La donnée à votre service - La Semaine Vétérinaire n° 1777 du 14/09/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1777 du 14/09/2018

Edito

Auteur(s) : TANIT HALFON 

La data serait le nouvel or noir. Avec elle, l’adage “mieux vaut prévenir que guérir” serait à son paroxysme. Car elle promet d’identifier les problèmes avant même qu’ils n’arrivent, d’anticiper les situations de crise, et de stopper les dépenses inutiles. En élevage, les promesses du big data agricole se manifestent par une prolifération d’outils numériques “vantant” aux éleveurs leurs services. Pourtant, les histogrammes, camemberts et autres représentations graphiques des performances d’élevage ne représentent pas grand-chose sans quelqu’un pour aider l’éleveur à les comprendre, et à prendre les mesures nécessaires pour améliorer les résultats les plus mauvais. Son vétérinaire ? On l’espère. Comme pour les outils numériques, l’éleveur dispose aujourd’hui d’un panel d’interlocuteurs pour assurer le suivi sanitaire de son élevage. Chacun y joue théoriquement un rôle globalement bien défini et identifié par les éleveurs. Ou plutôt jouait. Car avec l’accès au potentiel du big data agricole, les rôles des uns et des autres se mélangent. Si soigner est le métier du praticien vétérinaire, conseiller est un service proposé par plusieurs partenaires de l’élevage. Et il s’avère que l’élevage hypertechnologique (l’élevage type de demain ?) en est friand. Certains affirment que le vétérinaire rural serait à la traîne, voire réticent, dans le numérique. La preuve, peu numériseraient leurs données sanitaires. Un obstacle pour l’intégration de la profession dans un “conseil 3.0”. Le vétérinaire rural n’aurait-il pas compris le potentiel du big data agricole pour sa pratique ? Ou n’y croit-il simplement pas ? Dans le livre bleu de Vetfuturs, Christophe Brard, président de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires, se livre à un exercice de prospective en productions animales. Il dit du praticien rural en 2030 : « L’accès aux données sanitaires des élevages et leurs échanges (…) constitueront une clé de voûte de leur action, leur permettant de valoriser ces données afin d’assurer avec efficacité le suivi sanitaire permanent des élevages dans lesquels ils interviennent. » En clair, s’engager pleinement dans la course (chaîne de valeurs) aux données d’élevage ne serait rien de moins qu’une question de survie (économique) pour le vétérinaire rural. Qui est prêt à prendre le risque ? ●

Lire pages 46 à 52 de ce numéro.

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