La laparoscopie chez le cheval - La Semaine Vétérinaire n° 1634 du 12/06/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1634 du 12/06/2015

CONFÉRENCE

Pratique mixte

FORMATION

Auteur(s) : Roland Perrin*, Sophie Komaroff**

Fonctions :
*DMV, diplomate ECVS, DESV chirurgie
équine.
Article rédigé d’après une présentation faite
lors de la séance commune Académie nationale
de chirurgie (ANC)-Académie vétérinaire de
France (AVF) à Paris, le 7 mai 2015.

La laparoscopie est une pratique courante dans les blocs chirurgicaux des cliniques équines. Chez le cheval, les interventions laparoscopiques les plus répandues sont la laparoscopie diagnostique, l’ovariectomie et la cryptorchidectomie. La laparoscopie est également utilisée pour la suture de l’espace néphrosplénique, l’hernioplastie et l’adhésiolyse. Elle est enfin mise en œuvre, mais de façon plus anecdotique, lors de néphrectomie, d’utéroplastie, de calculs vésicaux, de rupture vésicale, etc.

Positionnement du cheval et du matériel

La position du chirurgien est essentielle : sa tête, ses mains, la zone à opérer et l’écran doivent se trouver sur le même axe. Il convient de se tenir droit face à l’écran, afin d’effectuer des mouvements corrects. Sinon l’opération risque de se révéler laborieuse.

Il peut sembler plus aisé de pratiquer une laparoscopie sur cheval couché. Cependant, chez un équidé en position de Trendelenburg, il est difficile de se mettre en face de la zone à opérer, compte tenu de la largeur de l’animal, et maintenir l’anesthésie peut s’avérer délicat. Celle-ci présente moins de complications lorsque l’intervention est pratiquée sur le cheval couché mais placé sur le côté. De cette façon, la chirurgie s’avère aussi plus facile à mettre en œuvre.

La majorité des laparoscopies sont effectuées sur cheval debout : ainsi, elles ne requièrent pas d’anesthésie générale. La voie d’abord debout offre, en outre, une meilleure visibilité au chirurgien, par exemple lors de retrait d’ovaires ou de testicules cryptorchides.

La plupart des chirurgiens équins qui interviennent dans cette configuration utilisent un travail. Roland Perrin souligne que la laparoscopie a beau être une chirurgie mini-invasive, des complications restent possibles ; la chute du cheval dans un travail peut se révéler catastrophique. Il privilégie, pour sa part, la laparoscopie à l’intérieur d’un box de réveil.

Instruments

Parmi les instruments requis en laparoscopie équine, il est possible d’en citer certains, soit plus adaptés à la chirurgie chez cette espèce, soit qui aident le chirurgien à être plus performant.

– Le grand laparoscope (57 cm), avec une vision à 30°, a été adapté pour les praticiens équins.

– Le laparoscope de 2 mm (qui peut être introduit dans une aiguille de Veress) permet un abord encore moins invasif.

– Le suspensoir aide l’assistant à tenir le laparoscope pendant les longues interventions.

– Le pousse-nœud (57 cm) permet de faire des clés et de répandre la technique de la laparoscopie équine dans les blocs qui ne possèdent pas de matériels sophistiqués.

– Le trocard d’un diamètre de 2,5 cm sert à faire passer des aiguilles plus grandes que celles utilisées en laparoscopie humaine et est utile pour la ligature du ligament néphrosplénique.

– Le Ligasure(r) est un dispositif chirurgical facile d’utilisation et fiable, pour réaliser l’hémostase des tissus (par thermofusion), puis leur section.

– Enfin, la suture barbelée (barbed suture) est peu répandue, mais constitue une réelle avancée pour les hernioplasties.

Techniques

La laparoscopie équine s’est beaucoup développée au cours des dernières décennies et l’auteur a, en particulier, participé à la promotion des techniques suivantes.

– L’utilisation du Ligasure(r) pour l’ovariectomie, la cryptorchidectomie et l’adhésiolyse.

– La hernioplastie : la hernie inguinale étranglée est la conséquence du passage de l’intestin, en général l’intestin grêle, dans l’anneau vaginal. La réalisation d’un flap de péritoine, afin de rétrécir l’ouverture de celui-ci, pourrait prévenir les hernies inguinales. Malgré les bons résultats obtenus, il semble plus simple de réaliser un surjet au niveau de l’anneau vaginal au moyen d’une suture barbelée. L’aspect préventif de ces techniques est, en revanche, encore à démontrer.

– L’utilisation du pousse-nœud pour terminer le surjet de la suture de l’espace néphrosplénique. Cet instrument est très utile et pratique. Il reste, toutefois, à établir si cette intervention chirurgicale a vraiment un caractère préventif.

– L’infiltration des ligaments ovariens : cette technique est mise en œuvre chez les juments qui présentent une douleur des ligaments ovariens. Elle consiste à infiltrer ces ligaments avec l’aide d’un mini-endoscope. Les résultats obtenus semblent intéressants.

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