Notions zootechniques et dominantes pathologiques de la poule de compagnie - La Semaine Vétérinaire n° 1614 du 23/01/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1614 du 23/01/2015

Formation

NAC

Auteur(s) : Alain Panaget*, Charlotte Devaux**

Fonctions :
*praticien à Janzé
(Ille-et-Vilaine). Article tiré d’une webconférence
organisée par Virbac,
le 11 décembre 2014.

La poule de compagnie connaît actuellement un vif succès auprès des Français. Le vétérinaire peut désormais s’attendre à recevoir cet animal en consultation, comme un NAC à part entière.

ZOOTECHNIE ET PHYSIOLOGIE

La poule a un angle de vision de 300 degrés, mais ne voit en trois dimensions que sur 30, ce qui l’oblige à tourner la tête pour mieux voir. Elle est capable de distinguer les couleurs. Ainsi, l’utilisation d’une mangeoire colorée stimule la consommation alimentaire. Organe du toucher, le bec permet de trier et de choisir l’alimentation selon les goûts. La poule n’aime pas l’acidité et refuse, par exemple, de manger les écorces d’orange et de citron. Il s’agit d’un animal social, ce qui impose un minimum de deux poules dans un élevage, même familial. Il existe une hiérarchie nette entre les oiseaux : l’arrivée d’un nouvel individu dans un groupe est à surveiller, car des bagarres peuvent survenir au début. Il n’est pas nécessaire d’avoir un coq : son chant est susceptible de géner le voisinage. Il peut se révéler être un véritable “harceleur sexuel” si le nombre de poules est insuffisant ! De plus, il peut être dangereux pour les enfants (ergots).

Un poulailler fermé est nécessaire pour protéger les poules des prédateurs (renards, fouines, rapaces et chiens). Il est équipé d’un perchoir. Si la poule n’a pas accès à l’extérieur, il doit également lui permettre de gratter et comporter un bac rempli de cendres (bains de poussières). La poule boit environ 10 % de son poids vif par jour, soit 30 à 40 cl d’eau (le double s’il fait chaud). L’eau doit être potable faute de quoi les œufs peuvent être contaminés. La poule mange quotidiennement entre 100 et 150 g d’aliment. Son régime alimentaire se compose des déchets organiques de la cuisine (sauf les pommes de terre vertes et germées, qui contiennent de la solanine toxique), à compléter avec un aliment complet du commerce. L’écuelle de nourriture est à remplir une fois par jour seulement afin qu’elle soit entièrement vidée et que les particules les plus fines, qui contiennent le complément minéral vitaminé, soient consommées.

NOTIONS D’ANATOMIE

La poule dispose de sacs aériens. Il existe donc une continuité entre le thorax et l’abdomen, qui est souvent responsable de la transformation des affections pulmonaires en péritonite et inversement. La poule ne possède pas de vessie. Elle élimine ses déchets azotés sous forme d’urates, qui sont évacués en même temps que les fèces sous un aspect blanchâtre.

L’œsophage comprend une partie dilatée où les aliments trempent dans du mucus. Ce jabot est facilement palpable en avant de la cage thoracique. Son état de remplissage permet de savoir si l’oiseau a mangé ou non. Le gésier permet le broyage des aliments grâce à sa paroi musculeuse et aux cailloux ingérés (le grit). Enfin, la poule ne possède pas de sphincter : elle dépose des fèces partout, ce qui souille son environnement.

PLACE DU VÉTÉRINAIRE

La consultation idéale à favoriser est celle du conseil avant l’achat. Il faut provoquer la demande, notamment en communiquant des informations sur les poules en salle d’attente. « Une vraie consultation est à faire payer comme pour tout autre animal. Au regard du prix de l’investissement de la poule et du poulailler, le tarif de la consultation n’est pas un problème », souligne le conférencier. Le souci pour le praticien consiste à se documenter : la bibliographie vétérinaire est assez pauvre et ancienne, tandis que, du côté du grand public, la littérature de vulgarisation est abondante avec une revue entièrement consacrée (Poules et Jardin).

TRANSPORT ET PRISE EN CHARGE

La poule est à transporter dans une caisse prévue à cet effet. Il est préférable de lui éviter la cohabitation avec les chiens et les chats dans la salle d’attente. Cet oiseau est sensible aux vibrations, il est donc conseillé de les éviter autant dans la caisse que sur la table de consultation. Le premier acte à effectuer est la pesée (le poids est compris entre 2 et 2,5 kg pour une poule pondeuse, moins de 1 kg pour une poule naine).

Pour apprécier la note d’état corporel, le bréchet (crête sternale) est palpé : si les muscles de part et d’autre sont concaves, cela signe une amyotrophie. Si la palpation met en évidence une déformation, cela révèle un historique de carence minérale. Une ampoule au niveau du bréchet relève d’une irritation et soulève la question du confort du perchoir ou de la litière.

MOTIFS DE CONSULTATION LES PLUS FRÉQUENTS

Grattage

Énervantes pour la poule et inquiétantes pour le propriétaire, les démangeaisons ne sont pas graves la plupart du temps. Le recueil des commémoratifs (atteinte d’une ou de toutes les poules, durée, etc.) permet d’orienter le diagnostic. La première cause de démangeaison est parasitaire, avec le pou gris notamment. Ce dernier est transmis par les animaux sauvages tels que les moineaux. Il peut être visualisé en soulevant les plumes. Il se nourrit de plumes et de l’épiderme mort. Il entraîne un picage, mais est moins nocif que le pou rouge. Dermanyssus gallinae est en effet l’ennemi numéro un des poules en élevage industriel. Hématophage, il peut provoquer une anémie sévère. Il est également susceptible de piquer le propriétaire. Le pou rouge n’est pas directement visible sur la poule : il vit dans le bâtiment.

Boiterie

Lors de boiterie, il convient de ne pas se focaliser sur la patte et de tenter de faire marcher la poule. Si cette dernière refuse de se déplacer, une altération globale de l’état général, avec une amyotrophie ou une cachexie, est possible. Localement, au niveau des pattes, les causes de boiteries sont multiples : fracture, bague trop serrée, dermatite par un mauvais entretien du sol ou arthrite.

Chez la poule, une arthrite est toujours grave et résulte souvent d’une complication d’une maladie générale. La dermatite peut être prévenue par une litière de qualité, suffisamment absorbante pour éviter que les fèces ne collent aux pattes.

Picage

Il s’agit d’abord de différencier un picage vrai du gène récessif “cou nu”, qui donne à la poule un aspect piqué. Il convient ensuite de dépister une éventuelle carence alimentaire en sels ou en vitamines, puis d’examiner l’environnement. La poule s’ennuie-t-elle ? Y a-t-il des problèmes de dominance ? Dispose-t-elle d’un perchoir pour s’éloigner des congénères hostiles ? Lors de problèmes de dominance, il importe de séparer la poule attaquée jusqu’à la guérison complète avant d’essayer de la réintroduire dans le groupe.

Toux

Ce symptôme se manifeste souvent après l’achat : les poules qui évoluent entre 22 et 23 °C en animalerie subissent un choc thermique en arrivant dans le jardin. Lors de toux, la poule peut souffrir d’une hyperthermie de 42 à 45 °C (la température normale est de 41 °C). La température se prend en mettant l’animal sur le dos. En cas d’hyperthermie, un traitement antibiotique est ajouté à l’eau de boisson ou réalisé en injection sous-cutanée par le propriétaire.

Diarrhée

Il convient tout d’abord de différencier les diarrhées des fèces normales. La poule produit deux types de fientes : celles cæcales, de couleur marron et de consistance liquide, et celles intestinales, moulées et surmontées du dépôt blanchâtre d’urate. Lors de vraie diarrhée, l’examen met en évidence des salissures au niveau des plumes. Dans ce cas, il importe de surveiller la qualité de l’eau, sa quantité et la façon de la distribuer. Ensuite, un traitement antiparasitaire est instauré (contre les helminthes ou les coccidies), en gardant à l’esprit que les coccidies sont peu fréquentes chez les poules pondeuses, sauf chez les jeunes au moment de l’achat.

Absence de ponte

Le dimorphisme sexuel étant tardif chez cette espèce, la première chose à faire est de vérifier que ladite poule n’est pas un coq ! Une poule pond à partir de 17 à 20 semaines. Une poule rousse produit 250 à 300 œufs par an dans des conditions lumineuses parfaites, les autres races 150 à 200 œufs par an. Les poules naines pondent autour de 50 à 60 œufs par an.

Pendant l’hiver, la poule mue, se déplume un peu et arrête de pondre. Elle reprend une ponte importante au printemps grâce à l’augmentation de la durée du jour. La deuxième année, la ponte sera inférieure à la première. Une poule a un potentiel de ponte de plus de 500 œufs pendant ses sept à huit ans de vie. Des anomalies des œufs peuvent se présenter, avec des œufs ridés lors d’inflammation de l’oviducte, ou mous lors de manque de calcium. Le plus souvent, l’absence de ponte est physiologique et n’inquiète le propriétaire que parce qu’il s’attend à avoir un œuf par jour tout au long de la vie de la poule.

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