Bilan Résapath 2017 pour la f ilière porcine - La Semaine Vétérinaire n° 1791 du 21/12/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1791 du 21/12/2018

SYNTHÈSE

PRATIQUE MIXTE

Formation

Auteur(s) : TANIT HALFON  

Pour l’année 2017, 3 427 antibiogrammes relatifs aux porcs ont été transmis au Réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Résapath), soit 6,1 % des antibiogrammes reçus (6e position). Ce nombre est en baisse de 1,6 % par rapport à 2016 (3 483), alors même que davantage d’antibiogrammes, toutes espèces confondues, ont été récoltés (+ 5 % en 2017, + 30 % en 2016). La moitié d’entre eux concerne des porcelets jusqu’au stade postsevrage, suivis des porcs (37 %), des truies (13 %) et des verrats (0,06 %). Néanmoins, le terme de “porcs” prêtant à confusion, les auteurs du rapport n’excluent pas que cette catégorie puisse inclure des porcs à l’engraissement, mais également des porcelets, des truies et des verrats.

Escherichia coli est majoritaire

La bactérie la plus fréquemment isolée chez le porc dans un contexte pathologique (55 % des antibiogrammes) est Escherichia coli, suivie par Streptococcus suis (15 %), Actinobacillus pleuropneumoniae (5 %) et Pasteurella multocida (4 %). à elles quatre, elles représentent près de 80 % des antibiogrammes reçus par le Résapath. Les maladies digestives sont les plus représentées et concernent 40 % des cas. Les affections respiratoires (16 %), les septicémies (11 %), ainsi que les troubles urinaires et rénaux (10 %) précèdent les autres maladies, qui, elles, totalisent moins de 10 % des antibiogrammes collectés.

Baisse globale de résistance aux antibiotiques

Si entre 2003 et 2011, une hausse de la proportion d’E. coli résistantes aux antibiotiques est observée (excepté pour la tétracycline et l’association triméthoprime-sulfamide), la tendance s’inverse entre 2011 et 2017. Une baisse significative de la résistance est notée pour le ceftiofur1 (de 4,7 à 1,2 %), la gentamicine (de 17,5 à 9 %), la tétracycline (de 79 à 67 %), le triméthoprime-sulfamide (de 64,2 à 52,5 %), la fluméquine (de 31 à 18,9 %), l’acide oxolinique (de 33,7 à 19,3 %), l’enrofloxacine (de 14,8 à 4,3 %) et la marbofloxacine (de 11 à 4,5 %). En revanche, la tendance reste stable entre 2011 et 2017 pour l’amoxicilline, avec, en 2017, une légère hausse, entamée en 2015, de la résistance à l’amoxicilline et à l’association amoxicilline-acide clavulanique qui se poursuit. La résistance à la streptomycine repart aussi à la hausse, malgré la baisse notée en 2016, pour retourner à son niveau de 2015.

Une multirésistance en baisse

Parmi les animaux de production, les porcs ont la proportion la plus faible de souches ne présentant aucune résistance aux cinq antibiotiques2 (22 % contre près de 50 % pour les volailles). Depuis 2011, une augmentation significative (mais légère) de la proportion de souches sensibles à la combinaison des cinq antibiotiques est notée. Celle des souches multirésistantes aux antibiotiques (MRA) a atteint les 8,6 % en 2017. En matière de combinaisons de résistance, le nombre de souches résistantes au ceftiofur étant trop faible en 2017, aucune comparaison n’a pu être effectuée avec d’autres antibiotiques.

Une situation favorable pour la colistine

Entre 2003 et 2017, une augmentation significative de la proportion d’E.coli sensibles, à savoir présentant des diamètres de zone d’inhibition supérieurs ou égaux à 18 mm, est relevée. Cette conclusion a été confortée en 2017, certains laboratoires du Résapath ayant comparé le test Colispot à la méthode de référence (mesures des concentrations minimales inhibitrices, ou CMI). Sur 72 souches d’E.coli issues de porcelets présentant une affection digestive, seule une souche a été trouvée sensible à l’antibiogramme par diffusion, alors qu’elle était résistante au Colispot. Pour rappel, les diamètres supérieurs à 18 mm sont considérés actuellement comme un résultat sensible, ceux compris entre 15 et 17 mm comme non interprétables et ceux inférieurs à 15 mm comme résistant. Pour les auteurs du rapport, ces résultats reflètent « une situation maîtrisée » de la diffusion d’E. coli pathogènes résistantes à la colistine et « un résultat majeur au plan épidémiologique ».

1 Le niveau de résistance d’E.coli au ceftiofur est l’indicateur choisi par la Résapath pour évaluer le niveau global de résistance aux céphalosporines de 3e et 4e générations.

2 Les cinq antibiotiques sont le ceftiofur, la gentamicine, la tétracycline, la combinaison triméthoprime-sulfamide, l’enrofloxacine ou la marbofloxacine. Ils sont utilisés pour l’analyse de la multirésistance aux antibiotiques (MRA) des souches d’E. coli, définie comme la résistance acquise à au moins un antibiotique dans trois familles d’antibiotiques ou plus.

Pour consulter le bilan : bit.ly/2AaeqGE.

DES RÉSULTATS GLOBALEMENT SATISFAISANTS POUR LES AUTRES BACTÉRIES


• Actinobacillus pleuropneumoniae : la proportion de souches sensibles dépasse les 94 % pour tous les antibiotiques testés. De plus, aucune résistance n’est observée pour le ceftiofur, le florfénicol et la marbofloxacine.

• Pasteurella multocida : la proportion de souches sensibles est de 100 % pour l’amoxicilline et le florfénicol. En outre, les proportions de sensibilité dépassent les 95 % pour le reste des antibiotiques testés. à l’exception de la tétracycline, la doxycycline et l’association triméthoprine-sulfamides pour lesquelles elles sont respectivement de 92,92 et 83 %.

• Streptococcus suis : des proportions faibles de souches sont sensibles à la tétracycline et aux macrolides-lincosamides (18 % et 31 à 35 %). Les proportions dépassent les 95 % pour l’amoxicilline (100 %), l’oxacilline (98 %-indicateur pénicilline G) et les aminosides (de 97 à 99 %).
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