REVUE DE presse - La Semaine Vétérinaire n° 1801 du 09/03/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1801 du 09/03/2019

PRATIQUE MIXTE

Formation

UN PROFIL SPÉCIFIQUE D’AMINO-ACIDES RÉDUIT LA PRÉVALENCE DE CAMPYLOBACTER

Des chercheurs ont voulu étudier l’influence de la composition en amino-acides de la ration sur le portage de Campylobacter jejuni chez les volailles. Pour ce faire, ils ont comparé et suivi jusqu’à 42 jours des groupes de poulets nourris pour les uns avec un régime protéique standard (SP) et pour les autres avec un régime à teneur réduite en protéines (RP). Dans le groupe RP, les chercheurs ont complété la ration avec de la lysine, de la méthionine, de la thréonine, de la L-isoleucine, de la valine et de la L-arginine, de sorte que la proportion d’amino-acides essentiels au métabolisme de la bactérie était indirectement réduite. À 21 jours, plusieurs individus de chaque groupe ont été infectés expérimentalement avec C. jejuni, permettant d’obtenir des groupes SP-Campylobacter négatif (SPCN), SP-Campylobacter positif (SPCP), RP-Campylobacter négatif (RPCN) et RP- Campylobacter positif (RPCP). Plusieurs différences significatives ont été mises en évidence. À l’histologie, le nombre de cellules à mucus était plus élevé chez les SPCP que chez les RPCP. La teneur en mucines a augmenté continuellement de 20 à 42 jours pour tous les groupes, mais elle était en moyenne plus grande chez les animaux des groupes SP. Les animaux ont commencé à excréter dès 1 jour post-infection. À 25 jours, la prévalence de C. jejuni dans les excrétas des groupes RPCP était plus faible, plus aucune différence n’étant notée à partir de 29 jours1. Pour les chercheurs, cette approche de réduction de protéines brutes, combinée à d’autres, pourrait ainsi aider à réduire la prévalence de C. jejuni dans les élevages et donc l’exposition potentielle du consommateur. De plus, retarder la diffusion de la bactérie dans les élevages serait intéressant à faire, peu de temps avant l’abattage.


1 Prévalence proche de 100 % à 29 jours pour tous les groupes.

Visscher C., Klingenberg L., Hankel J. et coll. Influence of a specific amino acid pattern in the diet on the course of an experimental Campylobacter jejuni infection in broilers. Poult. Sci. 2018;97(11):4020-4030.
Tanit Halfon

LES INCITATIONS FINANCIÈRES AIDENT À LUTTER CONTRE CAMPYLOBACTER

Le groupe agroalimentaire britannique 2 Sisters Food Group a cherché à évaluer l’impact de l’arrêt du thinning1 et de la mise en place de contreparties financières sur la prévalence de Campylobacter dans les élevages de poulets de chair. Pour ce faire, deux groupes de fermes ont été constitués et suivis de novembre 2013 à octobre 2015. Le groupe 1 incluait 55 exploitations disposant de 4 à 16 bâtiments, avec en moyenne 29 000 oiseaux par bâtiment. Le groupe 2 comprenait 39 exploitations, disposant de 2 à 12 bâtiments, avec en moyenne 21 468 oiseaux par bâtiment. Dans le groupe 1, au moins 50
étaient attribués par bâtiment testé « pas hautement contaminé »2, durant les 12 derniers mois de l’étude. Dans le groupe 2, le thinning a été arrêté d’octobre 2014 à septembre 2015, à l’origine de changements de pratique : diminution de la densité d’entrée des animaux, réduction de l’âge et du poids au ramassage, plus grand nombre de bandes élevées par an. 25
étaient attibués à la dépopulation en cas de test correct. Un bâtiment dont la ferme recevait une incitation financière avait 54 % de chances en moins d’être « hautement contaminé ». Un bâtiment pratiquant le thinning avait 309 % de chances en plus d’être infecté. Pour les auteurs, ces résultats suggèrent que les mesures financières sont associées à plus de vigilance à la biosécurité. De plus, le thinning apparaît comme un facteur très influent sur la prévalence de Campylobacter. Pour autant, avant de déterminer les meilleures pratiques de contrôle de la bactérie, il serait nécessaire de prendre en compte d’autres paramètres dans les modèles, comme le type de bâtiment ou la localisation.



1 Dépopulation : pratique qui consiste à retirer 20 à 30 % des oiseaux vers 35 jours du cycle de production, et de laisser les animaux restants croître jusqu’à environ 42 jours.
2 Un résultat supérieur à 1 000 unités formant colonies de Campylobacter correspond à un bâtiment « hautement contaminé ».
Higham L. E., Scott C., Akehurst K. et coll. Effects of financial incentives and cessation of thinning on prevalence of Campylobacter : a longitudinal monitoring study on commercial broiler farms in the UK. Vet. Rec. 2018;183(19):595.
Tanit Halfon
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