Visite sanitaire bovine :

Stéphanie Padiolleau | 10.05.2017 à 18:04:03 |
vétérinaire en élevage bovin
© 123ducu - iStock

Réaction après la modification du rythme des visites sanitaires bovines pour 2017.

Le 3 mai dernier paraissait une instruction technique modifiant le nombre de visites sanitaires bovines devant être effectuées en 2017, et ce trois mois après le début de la campagne 2017 ! La visite sanitaire bovine était annuelle, mais « Pour des raisons de contraintes budgétaires, il est nécessaire de réviser les objectifs chiffrés pour la campagne bovine 2017 en ne ciblant pour le reste de l'année que les élevages à numéro EDE impair. » Le montant des visites ne change pas, mais leur nombre se trouve donc réduit de moitié. Les élevages pairs sont reportés à 2018, sauf ceux dont les visites ont déjà été réalisées, et dans ce cas les vétérinaires disposent de deux semaines pour les enregistrer s’ils veulent être rémunérés. Un moyen pour l’État de diminuer ses dépenses en matière de santé animale (les visites sanitaires bovines annuelles ont un budget de plus de 10 M€) sans préavis, et sans se soucier des conséquences sur le budget des vétérinaires.

Les organisations professionnelles vétérinaires (OPV) ont immédiatement réagi, le syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) ayant même engagé les praticiens à suspendre leur participation à la formation continue des vétérinaires sanitaires, une action essentiellement symbolique, utile dans la réduction des dépenses de l’Etat (le budget de formation des vétérinaires sanitaires s’élève à 0,6 M€). Les OPV indiquent, dans un communiqué commun, avoir interpellé la direction générale de l’alimentation (DGAL) qui en réponse s’est engagée sur «  une reconsolidation budgétaire des visites sanitaires bovines selon un rythme annuel dès la période électorale en cours révolue », mais aussi sur le « maintien de la feuille de route relative aux vétérinaires ruraux et à moderniser les outils de communication entre vétérinaires habilités et l’administration ». Les OPV «  attirent l’attention sur les conséquences qu’aurait une promesse non tenue, en particulier sur l’implication des vétérinaires en productions animales ». Affaire à suivre … 

Stéphanie Padiolleau
4 commentaires
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Valvel de Versay le 11-05-2017 à 17:54:23
Quel recul une fois de plus pour la profession. Formé il y a plus de 40 ans par des Consoeurs et des Confrères qui,pour la plupart, la formation pratique des Etudiant(e)s était la préoccupation majeure et non leur avancement par la valeur de leur recherche, je pense que des mesures simples de stages tutorés avec rédaction d'un véritable rapport de stage illustré et documenté en conditions réelles en laissant une certaine autonomie dans l'apprentissage des gestes de la pratique. En revanche un suivi et une correction du rendu serait indispensable. Je l'ai déjà fait pour pendant 7 ans dans un contexte peu différent. Il conviendrait d'adapter le lourd encadrement législatif et ordinal permettrait de rapprocher les vétérinaires praticiens de toute nature des étudiants. Les textos et autres modes simplifiés de communication ont appauvri le style rédactionnel de la génération à venir. Mon devoir de réserve tant que je suis en activité ne me permet pas d'en dire plus.
Un ancien praticien, puis salarié de l'industrie pharmaceutique et fonctionnaire. En espérant lire d'autres réactions à cet article.
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opposant institutionnel le 11-05-2017 à 18:39:10
@Valvel de Versay
Tout à fait d'accord : le style rédactionnel s'est appauvri ! En effet je viens de te lire !!!!! [;-)
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Valvel de Versay le 12-05-2017 à 19:46:11
Merci de ce soutien. Je suis prêt à en discuter voire rédiger un argumentaire. N'hésitez pas à me contacter.
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FW dubitatif le 14-05-2017 à 07:59:28
Effectivement, la linguistique a un peu évolué : la nouvelle génération met également des verbes dans les propositions subordonnées relatives. Elle privilégie également les phrases courtes...
Sinon, concernant le fond, qu'en est-il de l'incitation à assurer le maillage territorial et à s'installer en zone rurale en activité mixte ?
Enfin, doit-on utiliser ce prétexte pour licencier 1/4 salarié du fait de la baisse d'activité générée ?
Bon WE.
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