Le médicament et les antibiotiques en expertise suscitent des questions - La Semaine Vétérinaire n° 1713 du 01/04/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1713 du 01/04/2017

EXPERTISE VÉTÉRINAIRE

ACTU

Auteur(s) : MARINE NEVEUX 

Lors de la journée annuelle de l’association Vetex, le 21 mars dernier à Paris, l’usage des antibiotiques et du nouveau cadre réglementaire a été mis en exergue.

Le contexte actuel de l’antibiorésistance et de la nouvelle réglementation fait émerger de nouvelles questions lors d’expertises, mais également lors de litiges potentiels. Les questions sont souvent plus nombreuses que les solutions, et lors de la journée de l’association d’expertise vétérinaire Vetex, qui s’est tenue le 21 mars à Paris à la Maison des vétérinaires, il est ressorti des discussions que c’est la jurisprudence à venir qui apportera des réponses à des situations parfois complexes.

Des choix cornéliens ?

Notre confrère équin Cyril Clément soulève les complications qui peuvent exister en pratique équine : difficulté d’utilisation de molécules sans autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’espèce équine, problématiques du mode d’administration du traitement et de la réalisation d’antibiogrammes (endoscopie et lavage trachéal difficilement réalisables sur le terrain, par exemple).

Notre confrère détaille un cas illustrant une problématique de traitement : celui de la maladie de Lyme. Le praticien a utilisé un antibiotique critique, qui a permis d’aboutir à la guérison du cheval. Il a étayé sa démarche de manière scientifique, mais a fait l’objet d’un litige. Cette utilisation peut en effet conduire à des sanctions disciplinaires. L’agent de la maladie de Lyme est difficile à cultiver, et la polymerase chain reaction (PCR) demeure la méthode de choix. L’épidémiologie et le contexte sont importants pour aborder cette maladie. Les traitements de cette affection ne sont pas larges. Le praticien peut ainsi se trouver confronté à un paradoxe, avec d’un côté l’obligation de moyens, et de l’autre des molécules non utilisables pour des raisons légales. Notre confrère insiste par ailleurs sur la nécessité de motiver également le traitement dans un contexte One Health (“une seule santé”) et de santé publique. Ne convient-il pas de diminuer le réservoir animal qui présente des pathogènes en commun avec l’homme ?

Les antibiotiques critiques vont-ils s’inviter dans les procédures ?

Lors d’inspections vétérinaires, la pharmacie est un point ciblé, souligne un confrère de l’auditoire qui a été confronté à une inspection. Les inspecteurs cherchent notamment à estimer le volume de la consommation de céfovécine injectable avec une action de plusieurs jours, les antibiogrammes et les examens réalisés, et la déclaration d’effets indésirables.

Laurent Faget, président de Vetex, a présenté des principes de bonnes pratiques sur animaux de compagnie à l’aide de cas pratiques. Un premier cas en expertise montre notamment la remise en cause de l’utilisation d’un kit rapide qui a guidé le choix d’un antibiotique. En effet, pour les antibiogrammes, il convient de s’appuyer sur des antibiogrammes répondant à des normes Afnor. Un deuxième cas incite à se poser la question des conditions de réalisation du prélèvement lors d’une affection respiratoire.

Devoir d’information du contexte zoonotique

En outre, « il convient de ne jamais négliger le risque zoonotique lorsque l’on met en place une pratique » , souligne Laurent Faget. Notre confrère fait, par exemple, signer systématiquement un formulaire de consentement éclairé lorsqu’il gère un chien atteint de leishmaniose.

Les guides de bonnes pratiques mis en place par les différentes organisations professionnelles vétérinaires sont aussi de précieux supports. « Sur les antibiotiques critiques, nous avons un devoir d’exemplarité. »

Lors d’une expertise, plusieurs points sont évalués. L’obligation de moyens, l’absence d’antibiogramme dans un contexte de chronicité ou de seconde intention sera problématique, et le caractère zoonotique doit être systématiquement envisagé (devoir d’information).

En conclusion, il est nécessaire de transmettre les informations concernant les référentiels, de bien communiquer avec le laboratoire d’analyse et de mettre en balance le rapport bénéfice/risque.

À l’occasion de cette journée, l’évaluation des chevaux de course (trotteurs et galopeurs) a été abordée par notre confrère Gabriel Mangematin, qui en a détaillé toute la complexité. La garde de l’animal a par ailleurs été développée par Philippe Tartera.

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