Intérêt à vérifier - La Semaine Vétérinaire n° 1759 du 06/04/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1759 du 06/04/2018

Edito

Auteur(s) : MICHAELLA IGOHO-MORADEL 

Après le scandale du Mediator®, l’objectif du gouvernement était simple : éviter que l’histoire ne se répète. Dans les mots, le moyen choisi était aussi clair : il fallait plus de transparence. En 2011, ce Sunshine Act à la française appelait au grand déballage ou presque. Peu de temps après, le secteur vétérinaire s’est vu appliquer, par ricochet, les mêmes règles, et ce peu importe ses spécificités. Désormais, les entreprises liées au médicament vétérinaire n’ont pas d’autre choix que d’exposer au grand jour les avantages de plus de 10 € octroyés aux vétérinaires, aux étudiants vétérinaires, aux pharmaciens, aux groupements agrées, etc. Les laboratoires doivent jouer le jeu sous peine de sanctions. Quels avantages un vétérinaire peut-il donc recevoir ? Repas, hébergement, inscription à un congrès, pause lors d’un salon… Toutes ces informations sont accessibles depuis le 1er mars sur le site Transparence.sante.gouv.fr. En quelques clics, un internaute assez curieux pourra les télécharger en tapant le nom d’un vétérinaire. Pour le profane, il s’agit aussi de distinguer conflits d’intérêts et liens d’intérêt. Dans une société où l’informatisation se développe tous azimuts, il n’est pas incongru de se demander si un tel système n’est pas une sorte de “Big Brother” allégé. L’exigence de transparence devient mère de sûreté. Qu’à cela ne tienne ! Le vétérinaire a tout intérêt à veiller au grain. Il n’est pas à l’abri d’une erreur qui pourrait entacher sa réputation professionnelle. Forts de leur expérience, des médecins sont en effet montés au créneau pour dénoncer les ratés de la base de données, dont l’autorité responsable n’est autre que la Direction générale de la santé (DGS). Erreurs de montants ou encore un médecin qui se voit attribuer plusieurs dépenses, l’inexactitude est évitable, mais pas impossible. De son côté, la DGS indique n’opérer aucun contrôle sur ces déclarations. La transparence à la française n’est donc qu’une étape, encore faut-il qu’elle ne devienne pas un frein à la confiance. Il est nécessaire de corriger ses quelques imperfections sans alourdir la procédure déjà mise en place. La règle ici ne devrait pas être le secret, mais la juste information. ●

Lire pages 42 à 47 de ce numéro.

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