Un praticien sur cinq opposé à l’interdiction de remises sur les antibiotiques - La Semaine Vétérinaire n° 1549 du 30/08/2013
La Semaine Vétérinaire n° 1549 du 30/08/2013

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Auteur(s) : Éric Vandaële

Le plan ÉcoAntibio 2017 et la menace du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, sur le couplage prescription-délivrance ont, à l’évidence, marqué l’opinion des vétérinaires. Selon notre sondage en ligne sur WK-Vet.fr, une large majorité – plus de six praticiens sur dix – est très favorable (33 %) ou favorable (29 %) à l’interdiction de toute remise et de tout contrat commercial sur les antibiotiques. Un sur cinq y est très opposé (10 %) ou opposé (10 %). Les indécis (5 %), ou ceux qui ne s’intéressent pas à cette question commerciale (13 %), représentent aussi un peu moins d’un vétérinaire sur cinq.

Dans leur rapport1 sur la mesure 29 du plan ÉcoAntibio 2017, les quatre inspecteurs des ministères de l’Agriculture, de la Santé et des Finances recommandent d’interdire les remises ou toutes autres formes d’incitation commerciale à l’achat des antibiotiques. Surtout, ce document écarte, « dans l’immédiat », la menace du découplage prescription-délivrance tel qu’il existe en médecine humaine. Car le résultat serait « désastreux pour le maillage vétérinaire en zone rurale » et probablement « inefficace » pour réduire les consommations d’antibiotiques, du fait d’un risque accru de compérage entre les pharmaciens et les vétérinaires. Son bénéfice n’est d’ailleurs pas établi dans les pays d’Europe qui l’ont mis en œuvre. Pour la mission “mesure 29”, l’interdiction de toute forme d’incitation à l’achat d’antibiotiques serait une option beaucoup plus efficace et moins risquée.

Même si en majorité les vétérinaires approuvent désormais cette mesure, nombre d’entre eux ne semblent pas croire à son efficacité, selon les commentaires laissés sur notre site internet. « Je la conçois pour des raisons d’image vis-à-vis du profane », fait remarquer un praticien rural. Mais « ceux qui vendent des antibiotiques uniquement pour augmenter leur chiffre d’affaires en vendront plus pour rattraper leurs marges. Cette interdiction sera inutile », prédit un confrère, très opposé à cette mesure.

Le « prix unique du médicament » reste une idée soutenue par plusieurs praticiens très favorables à l’interdiction des remises. « C’est mieux que rien, mais la meilleure solution, pour moi, serait le prix unique du médicament (au moins des antibiotiques), quel que soit l’ayant droit (vétérinaire ou pharmacien), observe un confrère. Cette mesure réduirait la distorsion de concurrence entre les praticiens de terrain et les pharmaciens ou vétérinaires “affairistes”. Cela limiterait donc les ventes abusives de médicaments à des éleveurs, persuadés de faire une bonne affaire en remplissant leur pharmacie d’antibiotiques critiques en gros flacons de 250 ml. »

La lutte contre l’automédication serait une mesure plus efficace que l’interdiction des remises pour de nombreux confrères. Mais rendre plus compliqué l’accès aux antibiotiques serait plus coûteux pour l’éleveur.

Les génériques sont toujours sur le banc des accusés pour de nombreux praticiens. « La guerre des génériques conduit à ce que des laboratoires proposent 100 % d’unités gratuites pour des antibiotiques critiques. Cela pousse sans doute à la consommation. Et c’est malsain… En même temps, il faut bien trouver l’argent là où il est ! », commente un confrère rural.

« Arrêtons les contrats et les remises sur tous les médicaments, et faisons baisser leurs prix d’achat. Cela serait plus sain ! », s’indigne un autre. Ce n’est pourtant pas l’option choisie par la mission “mesure 29”. L’interdiction ne devrait pas s’étendre aux autres classes non antibiotiques. Car elle serait alors « non proportionnée » à l’objectif poursuivi du plan ÉcoAntibio, voire contre-productive pour inciter à la prévention vaccinale en alternative aux antibiotiques. Néanmoins, les remises de gammes ou sur des chiffres d’affaires qui incluraient des antibiotiques, seraient prohibées.

Ces mesures devraient être débattues dans le projet de loi d’avenir de l’agriculture dont le dépôt a été reporté au début de l’année 2014.

  • 1 Voir La Semaine Vétérinaire n° 1548 du 12/7/2013 en pages 10-11.

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