Le dispositif Sylvatub est maintenu - La Semaine Vétérinaire n° 1789 du 07/12/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1789 du 07/12/2018

TUBERCULOSE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : CLOTHILDE BARDE  

Après six ans d’existence, le bilan du fonctionnement du dispositif national de surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage française, Sylvatub, est positif.

Les cas de tuberculose bovine (Mycobacterium bovis) détectés dans la faune sauvage française (blaireaux ou sangliers, principalement) sont en hausse. Cependant, selon les résultats de l’enquête1 menée par une équipe de scientifiques sur le bilan de six années d’existence du dispositif français Sylvatub, ces données pourraient être seulement le fruit d’une meilleure surveillance et d’une meilleure détection de l’agent pathogène. En effet, ce protocole national avait été mis en place en 2011 pour répondre aux interrogations quant à une possible circulation bactérienne entre la faune sauvage et les élevages de bovins2.

Des foyers dans la faune sauvage

D’après les résultats obtenus, il semblerait que le risque majeur d’infection provienne principalement du fait que des réservoirs complexes multi-hôtes (bovins-animaux sauvages-environnement) de M. bovis soient bien constitués localement. Depuis 2012, la tuberculose à M. bovis est activement surveillée dans ces zones infectées et elle est détectée principalement chez les blaireaux et les sangliers, avec des taux d’infection apparents de 4,57 à 5,14 % et de 2,37 à 3,04 %, respectivement en fonction du test de diagnostic utilisé (culture ou polymerase chain reaction), de la période et des zones. Cependant, la prévalence reste plus faible en France qu’au Royaume-Uni et en Irlande pour les blaireaux ou qu’en Espagne pour les sangliers. De plus, seul des cas sporadiques chez les cerfs élaphes et chez les chevreuils ont été observés sur notre territoire.

Une surveillance à poursuivre

Le dispositif Sylvatub a donc permis d’améliorer les stratégies de contrôle dans la faune sauvage et chez les bovins en définissant des zones de risque, selon les conclusions du rapport. Ces résultats sont encourageants et, « convaincu que ce dispositif pouvait être un facteur supplémentaire local pour prévenir l’extension de la tuberculose, le ministre de l’Agriculture a, par conséquent, décidé de maintenir ce protocole en France ». Des évolutions régulières des mesures de surveillance sont prévues (méthode Elisa chez les sangliers, par exemple).

1 Journal Frontiers in Veterinary Sciences : bit.ly/2L6bLSI.

2 Article du 24/9/2018, publié sur Lasemaineveterinaire.fr : bit.ly/2QnPqGh.

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