Vétérinaires et ministère : le contrat de confiance ? - La Semaine Vétérinaire n° 1669 du 08/04/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1669 du 08/04/2016

SANITAIRE

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ÉVÉNEMENT

Auteur(s) : Stéphanie Padiolleau

Des changements dans le réseau des vétérinaires sanitaires sont en cours de réflexion. Les grandes lignes du projet ont été abordées lors de l’assemblée générale de la SNGTV, en présence du ministre de l’Agriculture.

Un signe fort adressé aux vétérinaires. » C’est sur ces mots que Christophe Brard, président de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), a salué la présence de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, lors de l’assemblée générale des GTV, le 31 mars dernier.

Un signe fort adressé aux praticiens, piliers parfois bénévoles de la politique sanitaire française, mais aussi une reconnaissance de la place qu’occupe la SNGTV, devenue un partenaire incontournable sur la table des discussions pour tout ce qui touche les confrères impliqués dans les productions animales et les vétérinaires sanitaires (canins compris !). En 2015, pour la troisième année consécutive, la SNGTV connaît une augmentation de ses adhérents, avec un total de 2 191 vétérinaires sur environ 2 500 praticiens ayant une activité significative en productions animales.

Bientôt un plan ÉcoAntibio 2 ?

Le bilan du plan ÉcoAntibio 2012-2017 devrait se clôturer sur un beau succès. Stéphane Le Foll parle d’une diminution de 43 %, un résultat, en tout cas, plus que satisfaisant en matière de réduction de l’utilisation des antibiotiques et de la résistance des bactéries. « Même Marisol Touraine est satisfaite », dit-il en plaisantant. Le plan arrive bientôt à son terme, il est temps, pour le ministre, de prévoir le suivant. Car il y aura un plan ÉcoAntibio 2, pour lequel les réflexions et les négociations sont en cours, et qui sera déterminé « dans un même souci de partenariat et de contrat de confiance » que le précédent. Le « contrat de confiance » est une formule chère au ministre, qui l’utilise pour presque tous les sujets sur lesquels il a besoin de la collaboration et de la coopération des vétérinaires : crises sanitaires, antibiorésistance, gouvernance sanitaire, etc. De leur côté, confiance rime avec prudence : une certaine réciprocité à l’implication de la profession est attendue, notamment financière, mais aussi « une reconnaissance des rôles et compétences du vétérinaire, au-delà des urgences », comme l’a dit Stéphanie Philizot (vice-présidente de la SNGTV) à propos du réseau des vétérinaires sanitaires.

Vétérinaires sanitaires : « Il va y avoir diversification »

Une réflexion a été lancée, pour laquelle plusieurs missions du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sont en cours (dont une sur les visites sanitaires et une autre sur la rémunération), afin de définir un plan d’action visant à maintenir le maillage des vétérinaires sanitaires. Une journée est prévue, le 12 mai prochain, qui invite à « se mettre autour d’une table et définir des propositions visant à maintenir actif le réseau des vétérinaires sanitaires ». Le rôle des praticiens dans la surveillance des maladies infectieuses est souligné et reconnu. « C’est un système qui fonctionne », dit le ministre, citant l’exemple de l’influenza aviaire : « Un praticien a signalé ce problème, il aura le mérite agricole ». Augmenter le panel de missions confiées aux vétérinaires sanitaires était une proposition prévue par les états généraux du sanitaire. Le ministre l’a répété, « il va y avoir diversification » des missions des vétérinaires sanitaires. La certification aux échanges en est un exemple, elle est effective depuis le 1er janvier 2016, après plusieurs années de balbutiements, essentiellement juridiques et financiers. Une autre piste concerne l’hygiène alimentaire. L’augmentation des missions devrait également s’étendre aux praticiens qui s’occupent d’animaux de compagnie et de sport (canins, équins).

L’aspect financier des actions confiées aux vétérinaires sanitaires constitue une difficulté récurrente : les caisses de l’État sont bien vides, celles des éleveurs, pas plus brillantes. Le poids des visites sanitaires, supposées permettre de compenser la perte de revenus liée à la diminution drastique des opérations de prophylaxies, représente environ 18 millions d’euros, toutes espèces confondues.

Éviter les secteurs géographiques sans vétérinaire

Au-delà de la volonté du ministre de « garantir l’avenir, la pérennité du réseau de vétérinaires, car le problème du renouvellement va se poser », la problématique du maintien d’une activité vétérinaire en zones rurales, en nombre suffisant et dans des structures viables, est partagée par l’ensemble de la profession. Cette thématique est d’ailleurs commune à toutes les professions de santé, mais Stéphane Le Foll indique qu’il « n’est pas question de copier ce qui se fait en médecine humaine » et attend des propositions concrètes permettant d’éviter la désertification des campagnes. Il juge « inacceptable » l’idée d’avoir des « zones blanches, comme il en existe en téléphonie mobile ».

Un plan d’action concernant les vétérinaires sanitaires a été réfléchi au sein de la SNGTV et présenté à la Direction générale de l’alimentation (DGAL). Stéphanie Philizot explique que cela va concerner l’installation des jeunes autant que le maintien de ceux qui sont déjà en exercice. Les propositions tiennent compte des particularités des zones à faible densité d’élevage, de la concurrence, et explorent les possibilités d’accès aux données d’élevage, de partenariats avec l’administration ou les éleveurs, en lien avec une modernisation de la rémunération et des conditions d’exercice. En matière de gouvernance sanitaire, par exemple, une clarification des moyens, du budget et de la position relative des organisations vétérinaires à vocation technique (OVVT) et des organismes à vocation sanitaire (OVS) serait souhaitée, et la mise en place des agences sanitaires régionales n’est toujours pas effective.

Bien-être animal : un plan d’action

Interrogé sur le bien-être animal et sur les effets de la dernière vidéo polémique tournée en abattoir, à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques)1, Stéphane Le Foll a été catégorique : « Cela ne va pas rester sans réponse ». Il s’attend d’ailleurs à ce que d’autres vidéos soient diffusées dans un avenir plus ou moins proche. Il a aussi reconnu qu’actuellement les référents protection animale qui sont en poste dans les abattoirs, et salariés de ces structures, ont un rôle quasiment inexistant et qu’il sera nécessaire de leur assurer une protection, soit du type de celle des membres des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), soit comme des lanceurs d’alertes. Depuis l’assemblée générale, plusieurs annonces ont été faites, sur les référents protection animale en abattoir, mais aussi et surtout, le 5 avril, concernant la stratégie globale sur le bien-être des animaux en France1.

Enfin, la problématique de la mortalité des abeilles a été abordée. Stéphane Le Foll ne veut pas que des décisions soient prises « sous la pression médiatique », car « les causes sont multifactorielles ». Il ne souhaite pas limiter les réflexions sur le seul emploi, ou pas, d’un désherbant (faisant là référence au glyphosate, sans le nommer), mais s’intéresse à l’ensemble des pratiques de la filière, comme les conditions d’importation des reines, par exemple.

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