La zoothérapie : le soin par ou avec l’animal

Mélanie Lamaze | 23.01.2019 à 11:42:21 |
Petit garçon trisomique jouant avec un chien
© Tatiana Dyuvbanova – iStock

Initiée dès le XIXe siècle en milieu médical, la zoothérapie ne cesse de se développer, l’animal agissant comme un stimulant sur les plans physique, psychologique ou social pour les personnes placées à son contact.

Au cours du XXe siècle, nos liens quotidiens à l’animal n’ont cessé de s’étioler. Pour le particulier, sa fonction, aujourd’hui, est principalement la compagnie. La relation de l’humain à l’animal apparaît pourtant nécessaire, dès l’enfance avec les peluches, l’anthropomorphisme des dessins animés ou les histoires contées. Adultes, nous pallions souvent l’absence physique de l’animal en visionnant des reportages, par des visites au zoo, etc. Autant de présences réconfortantes pour l’adulte, de confidents pour l’enfant. Car prendre un animal dans ses bras, lui parler, le caresser, jouer avec lui, sont les seules interactions qui nous assurent, en tant qu’humains, un lien dépourvu de jugement, sans contrepartie ni altération. Donner et recevoir de l’affection, simplement, sans la parade et les fards propres à nos sociétés civilisées.

La naissance de la zoothérapie
Dès le XIXe siècle, ce lien privilégié est utilisé : l’infirmière Florence Nightingale note le potentiel de réconfort vis-à-vis de la torture, et l’utilise à l’hôpital pour diminuer l’anxiété des blessés durant la guerre de Crimée. En consultation, le psychologue Boris Levinson utilise la présence de chiens ou de chats selon le profil du patient. Il constate, à la suite d’une expérience avec un enfant autiste et un chien en 1861, que le jeu est le meilleur moyen de communication, d’ouverture à son environnement en psychologie infantile. Ensuite, les psychiatres Elisabeth et Samuel Corson, dès 1958, mobilisent l’animal au sein de leurs thérapies, notamment auprès de patients schizophrènes : l’animal devient médiateur thérapeutique.
Les travaux plus connus du docteur vétérinaire Ange Condorcet mettent en lumière ce rôle de la médiation animale dans la facilitation de la communication verbale chez les jeunes présentant des troubles du langage.

Intérêt lors de troubles physiques, mentaux ou sociaux
La zoothérapie, non reconnue comme médecine en France, utilise le lien d’un animal auprès d’un humain souffrant de troubles physiques, mentaux ou sociaux, pour réduire le stress ou atténuer les conséquences d’un traitement. Complément à une thérapie plus traditionnelle, la zoothérapie ne se restreint donc pas à la sphère médicale, mais intervient aussi lors de problématiques sociales (rapport à autrui, éducation, délinquance, etc.) et dans des cas de troubles de l’attention, de la concentration, de dépression, de dépréciation de soi, d’isolement. Trois entités interagissent et donnent naissance à la pratique de la zoothérapie : un thérapeute, un patient, un animal. Si les bénéficiaires de ces thérapies n’ont besoin d’aucune compétence particulière, les intervenants professionnels en “médiation par l’animal”, dits initialement thérapeutes (médecins, infirmiers, ergothérapeutes), peuvent prétendre à une spécialisation de zoothérapeute, quel que soit leur cadre professionnel. Cette pratique regroupe plusieurs types de thérapies : l’activité assistée par l’animal (AAA), la thérapie assistée par l’animal (TAA ou TFA) et la thérapie avec le cheval (TAC).

Retrouvez l’intégralité de ce dossier en pages 6 à 9 du supplément ASV n°125.

Mélanie Lamaze
2 commentaires
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Sihem le 24-01-2019 à 20:29:48
Je ne sais pas pour les autres animaux mais j'ai vu et j'ai même assisté des auxiliaires travaillant avec des enfants autistes en Algérie( à Alger précisément) en equitherapie ou hippotherapie. Le résultat est intéressant, c'est vrai que c'est dans le temps que nous évaluons mieux l'impact d'une telle prise en charge mais nous arrivons à voir la différence entre un enfant autiautiste à son arrivée et quelques petite semaines après avoir suivi des séances en contact avec les chevaux.
J'ai toutefois une question pour les spécialistes en zootherapie, y aurait-il une espèce animale meilleure qu'une autre? Quelle espèce pour quel ''handicap''?
Je vous remercie pour l'article. Très intéressant.
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EmelineNC le 18-09-2019 à 20:41:54
Bonjour Sihem.
Je ne suis absolument pas zoothérapeute mais fait beaucoup de recherche sur le sujet. Je me suis rendue compte par mes recherches qu'il n'y a pas d'espèce animale meilleure qu'une autre! Tout est une question de "feeling" entre le thérapeute et l'animal, et le patient et l'animal. Cependant il faut prendre certaines données en compte comme: le cheval de grande taille sera plus impressionnant et intimidant qu'un chat ou un lapin par exemple, aussi les contraintes matérielles que peuvent entrainer certaines races (un chat sera plus facilement transportable qu'un cheval). Concernant "quelle espèce pour quel handicap" là encore il n'y a pas de réponse facile. Toutes les espèces peuvent aussi bien stimuler un handicap physique que mental/comportemental: le chien va stimuler le physique par les caresses, la locomotion par les balades etc comme le cheval qui stimule les facultés locomotrice par la monte (tout le monde peut monter à cheval!).
Enfin voilà, tout ce que je dis part de beaucoup de recherches, mais je ne suis pas spécialiste. Le sujet est vaste et passionnant, et surtout trèèèèès subjectif ! (et oui, un zoothérapeute pourra te dire différemment qu'un autre! chaque "école" a son approche du métier). En espérant que ça t'ai orienté !! Bonne continuation.
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