La vision des animaux

Élodie Goffart | 29.03.2018 à 10:30:35 |
Un léopard
© Freder – iStock

Établis selon les besoins de l’espèce, le fonctionnement et la disposition des yeux privilégient le champ de vision, sa précision ou encore son efficacité dans le noir.

« Que voit mon animal ? » Qui n’a jamais entendu cette question de la part d’un client. Car la vision intrigue et passionne les propriétaires d’animaux, qui se rendent bien compte que leur petit compagnon n’appréhende pas le monde comme eux et qui aimeraient pouvoir se mettre à leur place ! La vision est très variée dans le règne animal. Elle suit la règle d’être adaptée au milieu et au mode de vie des espèces. Distinguer des détails, des formes, des couleurs, des reliefs, des mouvements… dépend des besoins de l’animal et d’une caractéristique majeure : est-il prédateur ou proie ?

Un œil-caméra
Chez les vertébrés, l’œil est dit camérulaire (comme caméra). Il est composé d’un segment antérieur, qui produit l’image (c’est l’optique de l’œil), et d’un segment postérieur, qui l’interprète (c’est la vision).
La lumière traverse la cornée (surface externe transparente de l’œil), puis elle est concentrée par le cristallin (la lentille transparente au milieu de l’œil). Cette image inversée vient s’imprimer sur la rétine avant d’être transférée par le nerf optique au cerveau, qui analyse l’image. Les récepteurs de la rétine qui sont stimulés par la lumière sont les photorécepteurs. Il en existe deux sortes : les cônes et les bâtonnets. Les premiers sont utiles lors de lumière diurne (de jour) et permettent la vision des couleurs. Les seconds, 500 fois plus sensibles, interviennent en cas de faible luminosité (la nuit). Plus les bâtonnets sont allongés, plus ils sont sensibles.

Des bâtonnets pour voir de nuit
La sensibilité de l’œil est définie par sa capacité à déceler de faible quantité de lumière. Plus un animal vit dans un milieu peu lumineux (espèces nocturnes, par exemple), plus il a besoin d’avoir un œil sensible. Chez ces individus, la rétine est donc majoritairement, voire exclusivement composée de bâtonnets. Parfois même, ceux-ci sont empilés en couches successives. C’est le cas notamment des poissons des grandes profondeurs océaniques. Les animaux qui vivent dans des milieux très sombres (grottes ou sous terre) peuvent même voir leur œil complètement disparaître !
Au fond de l’œil, le tapis est une structure particulière d’adaptation à la vision en basse luminance. En effet, les cellules pigmentaires de la rétine, riches en mélanine (pigment sombre), stoppent et capturent les photons (particules de lumière) qui n’ont pas stimulé les photorécepteurs. En cas de forte lumière, cela empêche la pollution du signal lumineux et favorise la production d’un signal clair et interprétable par le cerveau. Mais lorsqu’il y a peu de lumière, les photons sont rares et il est nécessaire de les exploiter au maximum. Au niveau du tapis, qui ne contient pas de mélanine, le photon n’est donc pas absorbé. Il rebondit, au contraire, pour un deuxième passage dans la rétine, doublant les chances de stimuler un photorécepteur. Ce mécanisme améliore la vision nocturne. Le tapis est différent selon les espèces. Chez les carnivores, il est le plus efficace?: les cellules du tapis contiennent des pigments réfléchissants d’excellente qualité, composant un véritable miroir.

Retrouvez l’intégralité de ce dossier en pages 6 à 9 du supplément ASV n°117.

Élodie Goffart
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