« La VAE ne doit pas être considérée comme une voie secondaire » - La Semaine Vétérinaire n° 1669 du 08/04/2016
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La Semaine Vétérinaire n° 1669 du 08/04/2016

PROFESSION

Dites-nous tout

Auteur(s) : Pierre-François Isard1

La confusion habituelle entre excellence et élitisme entraîne régulièrement une mise entre parenthèses de la finalité de notre profession, qui est d’apporter les meilleurs soins à nos patients et donc de réaliser un maillage optimisant la chaîne des soins.

Notre démographie professionnelle est complexe et les réponses aux besoins en spécialistes se révèlent inadéquates à bien des égards ; l’offre apparaît ainsi de moins en moins adaptée à la demande.

En France, le titre de spécialiste est attribué aux titulaires du diplôme d’études spécialisées vétérinaires (DESV), diplôme d’État pouvant être obtenu par trois voies :

– une voie académique nationale (publique), par les écoles nationales vétérinaires (résidanat de trois années) ;

– une voie professionnelle nationale (publique) : la validation des acquis de l’expérience (VAE) permettant à des professionnels d’acquérir une qualification supplémentaire (expérience d’au moins six années dans la spécialité, examen devant un jury) ;

– une voie extranationale, non académique (privée), calquée sur les collèges anglo-saxons (résidanat de trois ans auprès de membres de ces collèges, examen devant un jury). Seuls les membres des collèges reconnus par le board européen des vétérinaires spécialistes (EBVS) et validés par le Conseil national de la spécialisation vétérinaire (CNSV) obtiennent automatiquement le DESV correspondant à leur spécialité. Bien que ces différentes voies soient comparables tant dans leur contenu pédagogique que dans le contrôle des connaissances, elles se sont développées différemment en fonction des spécialités. Cette disparité est due à la demande de la part des propriétaires d’animaux, mais aussi à l’offre de formation qui a été proposée aux futurs spécialistes. En effet, la formation via des collèges européens a permis à celles et à ceux qui avaient les moyens de s’expatrier de suivre rapidement un résidanat auprès de spécialistes qui exercent souvent hors de l’Hexagone, entraînant ainsi une démographie galopante de spécialistes formés en passant par cette voie privée, extranationale. S’agissant d’une formation à caractère privé, sous contrôle des seuls membres des collèges européens, le risque d’autorégulation tacite, déjà constaté au sein de certains collèges américains, est réel. Parallèlement, la démographie de plusieurs spécialités est vacillante et il n’est pas faux de prédire dans certains domaines l’instauration de déserts de spécialistes par manque de résidanats ouverts dans les spécialités concernées. D’autant que, dans le même temps, l’enseignement vétérinaire français (public) n’a souvent pas suivi le rythme de formation des spécialistes (peut-être par manque de moyens ?) et a donc trouvé plus simple de s’en remettre au système des collèges européens pour assurer sa mission qui est pourtant de former des vétérinaires, tant généralistes que spécialistes.

La VAE est une voie légale d’accession à une qualification supplémentaire, personnalisée, existant pour de nombreuses professions, qui présente, grâce au travail des comités d’organisation et de fonctionnement, toutes les garanties de qualité. Il suffit de se pencher sur les prérequis et sur le cursus global pour constater que l’on est très loin du diplôme au rabais présenté par ses détracteurs. Dans un courrier récent, Madame la chef de service de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation notait que « le dispositif européen ne couvre pas tous les besoins de la spécialisation vétérinaire et ne couvre pas la VAE. Il apparaît donc nécessaire de conserver les voies nationales d’accès à la spécialisation par le DESV ouvertes à la VAE. »

Ainsi, la VAE ne peut et ne doit pas être considérée comme un pis-aller à la mise en œuvre volontairement ralentie ou différée. En effet, c’est une voie légale, longue et difficile, mais qui permet, à tout âge (ce n’est pas le cas des deux autres voies), d’obtenir une qualification professionnelle supplémentaire. À une époque où on parle de flexibilité et d’adaptations personnalisées, la profession vétérinaire ne peut pas rester en retrait.

  • 1 Spécialiste en ophtalmologie vétérinaire, membre du CNSV, président du Syndicat des vétérinaires spécialistes français (SVSF).

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