Signes cliniques de la forme aiguë de la leptospirose chez le chien - La Semaine Vétérinaire n° 1631 du 22/05/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1631 du 22/05/2015

SYNTHÈSE

Pratique canine

FORMATION

Auteur(s) : Serge Trouillet

Le récent consensus européen sur la leptospirose1 dresse le panorama des principaux signes cliniques observés lors de l’apparition de la forme aiguë, la plus classique chez le chien. Les signes généraux sont une hyperthermie, relativement inconstante, une anorexie, une déshydratation, une congestion des muqueuses et une douleur abdominale. À côté de ces signes généraux, des symptômes plus spécifiques d’atteintes d’organes, notamment des reins et du foie, se manifestent. Chez les humains avec une forme pulmonaire hémorragique, et occasionnellement chez le chien, les signes respiratoires peuvent dominer le tableau clinique.

Signes rénaux

Ils traduisent une insuffisance rénale aiguë, qui se caractérise parfois par une oligurie ou une anurie (observées dans 30 % des cas). Les signes cliniques associés incluent une polyuro-polydipsie. Celle-ci se développe avec ou sans azotémie et résulte d’un dysfonctionnement tubulaire ou est due à une résistance acquise à la vasopressine. Les leptospires peuvent causer une hypokaliémie spécifique.

Signes hépatiques

L’atteinte du foie peut se manifester par une élévation moyenne des enzymes hépatiques, avec ou sans hyperbilirubinémie, et conduire à une insuffisance hépatique sévère, avec des signes d’encéphalopathie hépatique. Lorsqu’une hépatite aiguë se développe, elle se caractérise par un ictère parfois flamboyant (muqueuses tirant sur l’orange). Des troubles digestifs (vomissement, diarrhée) peuvent provenir de l’atteinte rénale et hépatique, accompagnés de saignements. Les sérovars Grippotyphosa et Australis sont associés à des cas d’hépatite chronique, mais plus d’études sont nécessaires pour montrer, ici, la réelle implication de la leptospirose.

Signes respiratoires

Les signes respiratoires sont plus récemment décrits. La détresse respiratoire aiguë liée à la leptospirose est accompagnée d’anomalies radiographiques, qui peuvent être observées en l’absence de signes cliniques. Ces symptômes (tachypnée, dyspnée) sont dus à un œdème pulmonaire, une pneumonie d’aspiration, une douleur ou une acidose. Cependant, les cliniciens doivent aussi prendre en compte le syndrome hémorragique pulmonaire comme une cause de dyspnée chez les animaux atteints de leptospirose. Les chiens développent une hémorragie intra-alvéolaire multifocale, rapidement progressive, qui mène, dans certains cas, à une hémoptysie massive et à une insuffisance respiratoire. Cette forme est associée à un taux de mortalité supérieur à 70 %. Les hémorragies intra-alvéolaires sont détectables même chez les chiens sans symptômes respiratoires. Ainsi, cette forme est certainement sous-diagnostiquée.

Autres signes

D’autres signes accompagnent la leptospirose, par exemple des saignements (épistaxis, pétéchies, ecchymoses, suffusions). Une douleur peut être observée, en lien avec une fièvre, une myosite, une méningite, et/ou une inflammation au sein d’organes comme les reins ou le pancréas. La pancréatite est une séquelle décrite chez l’homme, qui se développe parfois chez les chiens et explique une douleur abdominale aiguë, aussi bien qu’une anorexie et des vomissements. Des manifestations cardiaques (tachy-arythmies ventriculaires, élévations du taux de troponine) sont décrites. Des lésions ophtalmiques (augmentation de la sécrétion lacrymale, décharges mucopurulentes, diminution des réflexes pupillaires, conjonctivite, congestion sclérale, hyphéma, œdème de la papille, des lésions de la rétine, uvéite) sont possibles.

  • 1 Schuller S., Francey T., Hartmann K. et coll. European consensus statement on leptospirosis in dogs and cats. J. Small Anim. Pract. 2015;56:159-179.

Une implication de plusieurs organes

Une étude1 évalue les principaux organes touchés chez 298 chiens atteints d’une leptospirose aiguë. 99,7 % présentent une maladie rénale, 35,4 % une affection hépatique (hyperbilirubinémie), 68,8 % un trouble pulmonaire et 18,4 % des signes de coagulation intravasculaire disséminée. Chez la plupart des chiens (43,6 %), deux organes sont impliqués. Un seul l’est pour 24,5 % des animaux, trois pour 23,2 % et quatre pour 8,7 %.

1 Major A. et coll. Increasing incidence of canine leptospirosis in Switzerland. Int. J. Environ. Res. Public Health 2014;11:7242-7260.

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