FCO : un fort impact sur les veaux cet hiver - La Semaine Vétérinaire n° 1799 du 24/02/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1799 du 24/02/2019

ÉPIDÉMIOSURVEILLANCE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : CLOTHILDE BARDE  

Un premier bilan de la pathogénicité du virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 8, au cours de l’hiver 2018, vient d’être dressé par le groupement de défense sanitaire de la Creuse.

Malgré le classement de la France continentale en zone réglementée depuis le 1er janvier 2018 pour la fièvre catarrhale ovine (FCO-4 et 8), le sérotype 8 a circulé très largement sur le territoire au début de l’hiver dernier et a provoqué des signes cliniques sur de nombreux veaux, selon un communiqué du groupement de défense sanitaire (GDS) de la Creuse1.

Des symptômes variés

En effet, la FCO-8 se présente sous trois formes cliniques : suraiguë, avec une atteinte des muqueuses des bovins adultes (mortalités et non valeurs économiques), chronique, avec un amaigrissement et une baisse de production, et génitale, à l’origine d’une infécondité passagère ou définitive chez les mâles et chez les femelles gestantes de mortalité, d’avortements et de malformations nerveuses des veaux (transmission transplacentaire).

Une troisième phase plus importante

Or, depuis la fin de l’année 2018, comme lors du premier épisode de FCO de 2015, les symptômes génitaux ont été les plus souvent rapportés, selon le GDS France, qui a collecté les informations des différents groupements du bassin allaitant. En effet, suivant les départements, de nombreux élevages (jusqu’à un sur deux) ont vu naître des veaux aveugles qui mouraient en quelques jours. Et ces symptômes peuvent être reliés à une transmission transplacentaire d’après les analyses virales réalisées (polymerase chain reaction sur sang et rate chez les veaux).

Un appel à vacciner les mères

C’est pourquoi, pour lutter contre cette forte circulation virale et ses conséquences sanitaires, des vaccins monovalents (Boehringer Ingelheim-Merial et CZV) sont disponibles, a rappelé le GDS France. En effet, la prévention des contaminations intra-utérines passe par la vaccination des mères non gravides du cheptel en période hivernale avant la reprise conséquente de la circulation virale, car l’immunité se met en place trois semaines après la seconde injection de primovaccination, soit six semaines après le début de la vaccination. De plus, ces vaccins peuvent aussi être « utilisés au cours de la gestation chez les brebis et les vaches », précisent les résumés des caractéristiques du produit (RCP), des études rétrospectives ayant confirmé leur innocuité globale.

“Le sanitaire… j’adhère !”

Cependant, comme l’a indiqué Didier Guérin (GDS Creuse), « pour la prochaine campagne, s’il est décidé de vacciner les mères, il est encore temps de le faire dans les meilleures conditions (femelles non gravides) ». De plus, le recours précoce à la vaccination est aussi important pour pouvoir commercialiser les animaux, car il convient de respecter un délai de 60 jours après la primovaccination, a-t-il ajouté. C’est pourquoi, pour inciter les éleveurs à réaliser cette vaccination précoce volontaire, le GDS vient de lancer la campagne de sensibilisation “Le sanitaire… j’adhère !” et a annoncé la sortie prochaine (mars 2019) d’un autre vaccin bivalent FCO-4 et 8.

1 gdscreuse.fr/?p=6627.

MESURES VACCINALES EN ZONE RÉGLEMENTÉE FCO

La FCO est une maladie réglementée au niveau international et européen.
Pour la sortie d’animaux provenant d’une zone réglementée, la vaccination est la principale mesure obligatoire. Un animal est considéré vacciné (sérotypes 4 et 8) 60 jours après la dernière injection de primovaccination (délai réduit à 10 jours pour certains accords bilatéraux comme avec l’Italie).
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