Quel bilan faites-vous du Cice ? - La Semaine Vétérinaire n° 1749 du 27/01/2018
La Semaine Vétérinaire n° 1749 du 27/01/2018

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Auteur(s) : SERGE TROUILLET 

UN SURCROÎT ADMINISTRATIF POUR UN GAIN MARGINAL

Que dire du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ? Il n’est pas certain, du reste, que tous les vétérinaires soient en mesure d’en décliner précisément le sigle : Cice. J’ai dû moi-même m’en assurer avant d’en parler. Le sujet n’est pas très inspirant ! À tel point que j’ai été commis d’office par mes confrères plus âgés pour l’évoquer ! Je les comprends. Car, au fond, pour nos petites structures, il n’y a pas grand-chose à en dire. La mesure résultait d’un bon sentiment. Il faut baisser les charges des entreprises. Toutefois, compte tenu de notre masse salariale – nous avons huit salariés –, ce crédit d’impôt ne s’est pas avéré significatif. Surtout, comme hélas le plus souvent, sa mise en place s’est accompagnée d’un surcroît administratif. Certes, nous en déléguons la charge à notre comptable, même si nous en assurons le suivi en parallèle. Néanmoins, nous sommes loin des promesses de simplification, et même d’un choc de simplification, dont on nous rebat les oreilles depuis si longtemps et que l’on appelle de nos vœux. Aussi, le remplacement annoncé de ce Cice par une baisse des cotisations sociales est positif : nous n’y perdrons pas et la charge administrative sera réduite.

Cédric Nallet

TOUJOURS BON À PRENDRE

Tout avantage fiscal, pour une entreprise, est toujours considéré avec attention. Nous sommes plutôt habitués à ce que le curseur de la balance fiscale penche plutôt du côté de l’alourdissement ! Aussi, nous nous en félicitons. Nous établissons des bulletins de salaire pour une salariée vétérinaire, quatre auxiliaires spécialisées vétérinaires (ASV) et trois femmes de ménage, et donc notre masse salariale n’est pas négligeable. En conséquence, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), qui est indexé sur elle, ne l’est pas non plus. Nous l’apprécions donc comme un plus, mais nous n’en avons pas réellement mesuré l’impact. Si l’un des objectifs de cette mesure était de faciliter le recrutement dans l’entreprise, on ne peut pas affirmer que celui auquel nous avons procédé en début d’année en résulte. Nous avons embauché une ASV parce que notre clinique va bien, que notre chiffre d’affaires est en augmentation régulière. Cice ou non, nous l’aurions fait parce que cela s’intégrait dans notre stratégie de développement. Mais soyons honnêtes ! Si son remplacement par une baisse bienvenue des cotisations sociales ne changera pas fondamentalement nos équilibres, mieux vaut que cela soit dans ce sens plutôt que dans le sens inverse.

Alexandrine Florentin

CE QUI ALLÈGE LES CHARGES EST BIENVENU

La taxation des entreprises, quelle qu’elle soit, est trop élevée en France. Nous comptons parmi les pays où l’impôt sur les sociétés et les charges sociales sont au plus haut. En conséquence, tout ce qui est mis en place pour les alléger est bienvenu. Comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice). On peut cependant regretter que la moindre baisse des charges soit perçue par le grand public comme un cadeau aux entreprises et aux patrons. C’est assez détestable. Tant que l’on n’est pas dans ce cercle vertueux où la baisse des charges permet aux entreprises de respirer, de faire leur travail, notamment d’embaucher, on ne leur facilite pas la tâche. Et on n’améliore pas, de la sorte, nos résultats économiques. Il faut se poser les bonnes questions. Quand on dit que la France compense ses charges par une plus grande productivité, c’est vrai dans l’industrie, mais pas dans les entreprises vétérinaires, où l’on a des heures d’ouverture. On peut augmenter son chiffre d’affaires en étant ouvert plus longtemps, mais on a peu de chances de le maintenir en réduisant son temps d’accueil des clients. Par ailleurs, le remplacement du Cice par une baisse des cotisations sociales va aussi, selon moi, dans le bon sens ; je suis en effet favorable aux mesures pérennes.

Jean-Jacques Bynen
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