Découverte de nouveaux virus influenza chez le chien - La Semaine Vétérinaire n° 1769 du 22/06/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1769 du 22/06/2018

CHINE

PRATIQUE CANINE

L'ACTU

Auteur(s) : MYLÈNE PANIZO  

De nouveaux variants du virus influenza ont été identifiés chez le chien en Chine, ce qui soulève des interrogations sur un éventuel risque de transmission à l’homme.

Des chercheurs ont analysé 800 prélèvements réalisés sur des chiens présentant une pathologie respiratoire dans le sud de la Chine (Guangxi), entre 2013 et 20151. Il s’agissait de chiens de compagnie, d’élevages (alimentaires) et errants. 14,5 % des écouvillons étaient positifs par polymerase chain reaction (PCR) au virus influenza. Un séquençage complet du génome viral et une analyse phylogénétique ont permis d’identifier 16 virus influenza, dont deux nouveaux variants H1N1 d’origine porcine, parmi lesquels l’un présente un potentiel zoonotique. Trois nouveaux réassortiments génotypiques contenant des fragments provenant de trois lignées qui circulent chez le porc en Chine ont été également repérés. Le H1N1, le H3N2 et le H3N8 peuvent donc être retrouvés chez le chien et interagir entre eux, créant des recombinaisons génétiques variées.

Un rôle de réservoir pour le chien

Le virus influenza peut infecter de nombreuses espèces. Les oiseaux et les porcs sont des réservoirs classiques du virus. Les chiens et les chevaux étaient jusqu’à présent connus pour abriter seulement des variants stables du virus sans danger pour l’homme. Les porcs infectés par des virus aviaires ont subi des recombinaisons génétiques à l’origine d’une pandémie en 2009. Avec les résultats de cette étude, les scientifiques craignent un scénario similaire chez le chien infecté par des virus porcins. Cette publication démontre le rôle de réservoir du chien, qui abrite une diversité génétique importante du virus, ce qui soulève beaucoup d’inquiétudes concernant l’apparition de variants pathogènes pour l’homme.

Le potentiel zoonotique à évaluer

Cependant, à l’heure actuelle, aucune donnée ne permet de confirmer la transmission par le chien d’un virus influenza pathogène pour l’homme, mais cela reste scientifiquement possible. Le risque d’apparition d’une nouvelle pandémie est accru du fait de la proximité de l’homme et du chien, celui-ci étant l’un des animaux de compagnie les plus représentatifs dans le monde. Les scientifiques vont devoir étudier les caractéristiques de ces nouveaux variants, leur extension géographique et évaluer la pathogénicité et l’immunité de l’homme face à ces virus. Toutefois, les chercheurs conseillent d’ores et déjà d’inclure l’espèce canine dans le protocole de surveillance établi pour les virus influenza pathogènes pour l’homme. La vaccination des chiens contre ces virus pourrait également être prochainement un sujet de réflexion.

1 Chen Y., Trovão N. S., Wang G. et coll. Emergence and evolution of novel reassortant influenza A viruses in canines in Southern China. MBio. 2018;9(3).

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