« La filière foie gras est mobilisée pour le bien-être animal » - La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1793 du 13/01/2019

ENTRETIEN

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : PROPOS RECUEILLIS PAR TANIT HALFON  

Trois séances collectives sur l’évolution des ateliers de gavage des palmipèdes ont réuni, au deuxième semestre 2017, des acteurs de la filière. Joanna Litt, en charge du projet pour l’Itavi, nous en parle.

Pourquoi avoir organisé ces séances ?

Ces ateliers sont le fruit d’une volonté collective au sein de la filière et découlent notamment des pressions sociétales sur les modes de production et techniques d’élevage actuels qui ont perduré malgré la mise aux normes des ateliers de gavage en 2015. Dans ce contexte, la question posée était de savoir comment faire évoluer le système, en accord avec la demande sociétale en matière de bien-être animal, tout en tenant compte des questions sanitaires et des réalités technico-économiques de la filière.

Quelles sont les conclusions ?

L’idée des séances était que chaque acteur partage sa vision et son expérience. Les réflexions se sont finalement étendues au système d’élevage dans sa globalité et pas au seul atelier de gavage, du fait du contexte influenza aviaire. En effet, la prévention de la maladie conduit à des modifications dans la façon d’élever les animaux. Elle peut notamment obliger, par période, à les confiner, alors que le parcours caractérise la majorité des élevages de palmipèdes du Sud-Ouest. Dans ce cadre, l’élevage dans son ensemble est à repenser. Les ateliers ont abouti à une cartographie des enjeux et des opportunités pour la filière et à la définition de deux concepts de systèmes d’élevage. Dans le premier, le suivi zootechnique et la protection contre les aléas climatiques et sanitaires sont à renforcer, tout en tenant mieux compte du cycle de vie du canard. Dans le deuxième, les bâtiments d’élevage, le matériel et les itinéraires techniques sont à améliorer, de même que la transition entre les deux ateliers (élevage et gavage). Des embucs souples et des caillebotis en gavage sont proposés.

Y a-t-il des changements sur le terrain ?

Nous sommes, comme la filière, toujours au stade de réflexions. Pour autant, à la suite de ces ateliers, nous avons déposé un projet Casdar visant à étudier des systèmes de production prêt-à-gaver résilients (projet Prosper : Proposer des systèmes de production de prêts-à-gaver résilients). Des travaux sont par ailleurs en cours avec pour objectif d’améliorer le bien-être des canards au gavage. D’autres organismes de recherche et des acteurs du privé se penchent aussi sur l’autogavage.

Pour en savoir plus : bit.ly/2FRaLBs.

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