La grande course - La Semaine Vétérinaire n° 1765 du 25/05/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1765 du 25/05/2018

Edito

Auteur(s) : TANIT HALFON 

Imaginez un train. Tranquille, il quitte la gare à faible allure. Mais soudain, il s’emballe et le voici lancé à grande vitesse, marquant à peine les arrêts. Dans ce train, on trouve Mme Société qui, depuis le début du voyage, regarde par la fenêtre, s’extasiant des vaches qui broutent dans les prés, et fustigeant les élevages dans lesquels les animaux n’ont pas accès au plein air. Non loin, M. Numérique annule son rendez-vous médical du lendemain via une application smartphone, et vérifie par la même occasion la fréquence de mictions de son chat, grâce à sa litière connectée. Au wagon-bar, Mme Phytothérapie et M. Homéopathie discutent du nouveau site dédié aux médecines complémentaires récemment mis en ligne et animé par leur médecin. Le train approche d’une gare, ralentit tout juste, des contrôleurs s’activent pour aider les passagers à quai à embarquer rapidement. Mme et M. Vétérinaire rural se pressent. Ils sont en retard, et le train n’a plus l’habitude d’attendre. Sur les encouragements des contrôleurs, ils courent maintenant et… Aujourd’hui, le praticien rural, ou mixte, est bousculé par de nouveaux enjeux, qui laissent présager une évolution rapide de son exercice. La question du bien-être animal est au cœur de débats sociétaux intenses. Les médecines complémentaires s’invitent déjà dans les étables, avec certains éleveurs qui ne voient pas l’intérêt de faire appel à l’expertise vétérinaire pour l’emploi de ces traitements. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas attendu leur praticien pour faire entrer le digital au sein de leur exploitation. Par exemple, 70 % des élevages bovins sont équipés d’au moins un dispositif numérique. Une véritable révolution, censée être au service des éleveurs, des animaux, mais aussi des consommateurs, car les innovations technologiques permettraient d’aider à nourrir les plus de 9 milliards d’êtres humains attendus pour 2050, tout en s’assurant d’un meilleur respect de l’environnement. Et le vétérinaire dans tout ça ? Pour y voir plus clair, la Société nationale des groupements techniques vétérinaires a planifié pour son congrès 2018 des séances plénières et des ateliers centrés sur ces questions. Avec pour objectif d’inciter le praticien rural à s’emparer de ces sujets, légitimes pour le vétérinaire, nécessaires pour la pérennité et le développement de son activité.●

Lire pages 28 à 31 de ce numéro.

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