TÉMOIGNAGES DE TROIS FRANÇAISES DIPLÔMÉES DE L’UNIVERSITÉ DE LIÈGE - La Semaine Vétérinaire n° 1666 du 18/03/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1666 du 18/03/2016

Dossier

Marie Laurent, étudiante en dernière année à Liège « Une excellente formation théorique, mais insuffisante côté pratique »

Quand j’étais au collège et au lycée, je côtoyais des vétérinaires qui avaient étudié en Belgique. Ainsi, j’ai présenté un dossier dans ce pays juste après le bac. Lorsque j’ai été tirée au sort, je n’ai pas hésité, même si je pense que j’aurais eu ma chance en France. Tout ce qui comptait pour moi était d’être vétérinaire un jour, or j’avais davantage de chances de le devenir en Belgique, car il suffisait de travailler et d’avoir 12 de moyenne pour passer à l’année supérieure. Concernant l’intégration, les premières années ont été assez difficiles, car les étudiants sont nombreux et la sélection drastique (environ un tiers de la promotion est éliminé tous les ans). À partir de la quatrième année, les études deviennent plus concrètes, avec les cliniques. Je pense que les études en Belgique sont ce qu’il me fallait. Je suis quelqu’un d’anxieux, or les Belges sont beaucoup moins stressés. Ils ont aussi un côté très “pratique” dans leur enseignement, beaucoup de logique. En sortant du cycle de bachelier, j’étais un peu “formatée”, j’apprenais sans vraiment m’intéresser aux choses, je ne pensais qu’à la note finale. Au fur et à mesure, j’ai compris qu’être un bon vétérinaire, ce n’était pas seulement être un dictionnaire, mais qu’il fallait de la réflexion et un certain moral pour affronter la plupart des situations. Je n’ai rien à reprocher à l’enseignement théorique. Les cours sont super, les professeurs compétents et disponibles. En revanche, nous sommes trop d’étudiants pour bénéficier d’une formation pratique convenable. Les enseignants en sont conscients, font du mieux qu’ils peuvent et nous poussent à nous former par nous-mêmes grâce à des stages. Le pays m’a énormément plu. La plupart des étudiants français en tombent amoureux. Les Belges sont gentils et accueillants. Les études n’en restent pas moins exigeantes.

Morgane Macé (Liège 2013), praticienne dans le Nord « Ancienne ASV, devenir vétérinaire m’était impossible en France »

Après un bac en sciences et technologies tertiaires, j’ai exercé comme auxiliaire spécialisée vétérinaire. Ce métier m’a frustrée par certains aspects et j’ai souhaité devenir vétérinaire, mais c’était impossible en France compte tenu de mon bac technologique. J’ai donc opté pour la formation en Belgique. En première année, je n’avais pas le niveau. Malgré tout, j’ai validé toutes mes années du premier coup et j’ai pris des cours intensifs de mathématiques, de physique et de chimie. La Belgique est un pays accueillant, c’était une très bonne expérience. La formation théorique y est excellente. En revanche, la formation pratique laisse à désirer, avec cinq années de théorie pour une année de pratique ! Et, à la différence du cursus français, nous sommes moins en contact avec les clients et effectuons moins de gestes techniques au cours de la formation. Il est donc utile d’effectuer des stages auprès de praticiens. L’internat, qui permet de se sentir plus apte à gérer les propriétaires et à exécuter les actes avec dextérité, est une bonne solution. Un autre point négatif de la formation belge est le baptême, en deuxième année. Nous sommes une minorité d’étudiants à ne pas y participer, et il peut nous arriver d’être mis à part à cause de cela. Du côté de l’accueil des confrères français, ils n’ont pas d’a priori vis-à-vis de la formation belge et je n’ai jamais fait l’objet de remarques sur ce point.

Zoé Greiveldinger (Liège 2015), praticienne dans le Nord « Chacun a sa chance dans le système belge »

J’ai suivi les trois premières années à Namur, puis les années de master à Liège. Après mon bac S, j’ai postulé aux classes préparatoires et j’ai présenté un dossier en Belgique pour doubler mes chances. Je n’ai pas été tirée au sort la première fois, j’ai donc fait un an de prépa à Metz. J’ai représenté un dossier en Belgique et je suis entrée à l’université de Namur en 2009. Je suis arrivée “à l’arrache” dans une ville que je ne connaissais pas. Quelques jours avant la rentrée, j’ai dû trouver un logement et effectuer les démarches sans être trop préparée.

La première année a été difficile : je n’avais pas le droit à l’erreur, car, ayant déjà fait une année de prépa, j’étais considérée comme une redoublante1. J’ai adoré cette période à Namur : nous étions une petite promotion, suivie par les enseignants d’une année sur l’autre. Ceux-ci se décarcassaient pour nous proposer de bons travaux pratiques. À Liège, c’est différent, car les étudiants sont beaucoup plus nombreux. Nous croulons sous la théorie, mais nous faisons peu de pratique. L’avantage du système belge est que chacun a sa chance et il y a un réel investissement pédagogique face aux étudiants en difficulté. Autre atout : la formation permet à l’étudiant de cibler l’espèce qui l’intéresse. En tant que diplômée de Belgique, mon accueil en France s’est bien passé, même si j’ai parfois été prise un peu de haut car je ne sortais pas des écoles françaises. En tout cas, se former en Belgique ne constitue pas un frein dans la recherche de travail.

  • 1 Au cours des trois premières années, un étudiant a le droit de redoubler une fois chaque année, mais tripler la même année est interdit.

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