Les éleveurs seraient prêts à “communiquer plus” avec leurs porcs - La Semaine Vétérinaire n° 1676 du 25/05/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1676 du 25/05/2016

CONFÉRENCE

PRATIQUE MIXTE

Auteur(s) : Samuel Collin UMR1348, Pegase, à l’Inra de Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine). Article rédigé d’après une présentation faite lors des 48 es journées de la recherche porcine à Paris, les 2 et 3 février 2016., Lorenza Richard , Samuel Collin UMR1348, Pegase, à l’Inra de Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine). Article rédigé d’après une présentation faite lors des 48 es journées de la recherche porcine à Paris, les 2 et 3 février 2016., Lorenza Richard

Des éleveurs de porcs se sont montrés très intéressés par le sujet d’une enquête1 concernant leurs pratiques de communication avec leurs animaux, et certains seraient prêts à modifier leurs habitudes. Ce travail a été effectué pour déterminer des façons d’améliorer, par la relation, le bien-être des porcs dans des élevages de plus en plus automatisés, où le temps consacré à chaque animal a fortement diminué2.

Un intérêt certain

L’enquête a été réalisée avec 14 éleveurs de porcs naisseurs-engraisseurs du Grand-Ouest, 6 en agriculture conventionnelle et 8 en agriculture biologique.

Bien que les éleveurs n’aient pas l’impression d’entretenir une relation particulière avec leurs animaux, ils trouvent de l’intérêt à cette communication : 7 d’entre eux estiment que cela rassure les animaux, 5 que cela facilite leurs manipulations et 3 y trouvent du plaisir. Aucun éleveur ne note l’effet d’un comportement positif de leur part sur les porcs, en revanche, certains observent une réaction des animaux lorsqu’ils sont énervés.

Onze éleveurs pensent que les porcs les reconnaissent (3 en sont sûrs, 8 le supposent). Ce serait aussi le cas, comme l’indiquent certains, du technicien qui réalise les prises de sang. Les éleveurs ne savent pas à quoi attribuer cette reconnaissance : la voix, l’odeur ou la vue de la cotte font partie des suppositions avancées.

À une question fermée de l’enquête sur le classement des capacités sensorielles du porc (note 1 pour le sens le plus utilisé, 5 pour le moins utilisé), les réponses sont très variées et une différence existe entre les types d’agriculture. Les éleveurs “conventionnels” classent l’ouïe en première position des sens mis à profit, suivie par le toucher et la vue, puis l’odorat, et enfin le goût. En revanche, les éleveurs “biologiques” pensent que l’odorat est le sens le plus important, suivi de l’ouïe (les trois autres sens suivent à égalité). Ces derniers résultats rejoignent les conclusions de la bibliographie3.

Des pratiques différentes

Les pratiques relationnelles sont différentes suivant les types d’élevage. Caresser les animaux est un geste que réalisent 75 % des éleveurs biologiques et 67 % des conventionnels (qu’il s’agisse de caresses ou de “tapes amicales”). Parler aux porcs est également l’une des pratiques les plus fréquentes en élevage conventionnel (60 % des éleveurs), mais l’est moins en agriculture biologique (25 % d’entre eux). Toutefois, 67 % des éleveurs biologiques qui ne le font pas pourraient changer leur habitude. De même, aucun éleveur biologique ne diffuse de la musique dans les salles et seuls 25 % d’entre eux sont prêts à adopter ce changement, pour des questions de logistique : une partie de l’élevage est souvent en plein air. Au contraire, 17 % des éleveurs conventionnels le font déjà et 40 % d’entre eux sont intéressés par cette pratique.

En revanche, les éleveurs biologiques frappent plus souvent à la porte d’une salle (33 %) ou seraient davantage disposés à signaler leur entrée de cette façon (50 %) que les éleveurs conventionnels (17 % le font, 20 % sont prêts à le faire).

De plus, tous les éleveurs biologiques et les trois quarts des conventionnels seraient enclins à passer plus souvent dans les salles (aucun éleveur biologique ne le fait spontanément, contre 20 % des conventionnels).

Enfin, aucun éleveur ne met de parfum et aucun ne souhaite en mettre.

Les éleveurs sont donc prêts à adopter certaines pratiques relationnelles si cela a un intérêt, et il serait intéressant d’étudier l’impact de ces pratiques sur le comportement des animaux.

1 Enquête réalisée dans le cadre de la thèse de Sandy Bensoussan qui sera soutenue en fin d’année : « Sensibilité et utilisation des signaux vocaux et visuels dans la relation homme-animal : étude chez les porcs domestiques ».

2 Tricard A., Depoudent C., Grannec M. L. Évaluation et gestion du temps de travail en élevage porcin. JRP. 2015;47:215-220.

3 Spinka M. Behaviour of pigs. In : The ethology of domestic animals, 2nd edition. P. Jensen. CAB International. 2009:177-191.

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