Les multiples facettes de la gestion de la douleur - La Semaine Vétérinaire n° 1625 du 10/04/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1625 du 10/04/2015

Analgésie

Actu

SANTÉ ANIMALE

Auteur(s) : Hélène Rose

Nociception, douleur, analgésie, lutte contre l’hyperalgésie, etc., sont autant de notions abordées de manière vivante et confraternelle par Thierry Poitte lors des journées de formation qu’il anime sur la prise en charge de la douleur.

Après être déjà intervenu dans plusieurs villes de province depuis le début de l’année, Thierry Poitte a présenté, le 12 mars dernier, la première session parisienne de la formation Cap Douleur® que ce praticien de l’Île de Ré anime avec le soutien de Merial. Jusqu’à fin mai 2015, 14 dates et lieux ont ainsi été retenus1. Un deuxième volet, plus orienté sur les questions managériales, est prévu pour 2016.

Pourquoi s’y intéresser ?

Transdisciplinaire, la gestion de la douleur est essentielle à la qualité de vie des animaux qui nous sont amenés en consultation. Sa prise en charge répond, en outre, à une attente de plus en plus forte des propriétaires. Notre confrère conseille d’ailleurs aux participants de désigner dans chacune de leurs structures un vétérinaire référent. Celui-ci est chargé de caractériser, d’évaluer et de traiter tous les types de douleur, qu’elle soit aiguë (traumatisme, inflammation, etc.) ou chronique (arthrose, cancer, etc.), liée ou non à une intervention chirurgicale, ainsi que les répercussions associées sur le comportement de l’animal (dépression, par exemple, lors de douleur chronique). La désignation d’une ASV “référente douleur” permet de déléguer des activités essentielles mais chronophages, comme l’enrichissement de l’environnement lors d’hospitalisation, les caresses, ou le suivi de l’évolution de la douleur au moyen de grilles d’évaluation. La mise en place de consultations dédiées à la douleur est un moyen pour le praticien de valoriser son implication sur ce sujet auprès de sa clientèle. S’appuyant sur ce qu’il a lui-même instauré, Thierry Poitte souligne que cela améliore la relation avec les clients, favorise l’observance des traitements et augmente la fréquence des visites de suivi.

Suivre une démarche rigoureuse

Des connaissances de base en physiologie sont nécessaires pour comprendre les modes d’action des différentes molécules, que notre confrère rappelle en les agrémentant d’exemples pratiques. Pour lui, « la douleur est comme un couloir avec des portes », qu’il convient de fermer en agissant à différents niveaux, que ce soit en périphérie (anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS, anesthésiques locaux, etc.) ou au niveau de la jonction avec la moelle épinière (gabapentine, opioïdes, kétamine, etc.) ou du tronc cérébral (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, tel que la fluoxétine). Plusieurs techniques de physiothérapie (massages, laser, TENS2, etc.) et des mesures diététiques sont également utiles. Les différentes composantes de la douleur sont à évaluer. Celle sensorimotrice peut être explorée selon la méthode TILT, qui consiste à déterminer son type (douleur nociceptive, inflammatoire, neuropathique, etc.), son intensité, le lieu concerné (étendue et origine des lésions) et le temps, c’est-à-dire la durée d’évolution. La composante émotionnelle se caractérise par la présence ou non d’anxiété ou de dépression. La composante comportementale se traduit, entre autres, par des vocalises et des attitudes antalgiques. Différentes grilles, validées ou non, existent pour guider cette évaluation. Thierry Poitte invite chacun à les utiliser, voire à les personnaliser pour se les approprier au quotidien. Une application via Internet, Dolodog®, sera également bientôt disponible. Cette démarche permet d’établir un plan de traitement propre à chaque situation douloureuse, pour chaque animal, qui est ensuite adapté selon l’évolution.

Pour notre confrère, la prise en charge de la douleur est une voie d’avenir pour la profession, y compris au plan pharmacologique. « De nombreux produits vont être mis sur le marché dans les années à venir, mais il faudra toujours les associer pour contrôler efficacement la douleur. »

  • 1 Deux nouvelles sessions sont programmées : à Paris, le 16 avril, et à Bordeaux, le 28 mai.

  • 2 Transcutaneous electrical nerve stimulation ou neurostimulation électrique transcutanée.

Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus

Boutique

L’ouvrage ECG du chien et du chat - Diagnostic des arythmies s’engage à fournir à l’étudiant débutant ou au spécialiste en cardiologie une approche pratique du diagnostic électrocardiographique, ainsi que des connaissances approfondies, afin de leur permettre un réel apprentissage dans ce domaine qui a intrigué les praticiens pendant plus d’un siècle. L’association des différentes expériences des auteurs donne de la consistance à l’abord de l’interprétation des tracés ECG effectués chez le chien et le chat.

En savoir plus sur cette nouveauté
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Agenda des formations

Calendrier des formations pour les vétérinaires et auxiliaires vétérinaires

Retrouvez les différentes formations, évènements, congrès qui seront organisés dans les mois à venir. Vous pouvez cibler votre recherche par date, domaine d'activité, ou situation géographique.

En savoir plus


Inscrivez-vous gratuitement à nos Newsletters

Recevez tous les jours nos actualités, comme plus de 170 000 acteurs du monde vétérinaire.

Vidéo : Comment s'inscrire aux lettres d'informations du Point Vétérinaire

Retrouvez-nous sur
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr