Ethogramme normal et espace suffisant sont liés chez le lapin - La Semaine Vétérinaire n° 1266 du 21/04/2007
La Semaine Vétérinaire n° 1266 du 21/04/2007

Comportement des lagomorphes

Formation continue

FAUNE SAUVAGE ET NAC

Auteur(s) : Valentine Chamard

Un milieu enrichi permet de développer un comportement exploratoire.

Le comportement du lapin de compagnie, présenté lors d’une séance publique de l’Académie vétérinaire(1), est au nombre des connaissances indispensables au vétérinaire, tant les implications pour une détention harmonieuse en dépendent.

Le lapin est un animal crépusculaire : ses périodes de forte activité ont lieu en début de matinée et en fin d’après-midi. Ces moments sont donc les plus adaptés pour la prise des repas. Lorsqu’il mange, cet animal de proie observe son environnement grâce à son champ visuel étendu. La domestication, en changeant son régime alimentaire, favorise l’embonpoint (les granulés sont des aliments riches) et les malocclusions dentaires (diminution du temps de mastication). Le lapin ingère par ailleurs le matin les cæcotrophes fabriquées dans la nuit, ce qui permet l’absorption d’éléments non assimilés, en particulier les vitamines du groupe B.

Le lapin peut être dressé à l’utilisation d’une litière

Animal propre, le lapin ne fait jamais ses besoins dans son terrier en milieu naturel. Ainsi, pour éviter de souiller sa cage, il urine et défèque de préférence dans les angles de celle-ci, quel que soit son sexe. Les petites cages ne sont donc pas adaptées, car l’animal a tendance à se retenir, ce qui est source de cystites et de calculs vésicaux. Il est par ailleurs tout à fait possible de lui apprendre à se servir d’un bac à litière. Très agile, le lapin se toilette de façon appliquée, presque autant que le chat. Il se lèche sur tout le corps, ce qui répartit le sébum sur l’ensemble du pelage. Lors de vie en groupe, un toilettage mutuel existe. La vie en intérieur, entraînant des mues anarchiques, favorise les trichobézoards, sources d’occlusion intestinale.

Le lapin se repose beaucoup. Lorsqu’il s’endort, il peut prendre des attitudes “curieuses” et, notamment, se laisser tomber sur le côté, ce qu’il convient de distinguer d’une perte d’équilibre. Quand il vit en groupe, il dort contre ses congénères (signe d’acceptation).

Lorsqu’il saute et court, le lapin est plantigrade sur les membres postérieurs. A contrario, lors de marche plus lente, il devient digitigrade. La sédentarité entraîne une stagnation sur les membres postérieurs, ce qui est facteur de pododermatite. Joueur, il aime déplacer les objets, voire les détruire ! Il apprécie ainsi les jouets, qu’il convient de remplacer souvent afin qu’il ne se lasse pas.

Ses sens sont bien développés : il a une excellente audition, un champ visuel supérieur à 300°, avec toutefois un angle mort au niveau du nez, ce qui induit une sensation désagréable quand quelqu’un lui touche le museau et les lèvres. Pour accroître son champ visuel, il se tient debout sur ses membres postérieurs : la cage doit donc être suffisamment haute pour qu’il puisse se redresser.

Le marquage se fait par les déjections et l’urine, ainsi que par les glandes mentonnières et inguinales. Ces dernières sont situées de part et d’autre du pénis et de la vulve, et produisent des sécrétions marron.

Le lapin est un animal silencieux qui peut toutefois pousser des grognements, signes de contentement ou au contraire d’agressivité. Les grincements de dents témoignent d’une satisfaction ou d’une douleur. En outre, des cris stridents traduisent une douleur ou une peur intense.

Quand la lapine est en œstrus, elle marque davantage son territoire. La rencontre entre le mâle et la femelle est de préférence réalisée sur le territoire du mâle, il sera sinon davantage préoccupé par la conquête du territoire que par celle de la femelle ! Lors de la parade, il peut y avoir émission d’urine sur la femelle (marquage).

La lapine, qui prépare un nid avec les poils de son ventre, s’occupe peu de ses petits

Avant la mise bas, la lapine arrache les poils de son ventre pour construire un nid, comportement également observé lors de pseudo-gestation. A leur naissance, la mère s’occupe peu des lapereaux, qui ne tètent qu’une ou deux fois par jour. Pour mettre en contact deux lapins qui ne se connaissent pas, il est conseillé de les placer chacun dans une cage, disposées l’une à côté de l’autre, puis de les intervertir. Une astuce consiste aussi à déposer les deux animaux dans la même cage et à les emmener en voiture : en se réconfortant, ils en oublient toute agressivité.

Des défauts dans les paramètres d’élevage peuvent conduire à de la malpropreté et à des destructions. Si la malpropreté apparaît à la puberté, elle peut rentrer dans l’ordre avec une stérilisation. Un lapin qui creuse en permanence ou qui tire sur les barreaux de la cage est un animal qui s’ennuie. Une punition ne sert à rien et le problème disparaît par un enrichissement du milieu. Un lapin peut également montrer de l’agressivité envers son propriétaire (en le mordant, voire en le boxant !), surtout s’il est stressé ou s’il s’ennuie. Si les attaques s’accompagnent de jets d’urine ou d’excitations sexuelles, la stérilisation peut être indispensable.

En outre, lors de maladie, la douleur est impérativement à prendre en compte chez cet animal. Si elle n’est pas traitée, la guérison est ralentie, voire compromise. Par exemple, lors de douleur digestive, une stase s’installe, qui augmente la douleur : un cercle vicieux s’instaure.

  • (1) Les séances publiques de l’Académie vétérinaire, d’accès libre, sont ouvertes à tous les vétérinaires.

CONFÉRENCIER

Christophe Bulliot, chargé d’enseignement sur les Nac au service de parasitologie de l’école d’Alfort, consultant Nac en région parisienne.

Article rédigé d’après la communication « Comportement du lapin de compagnie (Oryctolagus cuniculus) et implications cliniques », présentée lors du programme scientifique « Nouveaux animaux de compagnie » développé à la séance publique de l’Académie vétérinaire, à Paris, le 22 février 2007.

Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus

Boutique

L’ouvrage ECG du chien et du chat - Diagnostic des arythmies s’engage à fournir à l’étudiant débutant ou au spécialiste en cardiologie une approche pratique du diagnostic électrocardiographique, ainsi que des connaissances approfondies, afin de leur permettre un réel apprentissage dans ce domaine qui a intrigué les praticiens pendant plus d’un siècle. L’association des différentes expériences des auteurs donne de la consistance à l’abord de l’interprétation des tracés ECG effectués chez le chien et le chat.

En savoir plus sur cette nouveauté
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Agenda des formations

Calendrier des formations pour les vétérinaires et auxiliaires vétérinaires

Retrouvez les différentes formations, évènements, congrès qui seront organisés dans les mois à venir. Vous pouvez cibler votre recherche par date, domaine d'activité, ou situation géographique.

En savoir plus


Inscrivez-vous gratuitement à nos Newsletters

Recevez tous les jours nos actualités, comme plus de 170 000 acteurs du monde vétérinaire.

Vidéo : Comment s'inscrire aux lettres d'informations du Point Vétérinaire

Retrouvez-nous sur
Abonné à La Semaine Vétérinaire, retrouvez
votre revue dans l'application Le Point Vétérinaire.fr