Une production de miel en nette baisse en 2016

Tanit Halfon | 23.10.2017 à 13:13:52 |
miel
© nitrub - iStock

La production de miel de 2016 (hors DOM-TOM) a diminué de 33% en volume par rapport à l’année 2015, malgré une hausse des apiculteurs déclarés auprès de la DGAL. Des mauvaises conditions météorologiques, un taux de mortalité élevé et une pression exacerbée du frelon asiatique, notamment en Bretagne, expliquent ces mauvais résultats.

FranceAgrimer a publié le bilan de la production de miel en 2016, hors DOM-TOM. Les données récoltées proviennent d’une enquête réalisée auprès des organisations de producteurs et des apiculteurs.

En 2016, la production s’élève à 16 099 tonnes, soit une diminution de 33% en volume par rapport à 2015. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces mauvais résultats : précipitations marquées au printemps et sécheresse estivale (année 2015 plus clémente), taux de mortalité élevée, hausse de la présence de Vespa velutina, surtout en Bretagne.  

Cette baisse peut sembler en contradiction avec la hausse du nombre d’apiculteurs déclarés auprès de la direction générale de l’alimentation (+22%). Même si le nombre d’apiculteurs augmente réellement, la généralisation de la déclaration, surtout pour les élevages de petite taille (moins de 50 ruches), est aussi à prendre en compte.

La moitié sud du pays assure la majorité de la production de 2016 : 22% pour l’Occitanie, 18% pour la Nouvelle-Aquitaine, 15% pour l’Auvergne-Rhône-Alpes et 10% pour la Provence-Alpes-Côté d’Azur. La Normandie est à la dernière place (< 2%).

Si 92% des déclarants possèdent moins de 50 ruches, ¾ de la production provient d’élevages de plus de 50 ruches, avec 35% assurée par ceux de plus de 400 ruches. Le rendement moyen par ruche est passé de 26,3kg/ruche en 2015 (notamment dans le Nord-Est) à 16,5kg/ruche en 2016 (-60%), la production augmentant avec la taille du rucher.

Comme en 2015, le miel « toutes fleurs » domine, malgré une baisse de 30% de sa production. A noter une chute majeure, à hauteur de 70%, du miel d’acacia.

Jusqu’à présent, la production française de miel ne couvre pas les besoins. En résulte plus d’importation, avec leur hausse d’environ 60% en 10 ans, les pays en tête en 2016 étant l’Espagne (20% du volume), la Chine (14%), l’Ukraine (13%) et l’Argentine (9%). La France exporte aussi ses produits à raison de à raison de 5,1 milliers de tonnes exportés en 2016 (Espagne, Suède, Italie). En comparaison, 35,6 milliers de tonnes de miel ont été importées en 2016.

La pratique bio est en hausse. En 2016, la part du miel bio représente 12,1% de la production totale, contre 11,2% en 2015, avec environ 5,7% d’apiculteurs certifiés bio, contre 5,4% en 2015. Cette filière, touchée par la baisse globale de la production de miel, a connu en 2016 une chute de 58% de rendement et de 30% de production en volume.

Outre la production, le rapport présente aussi les particularités de commercialisation du miel en France.

La vente directe représente le principal circuit de commercialisation pour les apiculteurs (29% des ventes, baisse de 5 points par rapport à 2015). La vente directe et les circuits courts totalisent 75% des volumes de commercialisation en 2016, surtout du fait des élevages entre 50 et 400 ruches. Chez les petits apiculteurs (moins de 50 ruches), près de 2/3 des volumes sont destinés à l’autoconsommation ou pour une vente aux proches. Les plus grands élevages (plus de 400 ruchers) passent, quant à eux, surtout par les conditionneurs et les coopératives d’apport.

En revanche, si les apiculteurs vendent peu à la grande distribution (hypers et supers, 10% des ventes, chiffre stable), ce circuit arrive à la première place pour les ventes au consommateur (55% des ventes de miel en France, miels importés compris), suivi de la vente directe (27%), les magasins spécialisés (14%) puis internet (3%). Depuis 2014, les ventes de miels en hypers et supers augmentent, en volume et en valeur. En 2014, elles s’élevaient à 169 076 milliers d’euros (16 875 tonnes) contre 190 307 milliers d’euros en 2016 (17 266 tonnes).

Dans un communiqué de presse en date du 19 octobre 2017, l’union nationale de l’apiculture française (UNAF) a demandé au ministre de l’Agriculture que « des aides financières exceptionnelles soient débloquées pour permettre aux apiculteurs professionnels et pluriactifs de survivre. »

Tanit Halfon
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