que par la mise en évidence d’anticorps dirigés contre ce virus chez les hôtes vertébrés de la tique, puisque ces derniers ont des virémies souvent très courtes.

Des investigations à poursuivre

Les premiers résultats sérologiques ont ainsi mis en évidence des anticorps dirigés contre le virus CCHF chez des bovins et des petits ruminants corses. Toutefois, ceci ne permet pas encore de confirmer avec certitude la circulation de virus CCHF en Corse ni de caractériser la ou les souches virales en cause, selon le communiqué de la DGAL, interrogée à ce sujet. Par conséquent, les recherches du Cirad doivent se poursuivre dans le département avant de pouvoir conclure quant au statut épidémiologiqu,e de la Corse. « Il n’y a pas à ce jour de système de surveillance de la CCHF en France puisqu’aucun cas ou suspicion de cas humain n’a été rapporté sur le territoire national et qu’aucun signe clinique n’est à attendre chez les ongulés domestiques ou sauvages potentiellement contaminés », indique la DGAL.

1 bit.ly/2JiDsKR

2 Inra, Anses, université de Corse, Irba et université d’Aix-Marseille, ainsi que des professionnels de la santé animale en région (GTV, DDSCPP, LDV, GDS).

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