Des experts unis contre les crimes envers les animaux - La Semaine Vétérinaire n° 1740 du 16/11/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1740 du 16/11/2017

ROYAUME-UNI

ACTU

Auteur(s) : BÉNÉDICTE ITURRIA  

Un nouveau pôle de l’université de Surrey a pour mission de fournir aux enquêteurs des preuves qui leur permettent de mieux poursuivre les individus responsables de crimes impliquant des animaux.

L’École de médecine vétérinaire de l’université de Surrey, au Royaume-Uni, vient de se doter de la première unité intégrée de médecine forensique en Europe dédiée à la lutte contre les crimes envers les animaux, ArroGen Veterinary Forensics 1. Fruit de la collaboration entre l’école vétérinaire et ArroGen Forensics, une entreprise de pointe indépendante spécialisée dans les services médicaux-légaux, ce nouveau pôle a pour mission de fournir des preuves détaillées aux forces de police ou à la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA), afin d’agir plus efficacement contre les individus responsables de crimes impliquant des animaux. Par le passé, certaines affaires n’ont pas donné lieu à des poursuites ou n’ont pu être résolues faute d’expertise vétérinaire forensique. L’objectif principal d’ArroGen Veterinary Forensics est donc d’aider les enquêteurs du Royaume-Uni à augmenter leur taux de réussite en optimisant les preuves scientifiques qui peuvent constituer le chaînon manquant dans leurs investigations.

Des comportements criminels envers les animaux puis les humains

Cette équipe réunit des vétérinaires et des spécialistes avec une expérience dans la sphère médico-légale du système de justice pénale britannique. Elle est dirigée par le vétérinaire Alexander Stoll, chargé de recherche en pathologie vétérinaire à l’université de Surrey, et Jo Millington, médecin légiste en chef et directrice scientifique d’ArroGen Forensics. Pour ces deux experts, cette collaboration a aussi pour but de développer un programme de justice sociale efficace, avec l’objectif de modifier les comportements criminels. « La cruauté envers les animaux est de mieux en mieux documentée et peut être considérée comme un élément constitutif des violences domestiques, explique Alexander Stoll. Il y a de plus en plus de preuves indiquant que les personnes qui s’attaquent aux animaux sont plus susceptibles de s’en prendre aux humains. Nous souhaitons ainsi travailler en collaboration avec différents services pour aborder le problème de l’augmentation des comportements criminels envers les animaux s’orientant ensuite vers les humains. »

Pathologie légale, enquête sur les lieux de crimes, balistique, etc.

ArroGen Veterinary Forensics offre un large éventail de services :

- pathologie vétérinaire légale : l’université de Surrey dispose de techniques de pointe dans son centre spécialisé de pathologie vétérinaire (toxicologie et pharmacologie légale, imagerie diagnostique, histopathologie, microbiologie et parasitologie) et son équipe peut répondre à de nombreuses questions soulevées lors d’une enquête : cause et estimation de la date du décès de l’animal, diagnostic d’éventuelles maladies sous-jacentes, examen des plaies, cartographie corporelle, pathologie comparée dans les cas impliquant des humains et des animaux, collecte d’échantillons et de preuves qui seront ensuite utilisées dans les autres disciplines médico-légales (entomologie, balistique, biologie, etc.).

- enquête sur le lieu du crime : un expert visite la scène de crime pour l’analyser et s’assurer qu’aucune preuve n’est oubliée ou souillée avant de conduire l’animal au centre de pathologie.

- biologie médico-légale : ArroGen procède à l’analyse des fluides corporels. Cette technique est précieuse, notamment dans les cas d’agressions sexuelles envers un animal. Il offre également un service d’analyse de l’ADN animal, qui est un domaine émergent et peut être particulièrement utile lorsqu’il est associé à une évaluation des marques de morsure présumées sur d’autres animaux ou personnes.

- médecine légale environnementale : elle englobe les domaines tels que l’entomologie (estimation de l’intervalle de temps depuis le décès), l’archéologie (analyse de fragments osseux enterrés), la diatomologie (étude des diatomées, micro-algues présentes dans les organes lors de noyade), la botanique (utile en cas d’empoisonnement) et la palynologie (étude des pollens collectés pour préciser le lieu du crime).

- analyses des marques sur la scène de crime : traces de pas, de pattes, etc.

- balistique.

- analyse des enregistrements de caméra de surveillance.

ArroGen Veterinary Forensics permettra également aux vétérinaires, aux étudiants vétérinaires, aux professionnels du droit et aux associations de protection animale d’améliorer leurs connaissances par l’intermédiaire de formations en ligne et d’ateliers qui débuteront en janvier 2018.

1 vetforensics.co.uk.

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