Les poissons souffrent-ils ? - La Semaine Vétérinaire n° 1613 du 16/01/2015
La Semaine Vétérinaire n° 1613 du 16/01/2015

LE BILLET “ÉCOLO”

Entre nous

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Auteur(s) : Marc Vassart

Fonctions : (A 86)

Deux chercheurs défendent des positions radicalement différentes. D’un côté, Lynne U. Sneddon (université de Liverpool), de l’autre, James D. Rose (université du Wyoming).

En 2002, à la demande des sociétés de pêche américaines, Rose a rédigé une synthèse sur la perception de la douleur par les poissons. Il en concluait que ces animaux ne souffrent pas. Cet article est, depuis, largement utilisé par ceux qui sont favorables à ses conclusions.

Rose joue adroitement sur le fait que la douleur n’a pas de définition précise unanimement reconnue. Sneddon a actualisé les critères de Bateson (1992), elle a notamment ajouté « l’arrêt d’un comportement normal sur une période prolongée ».

Donc les poissons souffrent s’ils ont des nocirécepteurs, si l’information douloureuse peut être conduite vers le cerveau, s’ils possèdent des récepteurs opioïdes et des endorphines, si les analgésiques peuvent réduire les réponses adverses à un événement douloureux. L’animal doit également apprendre à éviter un stimulus douloureux (et ceci, très rapidement). Enfin, son comportement normal, sous la douleur, doit être affecté durablement.

Les poissons remplissent tous ces critères. Pour le dernier, précise Sneddon, un stimulus nociceptif peut modifier le comportement d’un poisson jusqu’à six heures après son apparition. Rose rétorque qu’ils ne peuvent souffrir car ils n’ont pas de néocortex indispensable à l’interprétation des signaux envoyés par ces récepteurs. Selon lui, il ne s’agit que d’une détection inconsciente d’un stimulus douloureux et pas d’une douleur consciente.

Suivre Rose revient à admettre que seuls les animaux qui réussissent le test de la conscience souffrent. Les animaux conscients se reconnaissent dans un miroir et retirent une gommette de couleur collée sur leur front. À ce jour, seuls les grands singes, les dauphins et les éléphants passent le test. Donc, selon Rose, ces derniers uniquement souffrent réellement, ce qui va à l’encontre du sens commun. Que la souffrance soit différente ne signifie pas qu’elle n’existe pas. Les poissons souffrent-ils ? « Oui », ou « peut-être », ou « différemment », mais « non », certainement pas.

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