Mammites à Pseudomonas aeruginosa dans un troupeau de vaches montbéliardes - La Semaine Vétérinaire n° 1508 du 21/09/2012
La Semaine Vétérinaire n° 1508 du 21/09/2012

Formation

PRODUCTIONS ANIMALES/BOVINS

Auteur(s) : RABAT LAKHAL*, PIERRE DEBARNOT**, PIERRE BRUYERE***, LORENZA RICHARD****

Fonctions :
*unité clinique rurale
de L’Arbresle (Ucra, Rhône),
VetAgro Sup (Lyon).
Article tiré de la conférence
« mammites à Pseudomonas
aeruginosa » présentée lors
de la 5e journée de cas cliniques
en pratique rurale à VetAgro Sup
(Lyon), le 10 mai 2012.

8 cas de mammites cliniques suraiguës sont observés dans une exploitation de 60 vaches laitières et de 50 génisses de race montbé­liarde, dont le quota laitier est de 510 000 kg par an. 7 vaches sont atteintes de mammite entre mars et août : 3 d’entre elles lors du tarissement (avec du céphalonium) et à divers stades de la lactation pour les autres. Le 8e cas est observé en décembre, le jour du vêlage.

DES MAMMITES SURAIGUËS AU PRONOSTIC SOMBRE

Tous les animaux affichent de l’hyperthermie (39,4 à 40,8 °C), et la plupart sont en décubitus. 1 ou 2 quartiers sont atteints. L’aspect du lait est modifié, sa couleur variant de jaune à brun selon le cas. La dernière vache, examinée par les praticiens de l’unité clinique rurale de L’Arbresle (Ucra, Rhône), présente une perte tissulaire importante de la peau et du parenchyme du quartier atteint, accompagnée de suppuration.

Des prélèvements de lait dans les quartiers atteints permettent d’isoler une souche de Pseudomonas aeruginosa pure. Un antibiogramme (colistine, gentamicine), réalisé sur 2 des souches, révèle que l’une est résistante aux 2 antibiotiques testés et l’autre sensible.

Différents traitements de première intention, administrés par les vétérinaires successifs, associent une antibiothérapie par voie générale, une anti­biothérapie par voie locale et, parfois, une fluidothérapie et des anti-inflammatoires non stéroïdiens pour lutter contre l’état de choc.

La mort survient entre 24 et 72 heures pour 4 vaches. Seu­les 2 guérissent. Les 2 derniè­res sont réformées, l’une pour présence de cellules, l’autre pour perte du quartier atteint.

Les autopsies réalisées pour 3 animaux ne permettent pas de mettre en évidence de lésions spécifiques, en dehors de la mammite.

CONTAMINATION DE LA NAPPE PHREATIQUE

Les mammites dues à Pseudomonas aeruginosa, une bactérie saprophyte présente dans les eaux douces, les sols humides ou à la surface des végétaux, sont rares chez les ruminants, et les mécanismes d’apparition restent mal connus1. La contamination de préparations à usage intramammaire, d’eau utilisée lors de la traite et de lavettes imprégnées d’anti­septique est décrite dans la bibliographie2.

Seul l’examen bactériologique du lait permet d’établir le diagnostic étiologique. Ces mammites pâtissent le plus souvent d’un mauvais pronostic, malgré les traitements entrepris. Le traitement du choc semble être l’un des éléments essentiels à la survie de l’animal, mais l’accent doit être mis sur les mesures hygiéniques préventives.

En août, une visite de traite est réalisée dans l’exploitation, afin de déterminer l’origine possible de la contamination.

Le bilan du contrôle laitier pour l’année 2011 montre une moyenne de 223 000 cellules somatiques par millilitre de lait. L’alimentation des animaux est composée d’ensilages de mais et d’herbe, de luzerne, de foin et de tourteau. L’eau utilisée dans l’exploitation provient directement de la nappe phréatique. Les vaches sont logées dans une stabulation libre avec aire paillée. Elles sont calmes et propres. La salle de traite est de type 2 x 4 en épi. Le temps de traite moyen est de près de 5 minutes. Une pratique atypique (le nettoyage des mamelles et des trayons par pulvérisation directe d’eau) motive la demande d’une analyse de l’eau. La présence de la bactérie est mise en évidence dans la nappe phréatique de l’exploitation.

L’arrêt de l’utilisation de cette eau et de la technique de pulvérisation d’eau directement sur les quartiers lors de la traite a permis de stopper l’apparition de nouveaux cas.

  • 1 McLennan MW, Kelly WR, O’Boyle D. Pseudomonas mastitis in a dairy herd. Aust. Vet. J. 1997 ; 75 : 790-792.

  • 2 Daly M., Power E, Bjorkroth J. et coll. Molecular analysis of Pseudomonas aeruginosa : epidemiological investigation of mastitis outbreaks in Irish dairy herds. Appl. Environ Microbiol . 1999 ; 65 : 2723-2729.

    Erskine R.J., Unflat J.G., Eberhart R.J. et coll. Pseudomonas mastitis : difficulties in detection and elimination from contaminated wash-water systems. J. Am. Vet. Med. Assoc. 1987 ; 191 : 811-815.

    Nicholls T.J., Barton M.G., Anderson B.P. An outbreak of mastitis in a dairy herd due to Pseudomonas aeruginosa contamination of dry-cow therapy at manufacture. Vet. Rec. 1981 ; 108 : 93-96.

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