Des vétérinaires félins sortent leur Grif - La Semaine Vétérinaire n° 1769 du 22/06/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1769 du 22/06/2018

BONNES PRATIQUES

PRATIQUE CANINE

L'ACTU

Auteur(s) : FRÉDÉRIC THUAL  

Fondé il y a moins d’un an par un groupe de vétérinaires sensibles à la médecine féline, le Groupe de réflexion et d’intérêt félin veut diffuser les bonnes pratiques et partager ses recommandations auprès des praticiens pour améliorer le process de médicalisation du chat et rassurer une clientèle attentive.

C’est d’abord un groupe composé par affinités, avec des professionnels dont la pratique est exclusivement tournée vers les chats », explique Cyril Berg, praticien nantais à l’origine du Groupe de réflexion et d’intérêt félin (Grif), qui fut l’un des premiers à faire une clinique chat à Nantes, mais pas en France. « Alors que leur nombre ne cesse de progresser dans les foyers français, les groupes “félins” avaient totalement disparu », observe le praticien. D’où l’idée de ce Grif, dont le nom a été déposé à l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), pour échanger et transmettre les bonnes pratiques envers l’animal préféré des Français. Pour l’heure, il réunit six praticiens exclusifs et deux généralistes associés pour leurs compétences dans les domaines de la gestion d’entreprises vétérinaires et les nouvelles technologies, dont les objets connectés. L’initiative a reçu le soutien du groupe Royal Canin et du laboratoire pharmaceutique MSD.

Une prise en charge spécifique

Au-delà de trois à quatre rencontres formelles organisées par an, les acteurs de ce nouveau groupe, répartis sur la France entière (Paris, Nancy, Nantes, Strasbourg, Le Havre, Lyon, etc.), ont choisi de communiquer entre eux par Skype ou via les plateformes Slack et Facebook, pour les messages quotidiens. « Ce qui nous a permis d’échanger nos points de vue et expertises et d’établir nos principes de fonctionnement, indique Cyril Berg. L’accueil d’une clientèle féline est particulier. Le chat est un animal peu démonstratif. Il nécessite des consultations plus longues pour qu’il s’habitue au lieu et qu’il soit manipulé dans de bonnes conditions. Ça veut aussi dire un temps d’écoute plus important avec le propriétaire. En revanche, ces spécificités peuvent nous amener à créer de nouveaux services et à monter le niveau de qualité de la prise en charge. L’activité de la clinique est accrue, de même que l’espérance de vie de l’animal, qui est perçue comme un vecteur de bien-être pour le propriétaire. »

Des formations à la demande

Par le biais d’ateliers, de conférences ou de formations organisés à la demande, l’objectif du Grif vise donc à diffuser les bonnes pratiques en médecine féline, à partager des recommandations à l’ensemble de la communauté vétérinaire en s’appuyant sur l’expertise de ses membres et sur celles de spécialistes dans différents domaines de la médecine vétérinaire. Le Grif a ainsi noué des contacts avec l’École nationale vétérinaire de Toulouse, réputée pour son activité féline. « Il s’agit aussi de développer nos établissements, d’intégrer les nouvelles technologies dans l’activité, comme une puce permettant de transmettre en temps réel les températures du chat et d’aider les propriétaires à mieux connaître leur animal, ajoute le praticien. Nous avions besoin de partager nos expertises pour trouver des consensus afin de créer de nouveaux services et d’améliorer la médicalisation des chats. Pour nous, par exemple, le meilleur moment est de faire entrer l’animal dans ce processus dès la stérilisation et de le suivre au moins deux fois par an. » Pour faire passer les messages, le Grif et Royal Canin ont, d’ores et déjà, conçu des vidéos sur les techniques de transport de l’animal, qui devraient être diffusées lors d’un prochain symposium de la marque d’aliments. Encore en période de rodage, le Grif voudrait à l’avenir émettre des recommandations sur le matériel et les objets connectés adaptés aux chats, insister sur les enjeux d’une médicalisation orchestrée et s’impliquer auprès des écoles en collaboration avec les enseignants. « Pour l’instant, nous avons partagé nos connaissances. Nous montrons notre existence et nous réalisons un travail adapté à la profession. » Viendra ensuite le temps de réaliser un site internet, une appli… Mais le Grif y va a pas de velours.

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