Télémédecine : opportunités et inconnues - La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019

NUMÉRIQUE

ÉCO GESTION

Auteur(s) : MARINE NEVEUX 

Les technologies de l’information ouvrent la voie à la télémédecine vétérinaire. Des enjeux et des interrogations émergent aussi.

L’Académie vétérinaire de France (AVF) a mené une étude et produit un avis sur l’application ou la transposition en médecine vétérinaire de tout ce qui rentre en humaine sous le vocable de télémédecine (avis du 9 novembre 2017). Comme le détaille notre confrère Francis Desbrosse1, la télémédecine en santé humaine comporte cinq axes : la téléconsultation et le téléconseil (la consultation de l’animal est requise), la téléexpertise, la télésurveillance médicale, la téléassistance médicale et la régulation médicale (qui existe en canine) (encadré).

Les pratiques sont encadrées par un contrat de soins préexistant. Si la télémédecine suscite encore de nombreuses interrogations, elle offre de multiples opportunités : l’accès aux spécialistes, le maillage rural, la diminution des déplacements, l’innovation technologique, la gestion dématérialisée des dossiers, la permanence de soins et le suivi, la disponibilité (Smartphone), l’obtention du consentement éclairé.

Des risques suscitent aussi des craintes, comme la confusion entre la faisabilité et l’amélioration de la qualité des soins, le manque de confidentialité, la dérive commerciale, la déshumanisation, les abus de sollicitation, le manque de rentabilité, la confusion entre les différents actes de télémédecine, l’incertitude juridique.

« Tout comme pour le transpondeur avec l’identification du cheval, la synchronisation des données a un intérêt pour parfaire le dossier d’un cheval et l’imagerie », cite, en exemple, Francis Desbrosse. « L’ordonnance dématérialisée présente l’intérêt d’être transmise instantanément ». Les objets connectés : « Le risque est que cela devienne systématiquement des objets médicaux ». Ce qui est important, c’est la qualité des informations que l’on va donner, conclut notre confrère. « Les vétérinaires sont à la base des informations, il ne faut pas que l’on perde cela, il faut garder l’accès aux informations ».

1 Lors de la conférence « Responsabilité civile professionnelle (RCP) et télémédecine vétérinaire », présentée par Francis Desbrosse, au congrès annuel de l’Association vétérinaire équine française (Avef), en novembre 2018.

DÉFINITIONS DE L’ACADÉMIE


•La télémédecine vétérinaire est une forme de pratique médicale vétérinaire à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec l’animal ou le troupeau, un ou plusieurs acteurs, parmi lesquels figure nécessairement un vétérinaire.

•La téléconsultation vétérinaire a pour objet de permettre à un vétérinaire de donner une consultation à distance à un animal ou des animaux.

•La téléexpertise vétérinaire a pour objet de permettre à un vétérinaire de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs vétérinaires en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge de l’animal ou des animaux.

•La télésurveillance médicale vétérinaire a pour objet de permettre à un vétérinaire d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un animal ou au suivi sanitaire d’une population, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ces derniers.
L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le propriétaire ou l’éleveur lui-même ou tout organisme qu’il a autorisé à cette fin.

•La téléassistance médicale vétérinaire a pour objet de permettre à un vétérinaire d'assister à distance un autre vétérinaire au cours de la réalisation d'un acte.

•La régulation médicale vétérinaire consiste en des actes vétérinaires qui ont pour objet de fournir au demandeur, en situation présumée d’urgence, la réponse la mieux adaptée à l’animal, elle doit être différenciée de la téléconsultation. Elle se décline en plusieurs prestations vétérinaires, dont la gestion des urgences et certains aspects du téléconseil vétérinaire personnalisé.

•Le téléconseil vétérinaire personnalisé, qu’il soit une forme de téléconsultation ou de télésurveillance ou qu’il fasse partie intégrante de la régulation médicale, n’a pas vocation à donner lieu à un diagnostic.
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