L’association vitamine B12/phosphore améliore l’appétit de la truie allaitante - La Semaine Vétérinaire n° 1450 du 13/05/2011
La Semaine Vétérinaire n° 1450 du 13/05/2011

Alimentation porcine

Formation continue

FILIÈRES

Auteur(s) : Alassane Keïta

Les truies qui reçoivent ce mélange en injection intramusculaire perdent moins de poids durant la lactation.

Les besoins physiologiques de la truie autour de la mise bas et pendant la lactation augmentent de façon importante. Le part et l’allaitement de la portée exigent des apports en énergie, protéines et minéraux en rapport avec le nombre de porcelets obtenus. Si la capacité d’ingestion de la truie limite la couverture des besoins énergétiques et protéiques à ce stade, l’équilibre en minéraux et en vitamines peut, quant à lui, être atteint par voie injectable pour certains éléments. Des apports de vitamine B12 (cyano-cobalamine,? molécule qui intervient comme cofacteur dans le métabolisme), ainsi que de phosphore, peuvent être administrés par voie parentérale.

Une étude(1) a cherché à évaluer l’impact de l’utilisation de cette association sur l’ingestion et le poids des truies en maternité. Cet essai a utilisé le Catosal®(2) à différents dosages, en injection intramusculaire.

Le groupe qui reçoit la plus forte dose a un ingéré moyen significativement meilleur

L’expérimentation est menée sur trois cent soixante truies, réparties équitablement selon leurs rangs de portée dans quatre groupes de quatre-vingt-dix animaux. Le lot T1 ne reçoit pas de traitement (groupe témoin), le lot T2 reçoit 10 ml de Catosal®, le lot T3, 15 ml et le lot T4, 20 ml. Le produit est administré dès les premiers signes du part.

Les truies sont nourries avec de l’aliment lactation, à cent dix jours de gestation (2 kg/j puis ad libitum après la mise bas). Elles sont pesées dès leur entrée en maternité puis au moment du sevrage. Les quantités ingérées sont relevées quotidiennement.

Pendant la première semaine de lactation, l’ingéré est significativement amélioré (p < 0,05) dans les groupes qui ont reçu du Catosal®, sans qu’une différence n’apparaisse entre les dosages utilisés. En revanche, en fin de lactation, les groupes 3 et 4 ingèrent significativement plus d’aliment que le lot T2 à 10 ml (p < 0,05). Sur les quatre semaines de lactation, le groupe T4 a un ingéré moyen significativement meilleur (9,6 kg/j) que le lot T1 (9,3 kg/j).

Les truies non traitées perdent 5 kg de plus que celles du lot le plus supplémenté

La perte de poids se révèle significativement moindre dans les groupes T3 et T4 que dans le lot T1 : les truies T4 ont perdu 22,4 kg versus 27,6 kg pour celles du lot T1, et les truies T3, 24,4 kg. Les animaux non traités ont perdu 5 kg de plus que ceux du lot T4, et 3 kg de plus que dans le groupe T3. La perte de poids est également moindre dans le lot T4 que dans le T2, qui perd en moyenne 26,4 kg (p < 0,05).

L’association vitamine B12/phosphore autour du part améliore donc la récupération de la truie, ce qui se traduit par une reprise de l’appétit. Limiter la perte d’état corporel permet ainsi d’optimiser les performances de reproduction (retour en chaleur, fertilité) après le sevrage. L’impact probable sur la santé et la portée demande à être étudié également.

Une utilisation sûre pour couvrir une éventuelle carence

L’état corporel, mesuré via l’épaisseur de lard dorsal chez la truie en maternité, ne fournit d’information que sur l’aspect essentiellement “énergétique” de la gestion des ingestions de la truie. Les réserves protéiques et en éléments minéraux, essentielles pour passer le cap de la mise bas et de la lactation, s’évaluent respectivement sur la masse musculaire et à l’aide de dosages sanguins.

Le Catosal®, qui bénéficie d’un bon indice thérapeutique (bonne tolérance à cinq fois la posologie de 0,1 ml/kg chez des porcelets) est d’utilisation sûre pour couvrir une éventuelle carence, sans réalisation de dosage a priori. Un usage méta­phylactique chez les truies à portée nombreuse peut donc être envisagé.

Toutefois, le descriptif des données statistiques omet de citer les écarts types mesurés, ce qui empêche la critique des résultats.

  • (1) E.O. Dantas, R.B. Petri, S.A. Rohr : « Effect of Catosal® on apetite and body weight of sows during lactation », proceedings of the 21st IPVS Congress, Vancouver (Canada), 18-21/7/2010, p. 681.

  • (2) En France, cela correspond à une prescription “hors RCP” dans le cadre de la cascade (article L.5143-4 du Code de la santé publique).

Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus

Boutique

L’ouvrage ECG du chien et du chat - Diagnostic des arythmies s’engage à fournir à l’étudiant débutant ou au spécialiste en cardiologie une approche pratique du diagnostic électrocardiographique, ainsi que des connaissances approfondies, afin de leur permettre un réel apprentissage dans ce domaine qui a intrigué les praticiens pendant plus d’un siècle. L’association des différentes expériences des auteurs donne de la consistance à l’abord de l’interprétation des tracés ECG effectués chez le chien et le chat.

En savoir plus sur cette nouveauté
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Agenda des formations

Calendrier des formations pour les vétérinaires et auxiliaires vétérinaires

Retrouvez les différentes formations, évènements, congrès qui seront organisés dans les mois à venir. Vous pouvez cibler votre recherche par date, domaine d'activité, ou situation géographique.

En savoir plus


Inscrivez-vous gratuitement à nos Newsletters

Recevez tous les jours nos actualités, comme plus de 170 000 acteurs du monde vétérinaire.

Vidéo : Comment s'inscrire aux lettres d'informations du Point Vétérinaire

Retrouvez-nous sur
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr