LA VIE DE VÉTO AU PARC DE BRANFÉRÉ - La Semaine Vétérinaire n° 1618 du 20/02/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1618 du 20/02/2015

Reportage

Auteur(s) : Carole André

Vanessa Fretay (N 2007) travaille au sein de la clinique du parc zoologique de Branféré, en Bretagne. Chameaux, wallabys, singes, phoques… Notre consœur a en charge plus de 70 espèces animales.

Justin, soigneur au zoo de Branféré, entre dans la salle de consultation avec un wallaby. Vanessa Fretay, vétérinaire attitrée du parc morbihannais, l’endort. C’est le vingt-cinquième wallaby mâle qui passe sur la table d’opération en quelques jours. « Nous profitons de la fermeture du parc au public pendant l’hiver pour faire nos grandes campagnes de stérilisation, explique Vanessa. Cette année, nous menons une campagne “wallaby”. Nous devons capturer et stériliser tous les jeunes mâles pour éviter les bagarres et les risques de consanguinité ». Dans le parc, ces animaux se promènent en semi-liberté. Habitués à l’homme, ils sont tout de même difficiles à capturer, car il faut les attraper sans utiliser d’anesthésique pour vérifier leur sexe. Inutile en effet d’endormir une femelle qui ne devra pas être opérée ! Au final, une cinquantaine de mâles seront castrés durant la saison.

« J’ai consacré ma thèse aux carnivores, mais j’avais un penchant pour la faune sauvage, se souvient la jeune femme, qui exerce à temps plein à Branféré depuis 2010. Pour ma formation, j’ai suivi le vétérinaire du Bioparc de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire),qui m’a fait connaître les espèces sauvages ».

Des urgences au medical training

Consciente d’appartenir au cercle restreint des vétérinaires de parcs zoologiques, Vanessa ne boude pas son plaisir. « J’ai la chance d’exercer un métier qui me plaît. De plus, le directeur du parc me donne beaucoup d’autonomie pour mener à bien mes missions ». Il lui a même fait construire une clinique en 2012. Sur 60 m2, quatre salles ont été aménagées pour la consultation, les opérations, le réveil (équipée de cages), l’imagerie et l’autopsie. Le matériel médical provient d’un don de l’hôpital de Vannes. Plus de 70 espèces animales sont réunies à Branféré (et autant d’espèces végétales remarquables). Vanessa dispose de tout ce qu’il faut pour opérer un animal jusqu’à une quarantaine de kilos. Les bêtes plus grosses sont soignées directement dans leur enclos. Elle gère les urgences ainsi que le suivi sanitaire, les vaccinations, la chasse aux parasites et le medical training, qui consiste à aller régulièrement voir les animaux pour les habituer à sa présence et à accepter les gestes médicaux de base.

L’été, au plus fort de la saison touristique, la vétérinaire travaille surtout tôt le matin et le soir. Il est important d’éviter le plus possible les interventions devant le public, même si les animaux sont aussi malades l’été que l’hiver.

Une faune sauvage suivie à la trace

Après deux opérations de wallabys, Vanessa est appelée par les soigneurs des primates pour réaliser des prises de sang sur des capucins. Elle s’empare de son sac à dos rempli de matériel médical. « J’ai vu un reportage à la télé sur les urgentistes du Samu, remarque notre collègue. Je me suis dit que les sacs qu’ils portaient pour aller sur les théâtres d’opération étaient exactement ce qu’il me fallait pour me déplacer dans le parc avec tout mon matériel. »

À l’aide d’une épuisette et munie de gants, elle pénètre dans la cage des capucins pour les attraper. « Il faut agir vite afin de ne pas les stresser, commente-t-elle. Cela me donne une petite montée d’adrénaline à chaque fois ! » Une fois l’animal endormi, elle doit prélever du sang. Elle en profite pour vérifier les puces électroniques des petits primates. « Certains sont vieux et sont tatoués. Ils n’ont pas encore ét pucés, explique la jeune femme. Nous devons le faire, car nous avons l’obligation de tracer nos animaux. » Toutes ces interventions engendrent beaucoup de paperasses, qu’elle effectue en fin de journée. Les animaux des parcs zoologiques font partie de programmes européens de conservation et ils doivent être précisément répertoriés. La vétérinaire attend patiemment que les petits singes se réveillent avant de poursuivre une autre activité.

Vanessa tient également à jour un journal, qu’elle met à disposition de tous les employés du parc. Les informations relatives à l’état de santé des animaux y sont consignées. Chaque semaine, les soigneurs attendent avec impatience des nouvelles de leurs protégés. « Je me suis prise au jeu et je tiens ce classeur à jour, car le personnel y est attentif », dit-elle.

De son côté, Justin a déjà capturé deux autres wallabys. C’est le moment de retourner en salle d’opération.

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