Lumière sur l’éclairage des reptiles en terrarium - La Semaine Vétérinaire n° 1505 du 31/08/2012
La Semaine Vétérinaire n° 1505 du 31/08/2012

Formation

NAC

Auteur(s) : ADELINE LINSART

Fonctions : praticienne en Haute-Savoie. Article rédigé d’après la conférence « Idées reçues concernant l’éclairage des reptiles » présentée par Frédéric Vlaemynck, praticien à la clinique Caduvet de Loos-Lille (Nord).

Points forts

– Maîtriser l’environnement lumineux chez les reptiles est l’une des pierres angulaires de la médecine préventive chez ces espèces.

– Les rayons UVB participent à l’homéostasie calcique et au bon fonctionnement du système immunitaire des reptiles.

– Les rayonnements du spectre visible reptilien (spectre lumineux visible par l’homme et ultraviolets A) sont nécessaires aux comportements spécifiques et individuels des reptiles.

– Les reptiles sont des animaux poïkilothermes : les rayonnements infrarouges leur apportent la chaleur nécessaire à leur métabolisme.

Depuis quelques années, des confrères en France et à l’étranger s’attachent particulièrement à l’étude de l’environnement lumineux des reptiles, l’une des pierres angulaires de la médecine préventive chez ces espèces.

En effet, de nombreux terrariophiles ont d’abord élevé des serpents, des lézards ou des tortues dans des box sans agréments, en ne se souciant que des apports alimentaires et thermiques, et en complémentant ici ou là par quelques poudres vitaminiques. Il est désormais reconnu que cette méthode ne permet que la survie1 des espèces abritées et que négliger l’environnement lumineux d’un reptile débouche sur de nombreuses affections.

Les reptiles se sont adaptés depuis des dizaines de milliers d’années à un environnement lumineux qu’il convient de recréer en captivité lors de la conception de l’habitat artificiel. Dans la nature, le spectre lumineux est continu, lumière visible rime donc avec rayons UVB, UVA et chaleur. L’ensemble du spectre électromagnétique (UVB, UVA, lumière visible par l’homme, infrarouges) est à fournir en ter­rarium, tout en respectant les variations nycthémérales et saisonnières.

Des rayons UVB pour toutes les espèces

Rôles physiologiques des UVB

Le spectre ultraviolet B (UVB, 280 à 320 nm) a longtemps été considéré comme utile uniquement chez les reptiles herbivores et/ou insectivores, et encore, lorsque ceux-ci n’étaient pas correctement complémentés en vitamine D. Cette idée, fausse, ne devrait plus avoir cours à l’heure actuelle. En effet, si les rayons UVB participent à l’homéostasie calcique via la synthèse de la vitamine D3 au niveau cutané, ils interviennent aussi dans le bon fonctionnement du système immunitaire des reptiles : ils régulent essentiellement la différenciation et la multiplication des lymphocytes et macrophages.

Une supplémentation en vitamine D (si tant est qu’il soit possible de déterminer de manière valable les posologies et la fréquence d’administration pour chaque individu) aboutit à une dysimmunité, en modifiant un équilibre fragile. De plus, cet apport exogène peut être à l’origine d’une hypervitaminose D3 caractérisée principalement par des calcifications ectopiques de tissus mous : cœur, poumons, rein, etc.

L’absence d’exposition aux rayons UVB place le système immunitaire du reptile dans une situation précaire qui favorise tôt ou tard l’apparition d’une maladie, quelle que soit l’espèce considérée.

Choisir une source d’UVB

Choisir la bonne lampe ou le bon néon UVB n’est pas aisé. Le chiffre affiché sur un tube fluorescent (par exemple, Reptisun(r) 10.0, ou Reptiglo compact(r) 5.0, etc.) correspond au mieux à un pourcentage énergétique de rayons UVB émis par rapport à l’énergie totale produite par le spectre total lumineux. Cette allégation commerciale n’est pas soumise à une obligation légale. Chaque fabricant est donc libre d’inscrire une valeur, qui ne sera pas vérifiée. En pratique, la quantité de rayons UVB délivrée est le plus souvent surestimée.

Il est recommandé de vérifier la quantité de rayons UVB délivrée à l’aide d’un UV-mètre. Cela permet de s’assurer que la lampe émet une quantité adaptée d’UVB pour favoriser la synthèse de vitamine D3 par le reptile considéré. Cependant, cela ne présage pas de l’adéquation du terrarium à l’ensemble des besoins lumineux du reptile (voir tableau).

LES AUTRES COMPOSANTES DU SPECTRE LUMINEUX

Recréer le spectre visible reptilien

Le spectre visible reptilien comprend le spectre lumineux visible par l’homme (400 à 700 nm), mais aussi les rayons ultraviolets A (UVA, 320 à 400 nm).

La vision tétrachromatique des reptiles intervient dans la reproduction (reconnaissance des individus et des dimorphismes sexuels), dans l’alimentation (identification des insectes et végétaux comme sources alimentaires possibles), dans l’immunité et le comportement (phototropisme). Il est donc impératif d’apporter au sein du terrarium une gamme de rayonnements qui couvre ce spectre, afin de permettre à l’animal hébergé de reproduire les comportements spécifiques et individuels nécessaires à son bien-être et à sa santé.

Spectre infrarouge et métabolisme

Le spectre infrarouge (700 nm à 1 mm) est un rayonnement qui permet de réchauffer les surfaces présentes dans l’environnement du reptile. L’intégralité du métabolisme de ces animaux poïkilothermes repose sur cet apport thermique exogène. Il peut s’effectuer par contact avec des surfaces chaudes (thigmothermie) ou par exposition directe aux rayonnements infrarouges (héliothermie). Le reptile régule ses apports thermiques en adaptant son comportement selon les températures ressenties et ses besoins métaboliques.

Se rapprocher du microhabitat naturel

Améliorer le bien-être du reptile hébergé et son état de santé nécessite une approche globale de l’environnement lumineux et du terrarium de l’animal, pour reconstituer un environnement le plus proche possible du microhabitat naturel. Afin de créer un gradient thermique, lumineux et UVB qui évolue de manière synchrone en chaque point du terrarium et qui respecte aussi les variations nycthémérales et saisonnières, il se révèle utile d’installer des programmateurs et des thermostats. La durée de l’éclairage lumineux est adaptée selon les saisons à l’aide d’un programmateur. De même, l’intensité lumineuse est variable au cours de la journée à l’état naturel. Les périodes d’aube et de crépuscule sont susceptibles d’être recréées grâce à des interrupteurs variateurs de lumière. Enfin, la chaleur fournie se modifie de manière synchrone à la présence et à l’intensité de l’éclairage. Un programmateur et un thermostat sont donc à installer pour la réguler précisément.

  • 1 Survie au sens où les conditions de maintien n’étant pas satisfaisantes, le métabolisme ne fonctionne pas de manière optimale et ne fait que résister à un environnement hostile.

EN PRATIQUE

→ Au point chaud du terrarium sont placés une source de chaleur, des dispositifs qui émettent une lumière visible pour l’homme, un rayonnement UVB et UVA branché sur un même programmateur. Des équipements spécialisés uniques permettent de recréer tous ces éléments. Les températures obtenues sont vérifiées avec un thermomètre sonde (voir schéma ci-contre).

→ La sonde du thermostat qui contrôle la lampe chauffante est réglée et placée au point froid, afin de maintenir une zone de sécurité pour le reptile.

→ Des sources lumineuses annexes, de moindre puissance et raccordées à des programmateurs dédiés, reproduisent les effets d’aube et de crépuscule.

→ Les lampes UVB sont renouvelées tous les 6 mois à 1 an (même si elles délivrent encore de la lumière), sauf si un UV-mètre permet de vérifier leur fonctionnement.

→ Les réflecteurs maximisent la quantité d’UVB perçus par les reptiles. La lampe à UVB est placée à moins de 30 ou 50 cm de l’animal, selon le dispositif.

→ Il ne doit pas y avoir d’obstacle entre le néon UVB et le reptile (grillage, plexiglas ou verre). Sinon, les UVB sont arrêtés par l’obstacle.

→ Certaines lampes compactes (trop puissantes ou inadaptées) peuvent provoquer des kératopathies.

→ Les dispositifs de chauffage doivent être protégés, afin que le reptile ne se brûle pas.

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