Confirmation du risque de transmission de la tuberculose bovine entre troupeaux - La Semaine Vétérinaire n° 1659 du 29/01/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1659 du 29/01/2016

CONFÉRENCE

Pratique mixte

FORMATION

Auteur(s) : Lorenza Richard*, Marina Béral**, Thierry Virely***

Fonctions :
*Cellule interrégionale d’épidémiologie vétérinaire (Cirev) de la Draaf de Bourgogne
**Président du GTV de Côte-d’Or

De nombreux facteurs de risque de transmission de la tuberculose bovine d’un troupeau infecté à un troupeau sain restent encore à maîtriser, d’après une étude cas-témoins réalisée en Dordogne, en Côte-d’Or et dans les Ardennes1.

L’objectif de cette étude était l’identification et la hiérarchisation des facteurs de risque d’infection des troupeaux par la tuberculose bovine. Pour cela, les fréquences d’exposition à 42 facteurs étudiés ont été comparées entre des troupeaux cas infectés entre février 2012 et juin 2014 et des troupeaux témoins non infectés et appariés aux troupeaux cas par département et par type d’élevage. En tout, 225 élevages ont été inclus, 75 cas (10 dans les Ardennes, 28 en Côte-d’Or, 37 en Dordogne) et 150 témoins. L’étude a concerné 189 troupeaux allaitants, 27 laitiers et 9 mixtes.

Des risques importants mais identifiés

Les facteurs d’exposition étudiés ont concerné l’introduction longue durée d’un bovin dans le troupeau, les contacts de voisinage au pâturage, les contacts temporaires entre troupeaux, les contacts indirects et les contacts avec un animal non bovin, y compris la faune sauvage.

L’analyse statistique multivariée a mis en évidence cinq facteurs de risque auxquels l’exposition est significativement liée à l’apparition de la maladie (intervalle de confiance de 90 %) :

– le voisinage de pâture avec des troupeaux à risque (c’est-à-dire des troupeaux ayant été récemment infectés), principal facteur de risque mis en évidence dans cette étude ;

– l’abreuvement commun avec des troupeaux à risque ;

– l’achat d’herbe sur pied pour pâturer : ce facteur regrouperait plusieurs risques, comme la survie de la bactérie de l’environnement ou un contact additionnel entre voisins de pâture à risque et faune sauvage ;

– l’achat de plus de 10 bovins dans des troupeaux à risque ;

– l’utilisation de bâtiments isolés (bâtiments d’élevage ou de stockage de fourrage), qui semblent plus attractifs pour la faune sauvage.

Nécessité de rappeler les mesures de biosécurité

L’étude n’a pas pu prendre en compte la prévalence d’infection chez les blaireaux, car ceux situés autour des élevages témoins ne sont que rarement analysés (il n’est donc pas possible de comparer les taux d’infection chez les blaireaux autour des troupeaux cas et des troupeaux témoins). Par ailleurs, une association dont le résultat est non significatif ne signifie pas qu’elle n’existe pas : elle peut être plus rare, non mise en évidence par manque de puissance de l’étude, par exemple.

Toutefois, ces résultats confirment clairement que les mesures de biosécurité sont d’une importance capitale pour éviter la transmission de la maladie. Il est essentiel d’empêcher, dans les zones infectées, les contacts entre troupeaux voisins de pâture, ainsi que ceux entre troupeaux aux points d’abreuvement. L’herbe sur pied ne doit pas être utilisée pour pâturer. Il convient également d’éviter les achats à risque. S’informer sur le statut du troupeau d’origine est ainsi capital, surtout s’il est situé en zone infectée, et quelle que soit la région dans laquelle se situe le troupeau acheteur. Enfin, il est important de limiter le plus possible l’accès des bâtiments d’élevage et de stockage d’aliments, notamment isolés, à la faune sauvage. Le praticien peut rappeler aux éleveurs ces précautions à appliquer, en les adaptant au cas par cas et selon le contexte épidémiologique de la région, dont dépendent les facteurs de risque.

1 Les trois départements choisis pour l’étude devaient avoir des pratiques d’élevage semblables car les résultats sont interprétés sur l’ensemble des départements. En Camargue, dans les Pyrénées-Atlantiques et dans les Landes, le type d’élevage (taureaux de combat) est très différent, et la transhumance pratiquée dans les Pyrénées-Atlantiques n’est pas retrouvée dans les départements étudiés.

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