Un vide sanitaire progressif pour stopper le virus H5N8 - La Semaine Vétérinaire n° 1708 du 24/02/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1708 du 24/02/2017

INFLUENZA AVIAIRE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : STÉPHANIE PADIOLLEAU 

La stratégie de lutte contre l’influenza aviaire prend un nouveau tournant, avec la mise en place d’un vide sanitaire des élevages de palmipèdes.

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, avait annoncé mardi matin, à l’antenne de France Bleu Gascogne1, qu’il sera procédé à l’abattage de l’ensemble des canards encore vivants dans le département des Landes, soit environ 600 000, pour lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène H5N8. Finalement, l’abattage ne concernera “que” 360 000 animaux, après une nouvelle mise à jour2 des zones réglementées. Désormais, les abattages préventifs seront effectués dans un périmètre de 10 km autour des foyers, au lieu des 3 km assainis jusqu’alors, en accord avec l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses)3. Les palmipèdes non concernés par les abattages (environ 240 000) pourront être menés au terme de leur cycle de production, sauf déclaration de foyer dans leur voisinage. Les indemnisations devraient commencer à être versées aux éleveurs à partir de mars.

Vide sanitaire des élevages de palmipèdes

Comme lors de l’épizootie à virus H5N1 l’an dernier, il sera procédé à un vide sanitaire des exploitations de palmipèdes, cette fois dans la zone réglementée des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et du Gers. Le repeuplement des élevages de gallinacés est possible dans certaines communes4 dans les zones stabilisées, et celui des palmipèdes ne sera autorisé que lorsque l’ensemble des zones réglementées seront stabilisées et les élevages assainis, bâtiments et parcours compris, donc vers la fin du mois de mai 2017. D’après l’Anses, 80 à 85 % des suspicions émises dans les élevages de palmipèdes se trouvent confirmées, et environ 50 % dans le cas de galliformes. Les canards constituent une source importante de contagion, car ce sont de forts excréteurs du virus. L’agence souligne aussi que les conditions climatiques sont favorables à la survie du virus et donc à sa dissémination. Les experts de l’Anses ont conseillé de considérer et de gérer les suspicions en élevages de palmipèdes comme des foyers, sans attendre la confirmation, et d’appliquer de manière stricte les mesures de protection prévues dans le cas des foyers, avec l’abattage rapide des animaux et la mise en place, autour, d’une zone de protection de 3 km et de surveillance de 10 km.

Deux stratégies ont été évaluées, même si, idéalement, il serait nécessaire de combiner les deux : soit diminuer la densité infectieuse dans les zones infectées, avec un abattage rapide dans les foyers et leur voisinage immédiat, soit réduire la densité d’animaux sensibles dans les zones indemnes voisines de la zone atteinte, avec des abattages préventifs. Ils ont constaté que la dissémination se fait selon deux modalités : de proche en proche à partir d’un foyer ou par des sauts ne pouvant s’expliquer que par les déplacements d’animaux, de personnes, de véhicules. L’Anses suggère une « interdiction stricte de déplacements d’oiseaux et une limitation drastique des mouvements de véhicules, de matériel et de personnes dans les zones de protection » . Il est également conseillé d’éviter les mouvements dans la zone de surveillance tant que celle-ci n’est pas stabilisée, en ne maintenant que ceux destinés à l’abattoir. L’Anses insiste sur la rapidité d’intervention nécessaire lors de la gestion d’un foyer.

Une restructuration de la filière palmipède à foie gras

Le Comité interprofessionnel des producteurs de palmipèdes à foie gras (Cifog) a proposé de nouvelles règles de production, qui devront être validées par un accord interprofessionnel avant d’être appliquées. Elles ont été présentées lors d’une réunion du conseil d’administration le 16 février dernier. Un système d’alerte sanitaire est proposé, qui sera adossé à une déclaration obligatoire de mise en place d’animaux dans les élevages. La conduite en bande unique sera généralisée à partir de septembre 2018, ainsi qu’un vide sanitaire pour chaque étape de production, d’une durée variable selon le lieu considéré (ont été proposés 14 jours pour les bâtiments, 42 jours pour les parcours extérieurs et 48 heures dans les salles de gavage). Des mesures de protection des animaux pendant la période de migration seront demandées lorsque le risque de transmission d’influenza aviaire par l’avifaune sauvage sera élevé (avec la possibilité de maintenir les palmipèdes en bâtiment pendant les deux mois de migration). En outre, un dépistage des virus d’influenza hautement pathogènes pourrait être imposé préalablement à tout déplacement de volailles. Il est aussi question d’appliquer des mesures de biosécurité strictes pour les transports et de créer un guide de bonnes pratiques destiné à tous les intervenants en élevage.

1 Intervention de Stéphane Le Foll sur France Bleu : bit.ly/2lKSlIO.

2 Communiqué du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt : bit.ly/2mbz4O7.

3 Avis de l’Anses du 17 janvier 2017 : bit.ly/2l7qvTu.

4 Liste des communes ouvertes au repeuplement, régulièrement mise à jour : bit.ly/2lKHqPe.

320 FOYERS, DONT 165 DANS LES LANDES

De nouveaux cas d’influenza ont été confirmés dans le Sud-Ouest de la France. Le nombre de foyers en élevage comptabilisés le 21 février est de 320 sur l’ensemble du territoire, dont 165 dans les Landes, 94 dans le Gers, 25 dans les Hautes-Pyrénées et 15 dans les Pyrénées-Atlantiques. Aucun nouveau foyer n’est noté dans le Tarn, le Lot-et-Garonne et l’Aveyron entre fin décembre 2016 et le 15 février 2017.
40 foyers sont par ailleurs comptabilisés dans la faune sauvage, répartis dans 11 départements, dont 17 dans l’Ain, dans la zone de la Dombes, très riche en étangs, qui est placée en intégralité en zone de contrôle temporaire ; 7 dans le Gers ; 3 dans les Landes et autant dans les Pyrénées-Atlantiques.
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