Le diable et ses détails - La Semaine Vétérinaire n° 1753 du 24/02/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1753 du 24/02/2018

Edito

Auteur(s) : MICHAELLA IGOHO-MORADEL 

Le Brexit est sans doute l’un des dossiers les plus brûlants au menu de l’Union européenne (UE) cette année. Alors que son divorce d’avec le Royaume-Uni sera prononcé le 29 mars 2019 à 23 heures, plusieurs zones d’ombre persistent. Quelles seront les relations entre Londres et ses voisins proches ? Quel sera l’impact de la sortie du Royaume-Uni sur le marché de la santé animale ? À ce stade, les laboratoires naviguent encore dans le flou, mais rassurent. « Le Brexit ne constitue pas une menace sur l’arsenal thérapeutique actuellement disponible en France », indique Jean-Louis Hunault, président du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV). Une autre interrogation revêt une importance particulière pour les vétérinaires qui ont choisi d’exercer outre-Manche : quel sera le sort réservé aux expatriés ? Les plus optimistes diront que le meilleur scénario post-Brexit sera tiré des négociations engagées entre Bruxelles et Londres. La Commission européenne souhaite en effet apaiser les citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens anglais résidant dans l’UE. Leurs droits devraient être préservés. « Tous les citoyens arrivés au Royaume-Uni ou dans l’Union avant le retrait britannique pourront continuer à résider, à travailler, à étudier comme aujourd’hui », souligne Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE. Mais les pessimistes, ceux que certains qualifieraient même d’“eurosceptiques” (et pourquoi pas “réalistes” ?), estiment que cette promesse de Bruxelles est encore trop vague pour contenter le plus grand nombre. L’ombre au tableau : la possibilité pour le Royaume-Uni de créer une procédure pour obtenir ce qu’il appelle le UK special status. La vive réaction de The3million, groupe de défense des intérêts des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, est compréhensible. Ses représentants réclament plus de précisions sur les critères d’appréciation et les modalités de cette procédure qui reste encore obscure. Particulièrement méticuleuse et précise doit être la rédaction de cet accord anglo-européen. Le diable se cache toujours dans les détails.●

Lire pages 38 à 43 de ce numéro.

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