Un nouveau président à la tête de l’Avef - La Semaine Vétérinaire n° 1658 du 22/01/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1658 du 22/01/2016

ASSOCIATION VÉTÉRINAIRE ÉQUINE FRANÇAISE

Pratique mixte

L’ACTU

Charles-François Louf succède à Jean-Yves Gauchot à la présidence de l’Association vétérinaire équine française (Avef). Point de départ de leurs nouvelles aventures, ce début d’année 2016 constitue une transition pleine d’ambitions, qui s’accorde avec un nouveau partage des rôles au sein de l’organisation. Interviews.

ENTRETIEN AVEC CHARLES-FRANÇOIS LOUF

« L’Avef est une sacrée équipe ! »

Le nouveau président de l’Avef reprend les dossiers historiques et poursuit les avancées, tout en réaffirmant ses vues pour que prévale le vétérinaire comme référence dans la filière.

Quels sont les trois dossiers prioritaires que vous aurez à cœur de faire avancer en 2016 ?

Celui sur le bien-être, le dopage et la fin de vie. Nous avons participé, au travers de la commission bien-être et du travail de Vincent Boureau, à l’élaboration de la charte bien-être de la Fédération nationale du cheval (FNC) et pris position sur plusieurs cas de maltraitance. L’Avef doit continuer à être une référence scientifique et morale sur ces sujets. Je souhaite que nous continuions à clarifier la position de l’Avef sur la fin de vie, car nous avons été quelque peu bousculés sur ce sujet par un défaut de compréhension voulu ou non de notre position. Je mets le dopage dans ce même grand thème. Il faudra l’aborder plus largement et en faire une non-nécessité, revenir vers les maisons mères et les fédérations.

Autre priorité : le médicament vétérinaire. Claire Scicluna a conduit un énorme travail, en collaboration avec Laurent Mangold, sur ce sujet, en France et sur l’Europe. Elle prend le poste de vice-présidente pour asseoir cette position et transmettra progressivement la charge de la trésorerie à Élodie Chollet. Il faut conserver et renforcer notre rôle et notre reconnaissance dans les instances.

Enfin, l’économie du vétérinaire équin constitue aussi un dossier phare. Acteur au plein cœur du secteur des loisirs, l’équine est une passion au service de passionnés. Raisonner et rationnaliser notre activité n’est pas toujours évident. Si nous voulons être pleinement satisfaits de notre implication professionnelle, nous devons valoriser la plus-value de notre savoir-faire et de nos connaissances.

Nous reviendrons également, durant l’année, sur les autres rôles statutaires de notre association : médecine éthique, formation technique, défense des vétérinaires équins. Il faut que l’Avef soit utile à ses adhérents et nous sommes donc ouverts à toute suggestion !

Il existe une demande de clarification de la situation des ostéopathes animaliers. Des textes sont aussi souhaités concernant les dentistes équins. Percevez-vous 2016 comme une année propice à l’évolution de cette réglementation attendue depuis cinq ans ?

Je l’espère en tout cas. Jean-Yves Gauchot a poussé fortement ces dossiers, l’Avef s’y est investie en temps et en personnes. Il n’est pas question d’abandonner, alors que le but n’a jamais été aussi proche. Il faudra aussi continuer à travailler ces dossiers au-delà des textes qui pourront sortir, car la réalité du terrain est parfois quelque peu éloignée du cadre des lois et des arrêtés. Sur ce sujet, vous aurez noté la publication au Journal officiel, en décembre, de l’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) d’un diplôme d’ostéopathe animalier non vétérinaire. La physiothérapie est un sujet connexe qui méritera d’être traité. Il ne s’agit plus seulement de se défendre sur ces questions, il faut que le vétérinaire s’impose comme la référence dans l’esprit des acteurs de la filière.

Le cheval a tendance à être oublié dans les réunions sur le sanitaire, alors que la filière et les vétérinaires ont apporté, ces dernières années, une organisation qui permet d’optimiser la prévention. Faut-il aller plus loin ? Comment ?

Jean-Yves a souhaité conserver la présidence du Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (Respe). Son poste de vice-président, ainsi que la présence de Christel Marcillaud-Pitel comme administratrice, maintiendra cette organisation au cœur de l’Avef. Le Respe est une belle réalisation issue de la commission épidémiologie, sous la conduite historique de François Valon. Il conviendra d’aller plus loin et d’en faire la pierre angulaire de la gouvernance sanitaire. La force du Respe, c’est le maillage vétérinaire et la confiance qu’il a en tous les acteurs de la filière, y compris le propriétaire d’un cheval retraité au fin fond des Vosges !

L’arsenal thérapeutique en équine est le parent pauvre de la pratique. De quels leviers d’action les praticiens pourraient-ils bénéficier ?

Je suis très préoccupé par cette peau de chagrin que devient notre arsenal. La défense au coup par coup adoptée jusqu’à présent est nécessaire, mais il faudra changer nos paradigmes sur ce sujet. Le poids économique de la filière face à la concentration des laboratoires pharmaceutiques et aux exigences financières qui sous-tendent ces fusions pose question. Il est nécessaire de proposer de nouveaux modèles et nous avons quelques idées dans les cartons !

Envisagez-vous une restructuration de l’association à terme ?

L’Avef est une sacrée équipe ! Son conseil d’administration est riche de diversités et d’énergies qui ne demandent qu’à jaillir des boîtes de départ. Je compte beaucoup sur la force et l’intelligence collective. Le bureau comportera cinq vice-présidents : Richard Corde et Jean-Yves Gauchot, qui apporteront leur sagesse et leur recul politique, Claire Scicluna et Laurent Mangold, pour leur expertise sur le médicament et le réglementaire, Élodie Chollet, qui aura la charge de la trésorerie que Claire lui transmettra progressivement. Thomas Launois reste secrétaire général et reprend en main les commissions, sur un mode plus agile de support technique et scientifique.

Plus que de restructuration, il s’agit surtout d’un partage des rôles et des dossiers pour être plus efficaces et réactifs.

Propos recueillis par Marine Neveux

ENTRETIEN AVEC JEAN-YVES GAUCHOT

« Le sanitaire est affaire de collégialité »

Le past president de l’Avef ne quitte pas totalement le navire et maintiendra un engagement fort pour la filière, notamment avec le Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine.

Quels sont les trois dossiers que vous retenez comme des avancées majeures de votre mandat de président ?

J’en identifie quatre. D’abord, concernant les médicaments. Grâce à la compétence de notre consœur Claire Scicluna, l’Avef s’est clairement positionnée et est désormais reconnue comme telle en France et en Europe dans les dossiers relatifs aux médicaments en médecine équine (antibiothérapie, indisponibilité, etc.).

Autre sujet : l’acte vétérinaire, et le maintien du suivi gynécologique des juments comme un acte vétérinaire, la délégation encadrée aux techniciens dentaires équins (TDE) et aux auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV) pour la dentisterie équine.

Une avancée importante concerne également la création du Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (Respe) avec tous les acteurs socioprofessionnels du sanitaire, et pas seulement les vétérinaires. Le sanitaire est affaire de collégialité pour une bonne acceptabilité des mesures.

Je retiens aussi nos prises de position sur des sujets techniques et sociétaux : conférence de consensus (la castration, l’anesthésie, l’antibiothérapie), engagement sur le bien-être.

Votre principal regret ?

Le faible retour en nombre d’adhérents, mais c’était déjà un leitmotiv de mes trois prédécesseurs, mes confrères Patrick Langlois, Michel Pechayre et Richard Corde. C’est une difficulté liée à notre nombre limité, d’une part, et à l’activité mixte de beaucoup d’équins, sur un fond d’individualisme croissant, d’autre part. C’est un objectif majeur pour la nouvelle équipe. Mon successeur Charles-François Louf souhaite s’en donner les moyens, je le soutiendrai bien évidemment. Nous devons sans doute offrir de nouveaux services à nos adhérents et à la filière. Certains services pourraient se mutualiser avec les autres associations techniques et le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), selon le périmètre de compétences. En matière de lutte contre le dopage, il nous faudrait institutionnaliser nos relations avec les fédérations (Fédération française d’équitation, FFE ; Fédération nationale des courses françaises, FNCF), l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), afin d’avoir un vrai lieu d’échanges pour construire et améliorer cette lutte, dont le praticien est le pivot.

Êtes-vous optimiste quant à la sortie des textes réglementaires en 2016, qui permettent enfin de clarifier la situation des ostéopathes animaliers, mais aussi celle des dentistes ?

Avec l’appui du SNVEL et du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV), l’Avef s’en donne les moyens, on n’épargne pas le ministère sur le sujet. Pour la dentisterie, nous arrivons vers la fin, nous pouvons être optimistes. Pour l’ostéopathie, cela pourrait prendre un peu plus de temps, mais le premier étage de contrôle des ostéopathes animaliers par le CNOV était l’élément essentiel. Le référentiel de formation établi pour les vétérinaires devra servir de base au référentiel des ostéopathes animaliers. Souhaitons que le ministère ait le courage de ne pas rééditer l’erreur de la médecine humaine, où l’offre de formation est pléthorique et sans contrôles.

L’Avef porte dans ses valeurs « la revendication d’une médecine éthique du cheval, dans le respect du bien-être animal ». À l’heure où les conditions d’équarrissage laissent souvent à désirer, alors que la gestion de la fin de vie des chevaux est une problématique majeure, que la recrudescence des cas de non-respect de la bientraitance des équidés est pointée par les associations protectrices des animaux, etc., quelles sont vos préconisations ?

Le praticien doit devenir l’élément incontournable par son expertise animal centré. La feuille de route du ministre sur le sujet du bien-être animal, qui va être dévoilée au prochain Salon international de l’agriculture (SIA), sera l’occasion de mettre celui-ci à sa place. L’attente sociétale est forte et le vétérinaire est reconnu comme l’expert indépendant dans ce domaine. L’Avef a, depuis deux années, su se positionner sur des affaires de maltraitance et de déviance, comme en endurance par exemple. Je soutiendrai également toutes les initiatives fortes d’appui de l’Avef et des praticiens à la Ligue française pour la protection du cheval (LFPC), afin que nous nous donnions les moyens de nos ambitions.

Quelles sont vos perspectives en matière d’engagement au sein de la profession pour les mois à venir ?

Accompagner et défendre la “vétérinaire équine” a été extrêmement enrichissant. Le vétérinaire équin évolue dans une filière hétéroclite, passionnée, et le cheval est un animal si noble. Ces éléments fabriquent des personnalités vétérinaires fortes et complexes, je m’en suis nourri. Mon successeur a souhaité que je reste à ses côtés comme vice-président avec quatre autres vice-présidents : Richard Corde, Laurent Mangold, Claire Scicluna et Élodie Chollet. Les dossiers ostéo et dentisterie m’occuperont encore pas mal. Mais je m’effacerai petit à petit. Je vais rester très impliqué au sein du Respe jusqu’à ce que celui-ci soit stabilisé dans le schéma de la nouvelle gouvernance sanitaire.

J’ai également pris des responsabilités au sein du SNVEL et de la Fédération des syndicats vétérinaires de France (FSVF). Je m’appuie sur mon expérience de vétérinaire omnipraticien mixte, comme le sont encore beaucoup de nos confrères en zones semi-urbaines, à laquelle je reste profondément attaché, car c’est l’essence même de notre formation, sur mon réseau, sur mon envie de prendre les problèmes de la profession à bras-le-corps et d’en sortir par le haut, dans un modèle économique qui n’est plus celui du passé (petit-fils et fils de vétérinaire, je baigne dans ce milieu depuis ma conception). Je partage les valeurs libérales du SNVEL. L’équipe actuelle est riche de diversités et de compétences. Sous l’impulsion de son président, Pierre Buisson, nous avons établi une stratégie fédératrice pour la profession autour du périmètre de compétence du syndicat, qui est l’expertise socio-économique du développement de l’entreprise vétérinaire. Nous souhaitons être un acteur majeur d’influence des parties prenantes de notre secteur d’activité et représenter, promouvoir les valeurs de la “vétérinaire libérale”. La promotion de l’expertise du praticien en matière de bien-être animal est également importante. Ces objectifs sont très fédérateurs et je compte m’y impliquer avec l’expertise politique de la profession et de ses relations avec les autres acteurs que j’ai acquise, tant au sein de l’Avef que du Respe.

Propos recueillis par Marine Neveux

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