Parasitisme : Merial veut sensibiliser le grand public et les professionnels de santé - La Semaine Vétérinaire n° 1674 du 13/05/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1674 du 13/05/2016

zoonose parasitaire

PRATIQUE canine

Auteur(s) : Marine Neveux

Toxocara canis est un parasite fréquent, aux conséquences non négligeables sur la santé animale et humaine. La campagne de communication lancée par le laboratoire Merial a pour objectif d’y sensibiliser les propriétaires d’animaux de compagnie.

Toxocara canis est un parasite très fréquent, et les conséquences sur la santé animale et humaine sont à prendre en compte. Pourtant, les propriétaires d’animaux de compagnie sont bien en deçà des recommandations de vermifugation. Face à ce constat, Merial a entrepris de lancer une campagne de communication inédite sur le risque en impliquant les médecins, les pédiatres et les vétérinaires.

Pour ce faire, deux voies de communication sont utilisées : un message auprès du grand public (portant sur les puces, les tiques et les vers) via la presse écrite, Internet, la radio et la télévision, et un message auprès des professionnels de santé avec la complémentarité homme-animal (approche One Health).

Merial a dévoilé son projet lors d’une conférence de presse le 19 avril dernier. « L’idée est d’orienter les propriétaires vers les vétérinaires, qui représentent une source d’information importante et qui disposent de la meilleure cote de confiance », explique Carine Boschat-Bohin, chef de produits antiparasitaires chez Merial. Un dossier sur la toxocarose est transmis à 7 400 professionnels de santé. La campagne grand public est également diffusée dans 4 000 salles d’attente de médecins et le sera pendant 6 mois (posters, leaflets). En outre, Merial a créé le site Parasiteparty.com, déployé dans plusieurs pays. Ce mini-site fournit des informations ludiques aux propriétaires.

« Toxocara canis est le parasite le plus fréquent du tube digestif », développe Jacques Guillot, professeur à l’École nationale vétérinaire d’Alfort. La larve L3 présente une très grande résistance dans l’environnement, comme les œufs. Chez les carnivores domestiques, ces larves peuvent rester en hypobiose.

Les sources de contamination

Le chien et les chiennes reproductrices constituent des sources de contamination de l’environnement, et des questions se posent sur les chiens adultes et les larves en hypobiose. Il convient également de considérer le chat et le renard comme des sources de contamination. Les chiots les plus jeunes sont les plus excréteurs. « D’où l’importance d’avoir un message clair sur la vermifugation », souligne Jacques Guillot. Pour le chiot, la vermifugation s’effectue dès l’âge de 2 semaines, puis tous les 15 jours jusqu’au sevrage, et tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Pour les chiens adultes, « la recommandation dépend du mode de vie de l’animal et de son environnement au sens large. Elle est mensuelle pour des individus à risque, au contact étroit de l’animal », explique Jacques Guillot. Le rythme mensuel permet en effet d’interrompre le cycle. « Le rythme annuel ou semestriel ne permet pas de réduire le risque, c’est la raison pour laquelle une vermifugation tous les trois mois (à défaut d’un traitement mensuel) est recommandée », poursuit-il.

Connaissance insuffisante du grand public

Une étude Ipsos de septembre dernier montre que 45 % des animaux de compagnie vivent dans des familles avec enfant, donc potentiellement à risque, détaille Carine Boschat-Bohin. En mars 2016, une analyse de l’institut de sondage Biosat, portant sur 1 025 propriétaires de chiens, a montré que l’observance des traitements antiparasitaires est faible dans cette catégorie de population à risque. « Neuf propriétaires sur dix se sont rendus chez le vétérinaire au cours des 12 derniers mois. La fréquence moyenne de vermifugation n’est que de deux fois par an, ce qui est insuffisant », déplore Carine Boschat-Bohin. Le sondage révèle, en outre, que six propriétaires sur dix connaissent ces zoonoses parasitaires.Seuls 8 % des propriétaires ont connaissance de la toxocarose.

La toxocarose, côté humain

Pauline Levigne (hôpital de la Croix-Rousse, Lyon) témoigne que la toxocarose est fréquente et répandue. En France, les séroprévalences chez l’homme servent de référence : 4,8 % en zone urbaine, 14,2 % en zone rurale. La contamination se fait par ingestion d’œufs. Les conséquences peuvent être dramatiques lors de migrations larvaires. L’expression clinique est très variée : la toxocarose commune ou cachée est la plus commune. Elle peut se traduire chez l’enfant par des maux de tête, de la fatigue, des vomissements, et chez l’adulte par des démangeaisons, des éruptions cutanées, des symptômes pulmonaires et abdominaux. Les autres formes de la toxocarose sont Larva migrans viscérale (qui affecte souvent le jeune enfant), Larva migrans oculaire et la neurotoxocarose. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. Des professionnels sont également particulièrement exposés, notamment les agents de nettoyage urbain, les jardiniers, les agriculteurs, les vétérinaires et le personnel des cliniques.
Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus

Boutique

L’ouvrage ECG du chien et du chat - Diagnostic des arythmies s’engage à fournir à l’étudiant débutant ou au spécialiste en cardiologie une approche pratique du diagnostic électrocardiographique, ainsi que des connaissances approfondies, afin de leur permettre un réel apprentissage dans ce domaine qui a intrigué les praticiens pendant plus d’un siècle. L’association des différentes expériences des auteurs donne de la consistance à l’abord de l’interprétation des tracés ECG effectués chez le chien et le chat.

En savoir plus sur cette nouveauté
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Agenda des formations

Calendrier des formations pour les vétérinaires et auxiliaires vétérinaires

Retrouvez les différentes formations, évènements, congrès qui seront organisés dans les mois à venir. Vous pouvez cibler votre recherche par date, domaine d'activité, ou situation géographique.

En savoir plus


Inscrivez-vous gratuitement à nos Newsletters

Recevez tous les jours nos actualités, comme plus de 170 000 acteurs du monde vétérinaire.

Vidéo : Comment s'inscrire aux lettres d'informations du Point Vétérinaire

Retrouvez-nous sur
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr