Vers une vaccination automatique des porcs - La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019

ÉLEVAGE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : LORENZA RICHARD  

Auto-care® épargne aux éleveurs une vaccination contraignante et s’inscrit dans le cadre du développement d’un élevage tout connecté. Mis au point par l’entreprise Asserva, ce système de vaccination automatique des porcs est en lien direct avec l’identification individuelle de l’animal par puce RFID (Radio Frequency Identification). La machine se place au sol. Les porcs sont guidés un à un vers un tapis roulant en “V” dans lequel ils glissent et par lequel ils sont portés sans toucher le sol. Une détection laser permet au tapis de s’arrêter quand le porc arrive près du bras articulé qui porte l’appareil de vaccination, et de placer ce dernier à l’endroit où le vaccin doit être inoculé (qui diffère selon la technique d’injection, par aiguille ou intradermique). Quand le bras se relève, le déroulement du tapis est réenclenché et l’animal est amené vers la sortie. Le système nécessite la présence d’une seule personne, pour orienter les porcs vers la machine et changer le flacon de vaccin lorsque l’alarme se déclenche, signalant ce besoin.

Plusieurs essais en cours

La technique testée actuellement est la vaccination intradermique sans aiguille1, mais cela peut évoluer. Les premières études réalisées en 2018 ont montré que la machine permettrait de traiter environ 360 porcs par heure, à la vitesse de 10 secondes par vaccination. De plus, elle est actuellement réglable en largeur pour des porcelets de 5 à 7 kg en maternité, jusqu’à 30 à 35 kg en fin de sevrage. De plus, un second essai a commencé début janvier pour contrôler la qualité d’inoculation des vaccins et tenter d’introduire un pesage électronique. Il serait ainsi possible de peser et de vacciner l’animal automatiquement, avec un enregistrement direct des données dans son fichier et un calcul de gain moyen quotidien instantané. La phase définitive d’étude, qui portera sur l’ergonomie du matériel en vue de sa commercialisation, sera lancée dans le courant de l’année 2019.

1 Appareil Idal® de MSD Santé animale.

L’ÉLEVAGE CONNECTÉ, DES CONSÉQUENCES POUR LE VÉTÉRINAIRE

L’entreprise Asserva travaille depuis cinq ans sur la mise au point de systèmes automatiques entièrement connectés à tous les postes de l’élevage porcin. « Le système tout connecté se développe en élevage porcin et est encouragé par les grands groupes distributeurs, qui exigent une traçabilité », explique Dominique Cantin, le directeur de la société. Cette évolution va faciliter l’identification individuelle des porcs et le développement de ces technologies. Cela aura également un impact sur l’organisation des suivis d’élevages et l’activité des vétérinaires. « Les éleveurs de demain seront très réactifs par rapport à la survenue d’un problème et auront une certaine exigence et des attentes auxquelles les praticiens devront s’adapter. Ils pourront améliorer leur organisation, le suivi et bénéficier de beaucoup de données. » Les automates sont en effet mis au point pour enregistrer de nombreux paramètres par animal, comme la prise alimentaire, l’abreuvement, la pesée, etc. L’analyse de ces informations par des algorithmes évolutifs et propres à chaque élevage, en fonction de la pression sanitaire, permet de détecter la survenue d’un problème de santé chez un sujet en particulier2. Il est ainsi possible de soigner les porcs individuellement et non en lots, et leurs traitements sont suivis3 de façon connectée. La prévention est également favorisée. De plus, l’extraction de données sur la consommation alimentaire et le poids permettent notamment de constater une perte ou un gain de performance avec des aliments à certaines phases, et de modifier la ration. « Courant 2019, nous projetons de rendre nos automates compatibles avec les puces UHF (ultra haute fréquence), qui permettent, comme les basses fréquences employées actuellement, de détecter finement chaque animal, mais avec un coût réduit », annonce Dominique Cantin.

2 Voir La Semaine Vétérinaire n° 1792 du 18/1/2019, page 72.
3 Voir La Semaine Vétérinaire n° 1790 du 21/12/2018, page 24.
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