Le croisement des holsteins améliore les performances technico-économiques des ateliers - La Semaine Vétérinaire n° 1705 du 03/02/2017
La Semaine Vétérinaire n° 1705 du 03/02/2017

CONFÉRENCE

PRATIQUE MIXTE

Formation

Auteur(s) : LORENZA RICHARD  

Le croisement entre races laitières apparaît comme pertinent pour accroître les performances technico-économiques d’une partie des ateliers en race pure holstein, notamment par une amélioration des qualités du lait, de la reproduction et de la santé. Ces résultats sont ceux d’une étude réalisée dans le cadre d’une thèse1 et présentée lors des journées de rencontres autour des recherches sur les ruminants (3R) à Paris, en décembre 2016.

Moins de lait, de meilleure qualité

Cette étude avait pour objectif de simuler trois schémas de croisement sur 15 ans (holstein x montbéliarde, holstein x montbéliarde x normande et holstein x montbéliarde x rouge nordique) et de comparer leurs performances avec celles des animaux maintenus en race pure holstein. Ces schémas sont testés dans deux ateliers, l’un avec un niveau de prévalence des troubles de la reproduction et de la santé égal à la moyenne française (atelier 1) et l’autre supérieur à cette moyenne (atelier 2).

De la première à la quatrième année, les vaches de race holstein ont été majoritaires dans le troupeau, leur nombre diminuant progressivement avec l’entrée en lactation des premières vaches F1 la troisième année. Dès la cinquième année de simulation, les vaches F1 ont été majoritaires, et une diminution significative de la production annuelle moyenne de lait par vache a été observée. Ainsi, le croisement réduit la production laitière, et cette baisse est la plus forte pour le croisement holstein x montbéliarde x normande (- 430 l en atelier 1, - 250 l en atelier 2, soit une diminution de 4,3 % du volume de lait livré entre la dixième et la quinzième année).

Toutefois, il a induit une amélioration du taux butyreux (TB) et du taux protéique (TP) du lait, les écarts se creusant au cours des 15 ans de simulation. Cette progression est la meilleure pour le croisement ayant eu la plus forte diminution de production (respectivement + 1,6 g/kg et + 1,2 g/kg en atelier 1 ; + 1,2 g/kg et + 0,9 g/kg en atelier 2).

Une amélioration de la reproduction est également notée dès la première année et de façon similaire pour les trois schémas de croisement. Après les 15 ans de simulation, l’intervalle entre le vêlage et l’insémination artificielle fécondante a été réduit de 12 jours en moyenne en atelier 1 et de 16,5 jours en moyenne en atelier 2.

D’autre part, la santé de la mamelle est impactée, car le nombre d’infections intramammaires cliniques détectées pour 100 vaches présentes est également réduit (jusqu’à cinq infections) dans les deux ateliers après 15 ans.

Augmentation de marge brute

Ainsi, dans les ateliers avec une prévalence de troubles élevée, l’introduction du croisement a augmenté la marge brute annuelle moyennée sur 15 ans de + 75 à + 90 €/vache/an et de + 10 à + 13 €/1 000 l/an. L’amélioration de la fertilité et de la santé de la mamelle a en effet eu un impact important sur les charges opérationnelles et le produit. Dans les ateliers avec une prévalence de troubles moyenne, cette marge est également augmentée de façon importante : de + 20 à + 32 €/vache/an et de + 7 à + 10 €/1 000 l/an.

De plus, l’intérêt économique est plus élevé pour un objectif de maintien du volume livré que pour celui du maintien de l’effectif. Toutefois, en pratique, les éleveurs adaptent régulièrement leurs objectifs en matière de volume de lait à livrer et d’effectif du troupeau. L’intérêt économique dépend essentiellement de la prévalence des troubles de la reproduction et de la santé dans le troupeau initial, ainsi que du niveau de production. L’écart de marge brute, qui apparaît après 5 ans, représente un écart de revenu non négligeable pour l’éleveur à charges de structures équivalentes. Ainsi, dans l’atelier 2, à forte prévalence de troubles, la marge brute représente en tout près de 100 €/vache/an après 15 ans. À charges de structures fixes, ceci correspond directement à une augmentation de revenu pour l’éleveur.

Ainsi, pour l’auteur, ce croisement en race holstein apparaît comme une voie pertinente pour améliorer les performances dans le contexte économique actuel, avec des prix de vente du lait bas et d’achat des matières premières instable.

1 Charlotte Dezetter. « Évaluation de l’intérêt du croisement entre races bovines laitières ». Thèse de médecine vétérinaire réalisée à l’unité Bioepar, Inra de Nantes (Loire-Atlantique). 2016.

Charlotte Dezetter Enseignante en productions animales à l’École supérieure d’agricultures d’Angers (Maine-et-Loire). Article rédigé d’après la présentation faite lors des 23 es journées 3R à Paris, les 7 et 8 décembre 2016.

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