Le chat, avenir du vétérinaire - La Semaine Vétérinaire n° 1792 du 06/01/2019
La Semaine Vétérinaire n° 1792 du 06/01/2019

PRATIQUE CANINE

L'ACTU

Auteur(s) : CORINNE LESAINE  

La médecine vétérinaire est en "voie de "félinisation”. Tant est si bien que deux laboratoires, MSD et Virbac, ont chacun consacré deux ateliers à cette thématique.

Considérer la médicalisation du chat au quotidien est un incontournable aujourd’hui. Les cliniques vétérinaires félines, en apportant une offre de soins, de services et un environnement exclusivement adapté à cette patientèle, ont compris les enjeux et les difficultés auxquels bon nombre de vétérinaires sont confrontés. Elles proposent de nouvelles solutions pour accueillir et fidéliser une clientèle de plus en plus exigeante. Ce fut l’objet de la conférence de Laetitia Barlerin, vétérinaire et journaliste, et Cyril Berg, vétérinaire en exercice de la médecine féline exclusive, cofondateur du groupe de réflexion et d’intérêt félin (Grif), au congrès de l’Afvac, un atelier proposé par le laboratoire MSD.

Le futur du vétérinaire passe dans les griffes du chat

Le chat est roi : il représente 43 % du marché des animaux de compagnie (hors soins vétérinaires1), tiré à 80 % par l’alimentation, dont les ventes d’aliments secs haut de gamme. Qui est donc ce chat de compagnie au xxie siècle ? Son âge moyen est de 6,2 ans, 47 % des chats ont plus de 7 ans, 15 % sont de pure race ou assimilés et 81 % des femelles sont stérilisées. Le chat devient un “compagnon de vie” sans autre utilité attendue que celle d’apporter un peu de vie, d’affection et de bien-être dans la famille.

Une clientèle de cat lovers se profile

Un profil citadin émerge (voir aussi page 20), celui du pet parent ou cat lover, phénomène que certaines enseignes de mobilier d’intérieur ont bien compris, fait observer Laetitia Barlerin, face au succès de la montée en gamme des aménagements et accessoires spécial félin. Elle constate depuis peu un net « investissement dans la relation affective, la santé, le bien-être, les dernières tendances. Les propriétaires de chats culpabilisent beaucoup également, ils n’hésitent pas à évaluer leur vétérinaire en partageant sur les réseaux sociaux leur niveau de satisfaction ». Recherche de solutions simples et pratiques pour leurs chats les caractérisent aussi, tant dans les produits à administrer que dans l’utilisation des services associés. Délicats, ils le sont, avec un goût prononcé pour les plans de santé, les rappels de consultation ou d’actes préventifs. Le cat lover est un hyperconnecté (jeu, litière, chatière, gamelle, GPS), un adepte du digital et des écrans… un consommateur exigeant.

Les cat lovers adorent s’exprimer sur la vie de leurs chats, comme en témoigne l’émission La Vie secrète des chats (TF1), et s’ils ne peuvent pas le faire dans leur quotidien, ils se tourneront plus volontiers vers les autres, via des forums internet et en échangeant avec des comportementalistes félins ou leur vétérinaire. Être à leur écoute est devenu l’une des principales clés pour développer une offre de soins adaptée.

Renforcer la médicalisation et le lien au stade chaton

Les dernières études recensées montrent un véritable écart entre l’importance de la population féline et le nombre réel de consultations ; les actes de prévention ou de vaccination du chat étant moins réguliers que ceux du chien. 58 % des chats ont vu leur vétérinaire dans les 12 derniers mois, contre 84,7 % pour les chiens2. À cet effet, Cyril Berg capitalise sur la période de croissance du chaton, moment propice à l’écoute pour les nouveaux clients, en proposant systématiquement un pack de trois consultations pédiatriques, une stérilisation et un bilan avant l’âge de 1 an. Un passage essentiel pour une mémorisation positive du chaton, du lieu, de la clinique et de son équipe.

Raffiner l’expérience client du cat lover peut passer par un jeu de rôle, le vétérinaire revisitant lui-même le chemin parcouru par les chats accueillis dans sa propre clinique. Un exercice riche en enseignements qui lui permettra de bien comprendre les mystères félins et d’améliorer en continu les bonnes pratiques pour ce “patient” si précieux.

1 Source : Les Échos étude/Promo jardin 2016. Hors ventes directes des éleveurs, circuit vétérinaire et pharmacies.

2 Sources : enquêtes Facco/Kantar TNS 2016, SantéVet/Ipsos 2017.

LES CONSEILS POUR UNE PRISE EN CHARGE OPTIMALE DU CHAT

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr