Les troubles musculaires chez le cheval d’endurance - La Semaine Vétérinaire n° 1622 du 20/03/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1622 du 20/03/2015

Formation

ÉQUIDÉS

Auteur(s) : Céline Robert*, Marine Neveux**

Fonctions :
*enseignante à Alfort, associée
à l’équipe génétique Inra.

Les troubles musculaires sont une des principales causes de contreperformance chez le cheval d’endurance.

La rhabdomyolyse d’effort sporadique est souvent liée à une inadaptation entre l’entraînement et l’effort de course. Elle peut aussi résulter d’une mauvaise gestion de l’alimentation : excès de glucides, déficit en vitamine E, sélénium et électrolytes.

Les myopathies par surcharge en polysaccharides (PSSM) sont assez peu fréquentes chez le cheval arabe, seuls 2,5 % de ceux qui présentent ces troubles sont positifs pour les PSSM.

PRÉSENTATION CLINIQUE

Les signes cliniques sont marqués par une sudation locale ou générale, une raideur, une boiterie postérieure, un inconfort, une douleur, des fréquences cardiaque et respiratoire augmentées.

La présentation clinique varie en fonction de l’intensité. Le 1er stade est caractérisé par une boiterie légère et une myoglobinurie associée. Le cheval sera éliminé au contrôle vétérinaire. Le stade suivant désigne une boiterie unilatérale avec, parfois, un œdème du groupe musculaire (fessiers). Le 3e stade est associé à une boiterie bilatérale, à une douleur accentuée et à un refus de se déplacer. Le 4e stade, à un décubitus dans les cas les plus graves, notamment lorsque le cheval se couche sur la piste (parfois seulement au bout de quelques kilomètres).

En endurance, les signes cliniques sont parfois frustres et leur manifestation est retardée : le cheval est raide au contrôle vétérinaire ou fatigué au premier passage de piste, puis 30 à 40 min après, il présente des signes beaucoup plus caractéristiques.

LA GESTION

La première urgence est de restaurer la perfusion musculaire et rénale : il est nécessaire d’éliminer la myoglobine, qui est toxique. Pour cela, utiliser du Ringer lactate ou du chlorure de sodium à raison de 8 à 10 l/h, puis diminuer les doses. Le cheval est perfusé au moins jusqu’à ce qu’il urine. Ensuite, il importe de gérer la douleur. Une légère sédation du cheval peut être réalisée (petite dose d’α2-agonistes, quart de dose ou demi-dose). Des AINS pourront aussi être utilisés pour la gestion de la douleur, mais, en raison de la potentielle toxicité rénale, il convient d’attendre que le cheval ait été réhydraté.

Les soins de support sont aussi utiles : couverture, litière épaisse, suspension du cheval dans des sangles pour éviter l’écrasement musculaire de l’animal couché.

Le cheval est d’abord maintenu au box strict 2 jours minimum. Après, il y est laissé le moins longtemps possible. Il est ensuite recommandé de le faire marcher au pas et dans un petit paddock. Il convient d’éviter de reprendre le travail trop rapidement. Le pronostic varie en fonction de l’intensité de la crise, d’une éventuellement atteinte rénale, de la récupération et de la cause.

LA PRÉVENTION

Pour prévenir, il faut chercher la cause des troubles. La myopathie sporadique peut résulter d’une erreur de préparation dans la course.

Lors de myopathie récidivante, d’éventuels facteurs favorisants sont à identifier.

L’alimentation, chez le cheval d’endurance, est déjà à base de fourrage qui en représente 75 %. L’apport d’énergie se fait sous forme de matière grasse. Gérer le stress et l’excitabilité est primordial. Il est important de choisir les courses, de prévoir un temps de récupération durant le transport (car le cheval fatigue ses muscles), d’évaluer la possibilité de faire des paddocks sur le site, de préparer le départ, etc.

Lors de la course, il est préférable de modifier a minima les conditions du cheval.

LES GESTES À ÉVITER LORS DE MYOSITE D’EFFORT

→ Forcer le cheval à marcher est très douloureux en cas de troubles et aggrave la libération des toxines. Il convient donc de traiter l’animal sur place.

→ Dans un premier temps, le transport du cheval n’est pas recommandé, pour limiter l’effort musculaire.

→ L’anesthésie est contre-indiquée en raison d’un écrasement possible du muscle.

→ Éviter de sédater, car cela modifie la perfusion tissulaire.

→ Ne pas administrer de diurétiques, au moins dans un premier temps, pour ne pas aggraver la déshydratation.

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