DE NOUVELLES TENDANCES POUR LA PROFESSION - La Semaine Vétérinaire n° 1667 du 25/03/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1667 du 25/03/2016

Décryptage

Auteur(s) : Marine Neveux

Quels sont les nouveaux paradigmes de la profession ? Quelles évolutions pour les vétérinaires à l’horizon 2025 ? Plusieurs intervenants ont tenté d’en dessiner le profil pour les années à venir, lors du forum panprofessionnel qui s’est tenu fin 2015 au congrès annuel de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie (Afvac). Extraits.

Le statut

Le salariat, une nouvelle tendance ? Notre confrère Laurent Faget (T 04) pointe deux facteurs à intégrer à cette réflexion : la féminisation et l’attente des jeunes vétérinaires. « Quand la question du choix du statut est posée aux jeunes confrères, ils disent que le salariat est nécessaire à l’apprentissage. On fait néanmoins l’expérience de la relation de confiance avec l’employeur en tant que collaborateur libéral », poursuit-il.

Quelle que soit sa place, des procédures sont à respecter dans la structure. Le compagnonnage est un atout, mais la notion de responsabilité reste essentielle.

Chaque statut, salarié ou collaborateur libéral, présente des spécificités. Dans le deuxième cas, « de vraies notions de gestion sont à intégrer », poursuit Laurent Faget.

« La collaboration libérale avait pour objectif de mettre le pied à l’étrier », souligne Michel Baussier, président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV).

Parmi les autres contraintes et apports, le temps de travail est plus difficile à respecter en salariat, mais le salaire est constant. « Recruter un jeune talent permet un partage de richesse et de projet », indique Laurent Faget. L’objectif d’une entreprise est de créer de la valeur ajoutée pour l’animal, pour le client et pour lui-même. Peu importe le statut, salarié ou libéral, vétérinaire ou personnel non vétérinaire, « la ressource humaine dans l’entreprise est source de création de richesse, insiste notre confrère. C’est un enjeu stratégique. On prend souvent assez peu le temps de diriger cette ressource ». Il invite donc à s’investir sur ce terrain pour que les personnes se sentent bien au travail.

Les outils de pilotage

L’employeur peut disposer de plusieurs outils de pilotage, comme la politique salariale et l’intéressement. « La formation est un puissant levier de motivation que nous avons tendance à sous-estimer », note Laurent Faget. Un point de vue auquel adhère notre confrère Éric Gaguère, président de l’Afvac : « C’est un fort facteur de motivation et cela doit être considéré comme un investissement pour la clinique. »

Laurent Faget expose aussi l’intérêt des entretiens annuels d’évaluation et du job design pour l’environnement de travail.

Des collaborateurs qui achètent des petites parts dans une structure contribuent également à sa richesse, progressivement. Le rachat par un tiers est une autre option. Mais attention, « priver des sociétés de la richesse qu’elles créent va paupériser le système. Certains modèles sur le marché posent problème », alerte notre confrère.

Quels modèles pour les structures ?

Quels modèles pour les entreprises vétérinaires à l’horizon 2025 ? C’est la question posée par notre confrère Philippe Baralon, du cabinet conseil Phylum, qui a établi une projection dans les secteurs canin et mixte.

Les facteurs d’évolution sont de trois ordres : réglementaire, lié au marché et à la notion d’entrepreneuriat.

Par exemple, sur les marchés bovins, la dominante commune est la concentration des élevages allaitants et laitiers, sous les effets défavorables de la démographie des éleveurs. En élevage laitier, l’évolution est liée aussi à l’intensification capitalistique.

Le contexte réglementaire est celui de la fin de l’unicité du domicile professionnel d’exercice (DPE), de la suppression de la limite des trois sites par société d’exercice, du cadre juridique pour la délégation d’actes et les structures financières (Société de participations financières de professions libérales ; SPFPL).

Dans l’avenir, « l’entrepreneuriat est quelque chose d’extrêmement important au-delà du côté libéral. On sera plus attaché à une communauté d’entreprise et surtout d’individus », estime Philippe Baralon. Plusieurs modèles de structuration des cliniques peuvent être projetés, telles la création d’entreprises monosites, avec une notion de grappes locales. « Des effets secondaires (polymérisation) de groupe sont envisagés. Les réseaux sont à un stade transitoire de l’histoire. Demain, la notion de groupe dominera », estime notre confrère.

Le positionnement

« L’intérêt de positionner son entreprise est fort. » Le positionnement peut être de plusieurs ordres : haute valeur-prix élevés, cliniques félines, pour nouveaux animaux de compagnie, etc. « Un positionnement low cost est-il envisageable ? » Il ne s’agit pas, dans ce cas, de faire la même chose que les autres moins cher, mais d’être limité dans les offres. Aux États-Unis, on parle de pet neutering et de vaccination clinics : ces structures ne font que des vaccinations et des stérilisations, des spécialités centrales (chirurgie, imagerie, médecine interne), etc.

L’entreprise peut permettre la centralisation des principales fonctions support, la gestion des compétences clés, la formalisation du savoir-faire et la formation, etc. La structure peut aller au-delà du groupe, avec la métastructure qui consiste en la mutualisation de certains moyens (essentiellement pour le back-office).

Un point essentiel, selon Philippe Baralon, pour les entreprises vétérinaires : « Les stratégies collaboratives sont toutes supérieures aux stratégies de concurrence. » Le facteur limitant de la croissant est l’humain (et non l’argent). « Tout le monde ne sera pas chef d’entreprise, car tout le monde n’a pas envie de l’être. » En outre, le groupe qui réussit gère, en général, un seul modèle par entreprise.

L’entreprise de demain

Quel pourrait être le modèle dominant en exercice mixte en 2025 ? Structure d’entreprise avec 4 sites d’exercice, activités canines et rurales sur tous les sites, un site canine 24 h/24, 7 j/7, avec un plateau technique, 18 diplômes (6 associés, 12 collaborateurs), 10 équivalents temps plein ruraux, 8 canins, 18 à 22 personnes en support, dont 8 à 10 infirmières.

Et en canine généraliste ? Structure d’entreprise avec 3 sites d’exercice, un service généraliste sur tous les sites, un site avec un plateau technique, 8 diplômes.

  • Lire aussi « Le profil de la profession », La Semaine Vétérinaire n° 1654 du 11/12/2015, page 21.

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