L’utilisation de marqueurs génétiques est possible pour réduire les odeurs des porcs - La Semaine Vétérinaire n° 1658 du 22/01/2016
La Semaine Vétérinaire n° 1658 du 22/01/2016

CONFÉRENCE

Pratique mixte

FORMATION

Auteur(s) : Laurence Maignel*, Lorenza Richard**

Fonctions :
*Centre canadien pour l’amélioration des porcs à Ottawa
(Ontario, Canada).
Article rédigé d’après une présentation faite lors des 47es journées
de la recherche porcine à Paris, en février 2015.

Les odeurs d’androsténone et de scatol du tissu adipeux de verrats de race pure peuvent être significativement réduites par l’utilisation de marqueurs génétiques, d’après une étude1 menée au Canada.

Des marqueurs SNP pertinents

Un total de 3 474 mâles entiers de races duroc, landrace et yorkshire ont été intégrés dans l’étude. Des échantillons de gras ont été prélevés par biopsie ou à l’abattoir chez ces animaux. Ils révèlent que 5 % des mâles testés sont situés au-dessus du seuil de tolérance pour les consommateurs à la fois pour l’androsténone (plus de 1 000 ng/g) et le scatol (200 ng/g). De plus, 28 % sont trop élevés pour l’androsténone mais acceptables pour le scatol, et 6 % sont trop élevés pour le scatol mais acceptables pour l’androsténone.

Les animaux ont été génotypés pour 97 marqueurs single nucleotide polymorphism (SNP), identifiés comme étant associés aux odeurs sexuelles, localisés dans 40 gènes codant pour des enzymes impliquées dans la synthèse et la dégradation de l’androsténone et du scatol.

Une analyse statistique en deux étapes a recherché une corrélation entre le nombre d’allèles SNP défavorables (associés à un taux plus élevé de scatol ou d’androsténone) et les odeurs des verrats. Elle met en évidence que le nombre d’allèles défavorables est significativement lié aux taux d’androsténone chez les porcs de toutes les races, notamment chez les durocs (p < 0,001). La proportion d’animaux de race duroc situés au-dessus du seuil de tolérance pour l’androsténone est de 20 % chez ceux ayant 10 allèles défavorables et monte à 76 % chez les mâles avec au moins 15 allèles défavorables. L’analyse montre également une corrélation significative entre ce paramètre et les taux de scatol chez les porcs landraces (p < 0,01). En effet, la proportion de mâles situés au-dessus du seuil de tolérance pour le scatol s’élève de 23 à 86 % respectivement chez les animaux ayant moins de 22 allèles défavorables et ceux en ayant plus de 28. En revanche, aucune corrélation significative n’est notée entre le nombre d’allèles défavorables et le taux de scatol en race yorkshire, et cette corrélation est peu élevée pour les durocs. Ce résultat pourrait être dû à la plus faible variabilité de ce caractère dans ces races par rapport aux landraces.

Une sélection envisageable à l’avenir

Les résultats de cette étude démontrent la pertinence des marqueurs testés, et les sous-groupes de SNP spécifiques à chaque composé chimique. Le niveau des odeurs de verrat chez des porcs canadiens de race pure peut être diminué de façon significative par l’utilisation de marqueurs génétiques en sélection. Les sous-groupes de SNP spécifiques à chaque composé chimique pourraient être utilisés dans les évaluations génétiques nationales pour calculer des valeurs génétiques assistées par marqueurs (VGM). L’intégration de ces dernières dans les indices de sélection permettrait ainsi de diminuer les niveaux d’androsténone et de scatol chez les animaux de race pure. En effet, cette méthode s’avère être un outil de prédiction prometteur et pourrait être utilisée chez des animaux très jeunes à partir d’un simple échantillon d’ADN.

Toutefois, cette étude montre également que la sélection assistée par marqueurs contre les odeurs sexuelles pourrait être améliorée, soit en perfectionnant la méthode, soit en augmentant le nombre d’animaux estimés, afin d’affiner la précision des VGM.

Des analyses sont actuellement en cours afin de valider ces résultats préliminaires obtenus en races pures canadiennes chez des animaux croisés, dans un contexte commercial.

  • 1 Maignel L., Jafarikia M., Sullivan B. et coll. Utilisation de marqueurs génétiques pour réduire les odeurs sexuelles chez les porcs canadiens. Proceedings JRP. 2015;47:7-12.

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