Inquiétudes et prises de décisions autour de la tuberculose bovine en Dordogne - La Semaine Vétérinaire n° 1714 du 06/04/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1714 du 06/04/2017

DANGERS SANITAIRES

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : LORENZA RICHARD  

En février 2017, au premier tiers de la campagne de prophylaxie, 19 foyers de tuberculose bovine étaient détectés en Dordogne, en particulier à Saint-Saud-Lacoussière, commune qui compte sept foyers à elle seule. « Après une baisse du nombre de foyers (32 en 2013 à 18 en 2016), celui-ci explose de manière inquiétante », déclare Franck Martin, chef du service santé et protection animale de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de Dordogne (DDCSPP 24). Depuis, le bilan s’est élevé à 21 foyers. « Notre forte inquiétude du début est ainsi à relativiser, rassure-t-il. Toutefois, ce bilan va encore augmenter. » Cette année, le nombre de bovins positifs par cheptel croît significativement, suggérant que la contamination intra-cheptel est devenue plus importante, sans que la raison en soit connue.

Prophylaxie et biosécurité

Une réflexion globale a été engagée pour enrayer au plus vite la diffusion de la maladie. Au sein de la zone à risque où la prophylaxie est annuelle, le suivi devient bisannuel dans les communes où l’historique montre une persistance de la maladie. Tous les cheptels en lien épidémiologique direct avec les foyers identifiés de Saint-Saud-Lacoussière sont de nouveau contrôlés avant la mise à l’herbe, avec un suivi renforcé (intradermo comparative et interféron sur tous les animaux réagissant). Le reste du département demeure en prophylaxie biennale. Des mesures de biosécurité sont imposées aux élevages infectés et à ceux de leur périphérie. Enfin, pour tenter de comprendre d’où vient la maladie, les bovins d’un élevage recontaminé trois fois seront maintenus sur des pâtures identifiées avec une biosécurité drastique, et seront contrôlés trois fois par an.

La faune sauvage est pointée du doigt par les éleveurs, car la bactérie a été identifiée chez des sangliers et des blaireaux, avec les mêmes spoligotypes que ceux trouvés chez les bovins de la même zone, « mais n’oublions pas que le réservoir primaire est le bovin », précise Franck Martin. De plus, des analyses par polymerase chain reaction (PCR) sur l’eau ont mis en évidence Mycobacterium bovis dans un abreuvoir en pâture (la culture est en cours). La gestion des facteurs de risques passe ainsi par la maîtrise de la contamination intercheptel et avec la faune sauvage (éviter les abreuvoirs ou cours d’eau communs, limiter les contacts, etc.).

Un travail collectif

Au regard de l’arrêté du 7 décembre 2016, qui impose au préfet de prendre des mesures de gestion et de lutte organisées contre la tuberculose bovine dans la faune sauvage, trois groupes de travail sont constitués, l’un sur les mesures de gestion des blaireaux, un autre sur celles du gibier, et un autre sur la biosécurité. Les populations de ces espèces seront gérées, et la prévalence de la maladie dans chacune d’elles sera estimée (chez les renards également dans la zone à risque). Des propositions seront présentées mi-mai à la préfète de Dordogne, qui prendra un arrêté d’application des mesures dans chaque zone du département, selon le risque.

Des réunions sont organisées avec les éleveurs « dans un souci de transparence et pour être efficaces ensemble, car nous devons agir sur tous les facteurs de risques, tout en prenant en compte le contexte économique déjà difficile de nos éleveurs. » Des “primes” seront proposées à la mise en œuvre effective de ces mesures, en partenariat avec la chambre d’agriculture et les groupements de défense sanitaire. « Cela demande une grande mobilisation humaine, sur beaucoup de fronts, car nous souhaitons taper fort, par un travail collectif. Nous devons convaincre les éleveurs, les chasseurs et les piégeurs du bien-fondé de nos décisions pour obtenir leur adhésion. » Franck Martin tient à féliciter les vétérinaires pour leur implication dans la déclaration des foyers, la qualité de leur travail et leur disponibilité pour les recontrôles demandés, alors que la campagne de prophylaxie n’est pas terminée.

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