Le vétérinaire sanitaire, acteur essentiel de la prévention de la rage - La Semaine Vétérinaire n° 1765 du 25/05/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1765 du 25/05/2018

ZOONOSE

PRATIQUE CANINE

L'ACTU

Auteur(s) : MYLÈNE PANIZO  

La DDPP de Paris a organisé une réunion d’information, afin d’actualiser les connaissances scientifiques et réglementaires sur la rage et de renforcer la collaboration des praticiens avec l’Administration.

La rage est une zoonose virale mortelle qui reste toujours d’actualité : 59 000 morts par an sont déclarés dans le monde, a rappelé la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Paris lors d’une réunion d’information destinée aux vétérinaires sanitaires, le 24 avril dernier. Plus de 98 % des humains ont été infectés par le virus rabique canin, par morsure, griffure ou léchage sur une peau lésée. La France est indemne de la rage vulpine et canine depuis 2001, mais en 2008 et en 2013 une perte temporaire du statut a été déclarée en raison des conséquences d’importations illégales d’animaux contaminés. La protection du statut sanitaire français passe par le suivi des animaux introduits illégalement sur le territoire, la gestion des animaux suspects de rage, ainsi que par des mesures aux frontières.

Vaccination contre la rage et titrage antirabique

La DDPP rappelle que la vaccination contre la rage doit être effectuée par un vétérinaire sanitaire, avec un vaccin inactivé ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), sur un animal identifié et âgé d’au moins 12 semaines. La validité de la primo-vaccination est effective 21 jours après la première injection. Un rappel un an plus tard est obligatoire en France. Par la suite, il doit être réalisé dans les délais prévus dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP). La vaccination antirabique est inscrite sur un passeport européen, délivré par un vétérinaire sanitaire.

Le titrage antirabique détecte les anticorps antirabiques neutralisants. Le prélèvement sanguin est obligatoirement pratiqué par un vétérinaire sanitaire, au moins 30 jours après la date de la primo-vaccination, et analysé par un laboratoire agréé utilisant une méthode référencée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)1. Le taux d’anticorps réglementaire doit être supérieur à 0,5 UI/ml. Le pic d’anticorps se situe entre 4 et 6 semaines après une vaccination antirabique. Le titrage est généralement valable à vie à condition que l’animal soit correctement vacciné contre la rage (mais certains pays tiers ont des exigences réglementaires spécifiques concernant la réalisation du titrage).

Importation d’un carnivore domestique

Le vétérinaire doit s’assurer de la conformité d’une importation d’un animal en France. Pour entrer sur le territoire français, un animal en provenance de l’Union européenne doit être identifié par un transpondeur (ou un tatouage si ce dernier a été réalisé avant le 3 juillet 2011) et être correctement vacciné contre la rage (voir supra).

Pour les importations en provenance d’un pays tiers, en plus des conditions mentionnées ci-dessus, un titrage antirabique est obligatoire (sauf pour les pays tiers “à risque de rage maîtrisé”). Le titrage est à effectuer 3 mois avant l’introduction de l’animal (ceci afin de pouvoir s’assurer que les anticorps détectés sont des anticorps vaccinaux, le délai d’incubation moyen du virus étant de 3 mois). En cas de voyage vers un pays tiers puis de retour en France, il n’y a pas de délai d’attente de 3 mois si le titrage a été réalisé en France avant le départ.

En cas de non-respect de la réglementation, le vétérinaire praticien se doit d’en informer la DDPP, qui décidera de la conduite à tenir en fonction du niveau de risque.

Sensibiliser le public

Les sites officiels gouvernementaux, ainsi que le site Anivetvoyage.com répertorient les formalités réglementaires en fonction du pays d’arrivée, mais il est conseillé de recommander au propriétaire de se renseigner lui-même à l’ambassade du pays concerné. En plus des informations relatives aux exigences réglementaires, le vétérinaire a un rôle à jouer dans la sensibilisation du public sur la rage. Il est nécessaire de conseiller aux personnes voyageant en zones endémiques d’éviter au maximum les contacts avec les animaux, de ne pas en importer sans s’être préalablement informées de la réglementation, et de se faire vacciner contre la rage s’il s’agit d’un voyage de longue durée dans un pays à risque.

1 La liste des laboratoires agréés est disponible sur le site de la commission européenne : bit.ly/2ts6ApO.

Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr