Diversification des offres de formations - La Semaine Vétérinaire n° 1504 du 13/07/2012
La Semaine Vétérinaire n° 1504 du 13/07/2012

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Auteur(s) : HÉLÈNE ROSE

Nouvelle mouture du diplôme interécole de vétérinaire comportementaliste, nouveau diplôme universitaire de psychiatrie vétérinaire… Les mois à venir seront riches d’enseignements pour les praticiens intéressés par le comportement.

L’année dernière, les praticiens inscrits au diplôme interécole (DIE) de comportement ont subi les remous de dissensions entre les responsables de la formation. En effet, à la fin de la 2e semaine, 6 membres de l’association de vétérinaires comportementalistes Zoopsy et du Gecaf1 ont démissionné, car ils ne se sentaient plus en accord avec le contenu de la formation dispensée2. Le DIE a été remanié en cours de route dans le respect du référentiel. Les étudiants ont ainsi pu terminer leur cursus d’enseignement théorique (il leur reste encore à valider les épreuves pratiques). L’un des membres du Conseil d’orientation de la formation (COF), Christian Diaz, tient d’ailleurs à « féliciter ce groupe d’étudiants pris en otage » pour avoir gardé leur motivation, tout en faisant remarquer que, pour sa part, il se serait peut-être posé la question de poursuivre, « même en ayant payé ».

À ce jour, les responsables du DIE ont remodelé leur enseignement pour l’adapter au format d’un diplôme de spécialiste vétérinaire (CEAV3). Les membres de Zoopsy ont, quant à eux, créé un nouveau diplôme universitaire (DU) de psychiatrie vétérinaire.

Des risques pour la profession ?

La psychiatrie vétérinaire est un domaine de la médecine vétérinaire, et tous s’accordent à affirmer que seul le diplôme vétérinaire permet de l’exercer. Les membres de Zoopsy sont confiants sur ce point, à l’image de Gérard Muller, président de l’association : « Je ne pense pas que la diffusion des connaissances en médecine vétérinaire favorise l’exercice illégal. » Christian Diaz soulève cependant des interrogations sur l’indépendance de l’université vis-à-vis de ce diplôme, pour lequel l’association Zoopsy se pose en interlocuteur exclusif, offrant selon lui « une vitrine de recrutement pour la survie financière de l’association ».

Pour Gérard Muller, le DU offre aux praticiens « un choix certes nouveau, mais l’approche [psychopathologique ou zoopsychiatrique] que nous proposons leur est connue depuis de longues années. Cette liberté qui leur est offerte est une opportunité, et je suis persuadé que notre profession en sortira grandie. »

Hélène Combrisson, responsable pédagogique du DIE, rappelle pour sa part que sa formation a une démarche holistique, qui ne se « limite pas au modèle franco-français » : la médecine du comportement y est enseignée, avec les traitements médicaux qui y sont associés, mais « dans le respect des autres démarches », pour présenter une approche large du comportement.

Des nouveautés de taille

Les membres de Zoopsy proposent leur DU de psychiatrie vétérinaire en partenariat avec l’université Claude Bernard Lyon 1 (faculté de médecine) et VetAgro Sup. Celui-ci est ouvert, dès la rentrée 2012, aux praticiens, ainsi qu’aux autres professions médicales et aux titulaires d’un master en éthologie. L’idée du partenariat avec l’université de Lyon est née d’échanges répétés avec des psychiatres qui en sont issus. Ce projet concernant la profession vétérinaire, « dès lors, VetAgro Sup était le choix qui s’imposait naturellement, et nous sommes enchantés et fiers que ce partenariat ait vu le jour », indique Gérard Muller. Selon Claude Béata, responsable du DU, celui-ci a vocation à devenir un master « intégré dans le cursus LMD4, c’est-à-dire des formations reconnues sur le plan européen », afin qu’il puisse « devenir aussi un passeport ».

Le DIE de vétérinaire comportementaliste évolue également. Il concerne toujours les 4 écoles, avec des cours hébergés à l’ENVA, et des enseignements cliniques répartis dans les différents centres hospitaliers universitaires vétérinaires. C’est, à ce jour, le seul diplôme reconnu par le Conseil supérieur de l’Ordre (CSO). Il donne droit au titre de “vétérinaire comportementaliste diplômé des écoles nationales vétérinaires”. Les membres du COF souhaitent qu’il devienne un CEAV à part entière, ce qui serait un premier pas vers la reconnaissance d’une vraie spécialisation en médecine du comportement. Pour s’adapter à ce cadre, la prochaine session, qui démarrera en janvier 2013, s’enrichit de 3 semaines supplémentaires, portant à 8 le nombre de semaines d’enseignement théorique, pratique et clinique, et d’un stage de 3 mois.

La participation de VetAgro Sup aux 2 cursus est parfaitement assumée, comme le rapporte Jean-Luc Cadoré, membre du Conseil d’orientation de la formation du DIE et responsable pédagogique pour le DU : « Je contribue pour mon établissement aux 2 diplômes, différents et complémentaires. J’ai toujours cru en l’importance de cette discipline pour la pratique clinique, mais aussi dans ses aspects scientifiques. Cela justifie doublement et pleinement ma participation, sans aucune difficulté. »

Le choix d’une voie strictement vétérinaire

À l’automne prochain, une réunion avec le CSO et le Conseil national de la spécialisation animale (CNSV) sera l’occasion de présenter une demande de reconnaissance de la médecine du comportement en tant que spécialité vétérinaire. Les responsables du DIE espèrent que ce diplôme sera agréé comme CEAV dans la foulée. En travaillant à cette évolution, ils choisissent de rester dans la voie vétérinaire, pour que cette formation soit reconnue dans le cadre du collège européen de médecine comportementale.

En parallèle au DIE, dont l’objectif est d’amener à la reconnaissance d’une vraie spécialisation, l’ENVA a décidé de mettre en place des ateliers pratiques de médecine du comportement du chien et du chat. Destinés aux praticiens, ceux-ci verront le jour à l’automne sous la forme de 10 sessions d’une journée chacune, organisée autour d’un thème (par exemple “sémiologie et conduite d’une consultation de comportement chez le chat”). Selon Francis Geiger, directeur adjoint de l’ENVA, l’objectif est que chaque praticien y trouve des réponses « pratiques, immédiatement applicables en consultation, pour être à l’aise sur un sujet ».

Des politiques d’ouverture différentes

Un diplôme d’école sur la relation homme-chien verra également le jour à l’ENVA début 2013. Ne revêtant pas d’aspect médical, il sera ouvert aux vétérinaires comme aux non-vétérinaires (médecins, kinésithérapeutes, sapeurs-pompiers, maîtres-chiens, etc.), afin de « mélanger les approches, d’ouvrir le dialogue, tout en gardant l’initiative et la mainmise en tant qu’école vétérinaire ». Des sessions sur l’éducation du chien, actuellement dispensées en option à des étudiants, pourraient également être ouvertes aux praticiens à l’avenir.

Concernant le DU, la principale différence dans la formation proposée aux vétérinaires et aux universitaires repose sur le stage : axé sur les consultations pour les praticiens (avec entre autres 1 semaine de clinique à VetAgro Sup), il sera effectué dans un laboratoire de recherche pour les autres. Selon les organisateurs, ceci permettra que « toute la communauté scientifique puisse réfléchir sur les questions de l’animal dans la société », et d’ouvrir « des voies de professionnalisation pour notre discipline dans la recherche ». Ainsi, selon Claude Béata, ce master pourrait devenir « un bon sésame pour entreprendre un doctorat en neurosciences, en éthologie cognitive ou en psychopharmacologie ». « Un travail de recherche en pathologie comparée, qui sera forcément profitable à notre profession, peut découler d’un tel partenariat avec la faculté et les écoles », ajoute Gérard Muller.

Hélène Combrisson, interrogée sur le diplôme universitaire, statue simplement : « Ce DU ne nous concerne pas. » « Nous ne souhaitons pas entrer dans une polémique, confie pour sa part Claude Béata. C’est une démarche positive que nous ne souhaitons pas voir transformer. » Tous semblent s’entendre sur un point : les années à venir seront riches d’intérêt.

  • 1 Groupe d’étude en comportement des animaux familiers.

  • 2 Voir La Semaine Vétérinaire n° 1443 du 25/3/2011, en pages 12 et 13.

  • 3 Certificat d’études approfondies vétérinaires.

  • 4 Licence, master, doctorat.

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L’ouvrage ECG du chien et du chat - Diagnostic des arythmies s’engage à fournir à l’étudiant débutant ou au spécialiste en cardiologie une approche pratique du diagnostic électrocardiographique, ainsi que des connaissances approfondies, afin de leur permettre un réel apprentissage dans ce domaine qui a intrigué les praticiens pendant plus d’un siècle. L’association des différentes expériences des auteurs donne de la consistance à l’abord de l’interprétation des tracés ECG effectués chez le chien et le chat.

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