Séance apicole à l’Académie vétérinaire de France - La Semaine Vétérinaire n° 1707 du 16/02/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1707 du 16/02/2017

CONFÉRENCE

PRATIQUE MIXTE

L'ACTU

Auteur(s) : STÉPHANIE PADIOLLEAU  

L’apiculture et les affections des abeilles ont occupé une bonne partie de la séance académique du 2 février 2017.

L’Académie vétérinaire de France a organisé, le 2 février 20171, une séance de communications libres orientées essentiellement vers l’apiculture et les affections des abeilles. Cécile Ferrus (Institut de l’abeille, Itsap2) a présenté les travaux et les rôles de cet organisme créé en 2010. La filière apicole comptait en 2015 40 944 apiculteurs, dont 8 % ont plus de 50 ruches. La consommation de miel et de produits de la ruche est, en France, très supérieure à la production. En 2015, 24 224 t ont été récoltées, pour une consommation évaluée à près de 40 000 t. 60 % des miels obtenus sont monofloraux (celui d’acacia représente 14,2 % de la production totale de miel ; celui de châtaignier 12,2 %) et le “toutes fleurs” est prépondérant parmi les polyfloraux (20,3 % de la production totale de miel). L’Espagne est le plus gros fournisseur de miel (un peu plus de 9 000 t en 2014), suivie par la Chine et l’Ukraine (environ 4 000 t chacun), mais l’origine exacte de ce qui est importé est parfois difficile à établir pour des raisons de traçabilité. Des fraudes existent, par exemple la dilution du miel avec de l’eau et du sucre.

L’Itsap concourt au développement de l’apiculture au sens large : ses travaux portent sur la santé des abeilles, la génétique, les conseils aux exploitations, mais aussi les produits de la ruche et leur développement, la description des exploitations apicoles (nombre de ruches, production, évaluation), ainsi que la transmission des connaissances et la communication. L’institut participe à l’unité mixte technologique Prade (Protection des abeilles dans l’environnement).

Dangers du passé, dangers du futur

Deux dangers sanitaires de 1re catégorie des abeilles ont été présentés. L’un constitue une menace, mais n’est pas encore décrit sur le sol français. Il s’agit du petit coléoptère des ruches, Aethina tumida, qui a atteint l’Italie en 2014 et persiste en Calabre avec une quarantaine de foyers actifs. En France, l’heure est à la vigilance, avec une surveillance assurée par les apiculteurs et les vétérinaires. Aethina tumida ne provoque pas de maladie chez les abeilles, mais spolie les colonies qui dépérissent. Il détruit les cadres, mange les œufs, le miel et la cire, abîme les cellules et souille la ruche. Samuel Boucher (N 92), président de la commission apicole de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), indique que certains signes sont évocateurs de la présence du coléoptère dans la ruche : des cadres creusés par des galeries, un changement de couleur du miel qui fermente et libère une odeur forte, et la présence des larves. Celles-ci, d’une taille de 1 cm et de couleur blanc crème, peuvent être confondues avec celles de la fausse teigne, mais elles ont trois paires de longues pattes fines, des rangées d’épines sur les segments et des antennes en massue. Il est possible d’utiliser des pièges à coléoptères adultes, qui se placent entre les têtes de cadre ou des plaquettes de plastique alvéolé (tunnels de 3,4 à 3,8 mm de haut pour 3,4 à 5 mm de large), posées très à plat sur le plancher de la ruche et dans lesquelles les coléoptères vont aller se cacher.

La nosémose à Nosema apis est une maladie en voie de disparition, en atteste la chute du nombre d’arrêtés portant déclaration d’infection (APDI), qui oscillait entre 50 et 150 par an entre 2001 et 2007 pour passer à moins de 20 en 2010 et demeurer très proche de zéro depuis. Christophe Roy (T 97), titulaire d’un DIE en apiculture et pathologie apicole, en explique la raison : ce n’est pas qu’un manque de déclaration, cela est surtout dû à la compétition avec un autre parasite, Nosema ceranae. Une étude du réseau Résabeille, menée en 2013 sur 1 830 colonies d’abeilles, a montré une prévalence de 95,8 % de Nosema ceranae, 0,8 % de N. apis et 3,4 % des colonies hébergeant les deux. Ce qui montre bien la large prépondérance de cette nouvelle forme de nosémose, beaucoup moins pathogène pour les abeilles que celle à N. apis.

1 Les communications seront publiées dans le prochain numéro du Bulletin de l’Académie vétérinaire de France.

2 itsap.asso.fr.

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