Impact des traitements face aux contrôles antidopage - La Semaine Vétérinaire n° 1533 du 29/03/2013
La Semaine Vétérinaire n° 1533 du 29/03/2013

Formation

ÉQUIDÉS

Auteur(s) : HÉLÈNE BOURGUIGNON*, MARIE GRANDCOLLOT-CHABOT**, SOPHIE PAUL-JEANJEAN***

Fonctions :
*Fédération nationale des courses françaises.
**Agence française de lutte contre le dopage. Article tiré de la conférence « De la prescription au contrôle positif : les erreurs à éviter », présentée lors du congrès de l’Avef 2012 à Reims.

Une partie des cas positifs décelés lors des contrôles de médications pourraient être évités par le respect de certaines précautions. Outre celles liées à des fautes de gestion d’écurie, certaines détections positives sont dues à des erreurs en relation directe avec la prescription. Aujourd’hui, tous les praticiens sont confrontés à l’impact des traitements face aux contrôles antidopage, qui interviennent tant en compétition qu’à l’entraînement, mais aussi chez les chevaux de course lorsqu’ils sont au repos ou en élevage.

CONTOURS DU DOPAGE

La France a choisi depuis toujours un système rigoureux, qualitatif, qui proscrit la possibilité de concourir sous médication. C’est pourquoi aucune substance non autorisée ne doit être présente dans les prélèvements effectués lors d’un contrôle en course ou en compétition équestre.

Ces substances sont classées selon leur type d’activité sur les différents systèmes corporels. Les seules autorisées en compétition (courses et sports équestres) sont les antiparasitaires stricts (excepté le lévamisole en raison de ses propriétés également immunostimulantes), celles présentes dans les vaccins agréés pour la lutte contre les agents infectieux, et les anti-infectieux (sauf ceux contenant de la procaïne).

En course hippique, les chevaux doivent avoir éliminé les traitements reçus dès lors qu’ils sont déclarés partants, soit 48 à 72 heures avant le départ. Le Code des courses au trot exige en outre de n’administrer aucune substance prohibée au cheval à partir de son engagement, soit généralement sept jours avant la course.

En sports équestres, la réglementation interdit les mêmes substances, à deux exceptions près. En effet, l’arrêté du 2 mai 2011 autorise désormais l’utilisation de l’altrénogest et de l’oméprazole, dans un cadre précis et sur prescription vétérinaire : le premier pour traiter les troubles du comportement chez les juments en liaison avec le cycle œstral, le second pour traiter les ulcères gastriques chez les équidés.

Hors du cadre des compétitions, pour chaque traitement qui nécessite l’emploi d’un ou de plusieurs produits inclus dans l’une des catégories de substances prohibées, l’entraîneur doit être en possession d’une ordonnance conforme à la législation en vigueur.

DÉLAIS D’ÉLIMINATION

Le temps d’attente avant toute compétition n’est pas une information obligatoire, mais en raison du devoir de conseil qui incombe au praticien, il est recommandé d’inscrire un délai à titre indicatif, assorti de certaines précautions, comme une mention du type : « Délai dopage donné à titre indicatif : xxx. Une analyse de dépistage peut néanmoins être effectuée pour s’assurer de la complète élimination du traitement prescrit ce jour. »

Certaines détections positives sont dues à des erreurs en relation directe avec la prescription. Les choix du praticien sont déterminants face au risque de positivité lors de l’utilisation de ces substances : choix de la molécule employée, du sel utilisé, de la dose administrée, et enfin du type d’injection.

Dans le cas des corticoïdes, les délais d’élimination des esters hydrosolubles, comme les sels de phosphate disodique, sont fiables. Ces substances agissent rapidement et ont une durée d’action brève. S’ils sont utilisés en infiltration à des doses raisonnables et dans le respect de la réglementation, les corticoïdes ne posent généralement pas de problème lors du contrôle antidopage.

En revanche, pour les esters non hydrosolubles qui ont une résorption lente, les délais d’élimination sont beaucoup plus variables et en général dose-dépendants. Une étude s’est penchée sur l’administration en infiltration tibio-tarsienne de la triamcinolone acétonide. Elle montre que, pour des posologies inférieures ou égales à 20 mg, le temps de détection de cette molécule (Kénacort retard®) est inférieur à 15 jours. À l’inverse, à dose massive (80 ou 100 mg), les délais de détection sont anormalement longs, parfois supérieurs à deux mois.

CAS POSITIFS

Chaque année pourtant, des cas positifs sont déclarés en course chez des chevaux ayant reçu des infiltrations à des doses de 80 mg. Selon le type d’injection réalisé, les délais d’élimination peuvent également varier : les injections sous-conjonctivales, sous garrot ou intratendineuses, par exemple, affichent un temps d’élimination imprévisible. Les injections périarticulaires sont également à risque : l’expérience montre que les infiltrations sacro-iliaques à base de corticoïdes à effet retard peuvent être suivies de délais d’élimination plus variables que des infiltrations paravertébrales ou interépineuses.

  • 1 Voir La Semaine Vétérinaire n° 1531 du 15/3/2013 en page 46.

PRÉCISION

Dans l’article sur la pathologie podale de l’âne1, tiré de la conférence du Pr Ahmed Chabchoub, une confusion est survenue entre le crapaud, pododermite verruqueuse ou dermite végétante, et la périoplite, ou dermite chronique du bourrelet périoplique et de la cutidure, dite crapaudine, mal d’âne, psoriasis de la couronne.

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